Carl Medjani : « Ma mixité française et algérienne m’a donné une force inouïe pour m’imposer en EN »

 S’il n’est pas le premier joueur issu d’un mariage mixte à porter les couleurs de l’Algérie, Carl Medjani, ex-capitaine de l’Equipe de France Espoir, reste sans doute le premier joueur algérien à porter un prénom occidental. Dans la continuité des déclarations chocs de Sofiane Feghouli, qui expliquait que les bi-nationaux n’étaient pas acceptés par la société française, Carl Medjani nous explique avec fierté qu’il a réussi à se faire accepter par les siens en Algérie, malgré son prénom et ses tatouages. « Se faire accepter en tant qu’homme né d’une mère française et d’un père algérien, c’est ma plus belle victoire ». Un modèle d’intégration réussie à l’algérienne !

Après les déclarations fracassantes de Sofiane Feghouli sur les binationaux, les langues semblent se délier. Cette fois-ci c’est Carl Medjani qui emboîte le pas au joueur de Valence pour pousser les hésitants à choisir l’Algérie : «C’est vrai que c’est une réflexion qui est personnelle j’ai envie de dire. Mais pour comprendre ce qu’est l’Équipe nationale, ce qu’est l’Algérie, ce qu’est un match avec l’Équipe nationale d’Algérie, je pense qu’il faut le vivre», lance-t-il sans ambages invitant les Benzia, Ounas, Machach et tous les récalcitrants à venir découvrir l’ambiance du bled.

Mieux, le joueur de Levante qui sait ce qu’il dit puisqu’il a fait toutes les catégories de l’équipe de France pour finir capitaine des Bleuets parle carrément de reconnaissance unique au monde pour les joueurs qui choisiront l’Algérie : «Je ne suis pas sûr que dans d’autres pays, et sans faire offense à la France, la reconnaissance que peut donner une nation comme l’Algérie sera donnée à ces joueurs en France ou ailleurs», dit-il. Une déclaration qui ne va pas beaucoup plaire aux Français, mais qui a le mérite de la sincérité.

«Grâce à l’EN, je suis patriote, beaucoup plus que je ne l’étais avant… aujourd’hui mon coté algérien prend le dessus sur mon côté français et cette fierté là ne s’explique pas !»

Pourtant, Dieu seul sait que la venue de Carl Medjani en équipe d’Algérie a fait grincer des dents. Pour certains, non seulement il est venu une fois la guerre terminée juste avant le Mondial et pris la place d’un autre joueur qui a été de toutes les batailles, mais il s’appelle Carl et porte des tatouages. Pour les gardiens du temple et ils sont nombreux en Algérie, jouer pour l’Algérie avec un prénom occidental c’était un crime de lèse-majesté et Medjani en a pris pour son grade avec des remarques désobligeantes voire même offensantes comme cet ex-sélectionneur qui lui a promis de lui offrir le Coran comme si Medjani ne connaissait pas sa religion. Ou comme ces gens qui gravitent autour de la sélection qui lui ont demandé s’ils pouvaient lui donner un prénom algérien. Medjani, un amateur de boxe, a encaissé les coups sans broncher et répondait au quotidien aux entraînements et aux matchs en mouillant le maillot à chaque fois. Il découvrait également son pays, sa culture, ses coutumes et ses gens jusqu’à devenir un autre homme. «L’Équipe nationale a changé beaucoup de choses dans ma façon de vivre, dans ma façon d’être parce que j’ai pu découvrir mon pays, j’ai pu découvrir ses coutumes, ses traditions, son éducation, son rapport à la société et au sport. Et ça a complètement changé ma vision des choses au quotidien, nous a-t-il confié avant de lâcher avec détermination : Aujourd’hui, je suis patriote, beaucoup plus que je ne l’étais avant.»

«Oui, je m’appelle Carl, oui ma mère est française, mais je mouille le maillot de l’Algérie sur le terrain»

Medjani a donc encaissé et attendu quatre longues années avant de goûter à la reconnaissance du peuple algérien comme il nous l’a avoué dans l’entretien qu’il nous avait accordé à Valence et qui sera mis en ligne dans les heures à venir : « Le respect du peuple algérien, je l’ai mesuré au retour de la Coupe du monde où mon image personnelle a changé et où j’ai senti cette reconnaissance du public algérien. Ça a été ma plus belle victoire au-delà des matchs qu’on a pu gagner. Ma plus belle victoire a été de se faire accepter en tant que joueur professionnel d’une, mais en tant que garçon, homme issu d’une mixité et d’une mère française et d’un père algérien », a-t-il notamment analysé. Aujourd’hui, il dit haut et fort ce qu’il évoquait avec des pincettes il y a quelques années à son arrivée en Algérie criant sa fierté d’entonner Qassaman et de défendre les couleurs de son pays : «Je m’appelle Carl, Carl Medjani et je suis fier d’être Carl Medjani et je vais vous prouver sur le terrain que le fait d’avoir un prénom pas à consonance arabe ne fera pas que je ne mouillerai pas le maillot sur le terrain», répondait-il à ceux qui lui avaient demandé de changer son prénom par un prénom algérien.

Voici un passage de l’entretien à paraitre prochainement :

Restez donc connectés et ne ratez pas l’interview complète de Carl Medjani ce mercredi…

Making Of de l’Entretien:

Lieu : Valence (Espagne), lundi 1er février

Durée : 40 minutes

Contexte : après la présentation officiel du joueur par son club, Carl Medjani nous a donné rendez vous à l’hôtel pour un entretien au calme.

Disponibilité: 10/10 totalement libre après son 1er entrainement le matin puis sa présentation officiel, le joueur nous a invité à déjeuner avant de passer à l’entretien en toute décontraction.

Mohamed Saâd, La Gazette du Fennec 

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