La défense, « alcazar »* de sable

Lucas Alcaraz a semble-t-il décidé de redistribuer les cartes. Certains atouts dans les différents compartiments de l’EN sont fragiles. À l’instar d’un secteur défensif où les maux sont récurrents depuis trop longtemps. Devant, il y a beaucoup de qualité et de finesse technique. Le coach espagnol pourra-il trouver l’équilibre que ses trois prédécesseurs, Gourcuff, Rajevac et Leekens, ont cherché ? En vain…

L’anagramme ne peut être plus révélatrice. Alcaraz /alcazar : le premier est le nom du patron de la barre technique national. Le second signifie « la forteresse » en espagnol. Un château-fort défensif, c’est que l’Ibérique devra construire pour espérer conquérir.

Pour commencer, son retour était jugé « logique » par Alcaraz. Carl Medjani a longtemps dépanné en défense. Son absence lors de la Coupe d’Afrique des nations 2017, abritée par le Gabon, s’est faite ressentir. La dernière ligne n’a jamais pu trouver ses repères dans un tournoi où elle avait craqué à 6 reprises. Soit une moyenne de 2 buts par match.

Une porosité qui avait porté préjudice aux Fennecs au moment où la ligne offensive avait fait le boulot trouvant le chemin des cages adverses par 5 fois. Soit deux de plus, à l’issue du premier tour, que le Cameroun qui a été couronné. C’était aussi trois réalisations de mieux par rapport à l’Égypte finaliste malheureuse qui n’avait fait trembler les filets qu’en deux occasions lors de la phase de poules.

C’est bien connu, la défense reste la clé de tout exploit. Quelle que soit la qualité des attaquants. Pour gagner, il est important de marquer. En parallèle, il est plus recommandé de ne pas encaisser. Alcaraz essaye d’y remédier en faisant appel à de nouvelles têtes. Il espérerait que la concurrence secouerait les joueurs pour optimiser leur rendement et vigilance derrière.

La meilleure défense c’est l’attaque

Par ailleurs, ce qu’il faudra noter, c’est que défendre reste la tâche de tout le monde. Même les attaquants devront contribuer à cette mission.

Comment ? Les consignes sont simples. D’abord, il ne faudra pas perdre trop vite le ballon. Si l’adversaire n’a pas le cuir, il ne peut rien faire. Ensuite, quand l’équipe n’a pas la possession, le pressing et le repli incombent à tous les éléments se trouvant sur le rectangle vert.

À titre d’exemple, si Riyad Mahrez était d’un grand apport offensif, lors de la CAN écoulée, il n’était pas souvent revenu pour densifier le flanc droit d’ « El-Khadra ». À l’époque, Belkhiter et Meftah s’étaient souvent retrouvés livrés à eux-mêmes. Ce coté avait pris l’eau et c’est tout le bloc qui a été submergé. S’en est suivi le naufrage dans la messe africaine. Les ambitions d’aller loin dans le tournoi avaient coulé comme le Titanic.

Posséder pour faciliter le procédé

On a parlé de la défense et de l’attaque. Mais il y a aussi le cœur du jeu. Dans cette zone là, il y a des éléments aux qualités intrinsèques remarquables. De Taïder à Bentaleb en passant par les Boudebouz et Brahimi ainsi que la révélation Hanni, on peut dire qu’il y a du ballon. Une large palette technique. De la puissance et de la créativité. Tout pour avoir un onze qui fait le jeu au lieu de subir. Lors des dernières apparitions, on a vu un « Club Algérie » (trop) réactif plutôt que d’être actif. Les camarades de Raïs M’Bolhi ont souvent attendu d’être menés ou piqués au vif pour décider de jouer. Or, ils avaient tout pour monopoliser le ballon et l’avoir sous le pied. Cela aurait pu les empêcher de (trop) se découvrir exposant ainsi les lacunes. Surtout que les arrières latéraux avaient tendance à se projeter vers l’avant. Faouzi Ghoulam a un penchant pour l’offensif et monte souvent pour délivrer des centres et proposer des solutions aux porteurs du ballon. On souhaiterait voir cette solidarité avec le processus inversé : les attaquants devront aider les défenseurs. Ainsi, la balance devrait se stabiliser pour permettre d’avoir un onze compact et solide. Après tout, il n’est pas seulement question de noms ou d’individualité. Tout réside dans la solidarité.

Mohamed Touileb, La Gazette du Fennec

* : mot espagnol, de l’arabe al-qasr, qui signifie « la forteresse »

 

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