La défense, clé de voûte du système d’Alcaraz

Si le match contre la Guinée a été brouillon et assez illisible, celui contre le Togo a laissé entrevoir une partie de la tactique que tente de mettre en place Lucas Alcaraz. Un système évolutif avec comme pièce centrale, la défense. Analyse.

Ce n’est une surprise pour aucun lecteur de La Gazette du Fennec, Lucas Alcaraz est un coach défensif. Habitué à jouer le maintien ou la montée dans des clubs modestes, le technicien espagnol a su adapter son système pour mettre en place des équipes solides mais efficaces.

Alors qu’il préfère le 4-4-2 avec beaucoup de verticalité, Alcaraz a opté pour un 4-2-3-1 avec un objectif clair : permettre au trio offensif Brahimi-Hanni-Mahrez de s’exprimer. Problème, en jouant avec un numéro 10 et deux ailiers qui conservent le ballon, la verticalité n’est pas toujours la solution privilégiée comme nous avons pu le constater lors du premier match face à la Guinée. Ainsi contre le Togo, et dans le but d’amener plus de danger devant, on a vu des latéraux beaucoup plus présents sur les phases offensives (surtout Attal), créant des espaces et menant à un jeu plus direct. Le trio Brahimi-Hanni-Mahrez se trouvait bien et Slimani a eu plus d’opportunités que lors de la première sortie. François Miguel, journaliste basé à Valence, nous avait confié qu’Alcaraz « laisse beaucoup de place à la correction individuelle des joueurs et à l’initiative. Il va laisser la possibilité de la créativité à son effectif. » On comprend d’autant plus l’entame du match bien négociée et surtout l’excellent travail de Attal, complètement libéré sur son coté droit.

Bentaleb, la pièce maitresse de l’échiquier défensif

Le point de départ de tout ça reste l’assise défensive de Lucas Alcaraz. Bien que parfois bancale, la charnière Bensebaini – Mandi a fait le boulot, bien aidée par le positionnement très bas de Nabil Bentaleb. Le joueur de Schalke avait une position semblable à celle d’un Thiago Motta au Paris SG, ou un Mario Lemina à l’époque où il évoluait encore sous Bielsa, c’est à dire en sentinelle très proche de sa défense, presque comme un troisième défenseur. Au-delà de la volonté d’Alcaraz de renforcer sa défense, le rôle de Bentaleb était surtout de casser des lignes et permettre une sortie de balle plus propre. Le « sale » boulot, celui de la récupération, a été une nouvelle fois effectué par Guedioura le plus souvent. Preuve que Bentaleb était plus utilisé en « rampe de lancement » même si son apport à la récupération n’était pas négligeable.

Le résultat de cette mécanique bien huilée se traduisait par une domination nette des Verts. La possession était algérienne et les actions dangereuses aussi. Résultat, Hanni ouvrait le score après une déviation de Slimani et permettait à l’Algérie de mener à la mi-temps.

C’est au retour des vestiaires que le système d’Alcaraz prend un coup. Handicapé par la blessure de Attal, alors meilleur algérien sur la pelouse, le technicien espagnol lance Feghouli. Problème, le joueur de West Ham n’étant pas un arrière droit de formation,  il décide de changer également de système. On passe alors dans un 3-5-2 évolutif qui se transforme en 5-4-1 sur les phases défensives. Deux systèmes qu’il avait pour habitude de mettre en place alors qu’il était à la tête de Grenade. Le pari est osé mais surtout très intéressant. Il n’aura fallu à Alcaraz, qu’un match et demi pour que ses joueurs soient réceptifs à son message comme l’a expliqué Raïs M’Bolhi en conférence de presse après la rencontre.

Toutefois, l’alignement reste brouillon malgré la volonté de bien faire. Les joueurs n’ont pas eu le temps d’intégrer tous les automatismes, la défense se fragilise et pour la première fois de la rencontre le Togo se montre dangereux. Côté offensif, le duo Brahimi-Mahrez est parfois trop centré et le jeu perd en verticalité. Pour amener plus de percussion Alcaraz sort le joueur de Porto, déçu de sa prestation, pour faire entrer Soudani, réclamé par la public. L’effet est immédiat, les attaques vont au bout mais sont trop timides pour espérer battre Bassa Djeri le portier togolais, qui a enflammé les réseaux sociaux avec son cure-dent.

Un projet de jeu ambitieux mais un système encore fragile

À ce moment du match, le système montre des failles mais reste solide et intéressant surtout dans la sortie du ballon. C’est au moment où Feghouli se blesse que l’équilibre déjà rompu par la sortie d’Attal, s’effondre complètement. Les organismes usés par le pressing incessant exigé par le système d’Alcaraz et le ramadan, ont du mal à contenir les offensives togolaises. Les Éperviers se sont créés plus d’actions en fin de match mais ont manqué d’efficacité devant le but. Au final l’Algérie s’impose 1-0.

Les Verts n’avaient pas gagner sans prendre de but en match officiel depuis le Lesotho en septembre dernier. Alcaraz a eu le mérite de tenter quelque chose. Si tout n’a pas été réussi d’un point de vue tactique, la volonté de vouloir construire à partir de la défense est louable. Faire du point faible de l’Algérie son point fort, il fallait y penser… la révolution Alcaraz est en marche !

Yahia Saouthi, La Gazette du Fennec

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