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Hafid Derradji : « Je suis pessimiste pour l’avenir du football algérien »

Interrogé par La Gazette du Fennec lors de la dernière émission « C’est vous l’Expert », Hafid Derradji, s’est montré particulièrement pessimiste sur l’avenir du football algérien. Selon le journaliste vedette de BeIn Sport, le problème est profond, nous traversons une crise morale et institutionnelle.

« Je suis pessimiste par rapport à cette tension qui existe aujourd’hui, cette pression. Je suis pessimiste par rapport à ce qui se passe au niveau des médias et de la presse en Algérie. Nous n’avons plus de sages, avec tout le respect que je dois à cette génération de jeunes journalistes. Je suis pessimiste quand je vois l’égoïsme de certains ex-internationaux, anciens joueurs et entraineurs qui veulent se placer ». Voilà en résumé le point de vue de Hafid Derradji qui s’est exprimé pendant plus d’une demi-heure sur l’antenne de « C’est vous l’Expert ». Désireux de mettre les choses au clair et d’exprimer le fond de sa pensée, le célèbre journaliste algérien a délivré une analyse poussée sur la situation du foot algérien ainsi que du sport algérien au sens large. Pour lui la responsabilité est partagée entre les médias, les pouvoirs publics et dans un dernier temps son ami Mohamed Raouraoua.

« La succession de Raouraoua ? Pas si importante que ça. »

Selon Hafid Derradji, la responsabilité du président de la FAF n’est que limitée dans l’échec de la dernière CAN. En effet si la « voix du football algérien » concède que le « Hadj » a failli, Derradji considère également que le problème est bien plus profond et évoque une crise éducationnelle. : « Je ne pense pas que l’homme qui va remplacer Raouraoua ne pourra régler les problèmes du foot national. Tout ce qui ressort ces derniers jours dénote un problème de fond, nous sommes en crise. Une crise pas uniquement technique ou footballistique mais éducationnelle. Parce qu’il faut avoir une culture pour gérer le sport, pour connaître le sport, pour parler du sport ou être sportif. Le sport en Algérie doit réunir et non diviser la population. Nous sommes devant une crise d’éducation avant qu’elle soit footballistique ou technique. »

Derradji Kada Chafi Raouraoua

Cette crise profonde est générale avancée par le journaliste le laisse penser qu’il ne suffira pas de changer la présidence de la FAF pour solutionner le problème : « Je pense que c’est prématuré de parler de la succession de Raouraoua. Ce n’est pas lui le problème et ce n’est pas lui qui pourra résoudre tous les problèmes du football national. C’est un tout, c’est les pouvoirs publics, c’est la fédération, les ligues, les présidents de clubs, entraineurs, la presse, beaucoup plus la presse qui joue un rôle important aujourd’hui. »

« Il n’y a que 2 stades en Algérie qui peuvent être homologués »

Hafid Derradji place les pouvoirs publics en première ligne. Pour lui, ils représentent le fond du problème et cela ne s’arrête pas qu’au football : «Est-ce que vous savez que nous n’avons que 2 stades qui peuvent êtres homologués par la FIFA pour l’organisation des matches internationaux ? Dans le monde entier aujourd’hui il n’y a plus de barreaux alors qu’il y en a dans tous nos stades aujourd’hui. Quand on parle de développement ce n’est pas les fédérations qu’il faut viser. Quand je dis fédérations je parle de celles de volley, d’athlétisme… Est ce que une fédération comme l’athlétisme qui a un budget de 10 milliards de centimes par an peut développer son sport ? Tout ceci se fait avec des moyens, des pistes, des stades , des hôtels, des centres de formation, des centres d’entrainement. Quand vous avez tout ça vous pouvez développer. Aujourd’hui la fédération (au sens large) elle fait avec les moyens du bord. Pensez-vous qu’en France, en Chine ou en Inde on puisse jouer dans un stade comme celui de El Harrach ? »

« Un bon joueur en Algérie n’est pas un bon joueur tant qu’il n’a pas quitté le championnat »

Les pouvoirs publics sont d’autant plus coupable qu’ils ont profité des retombés du football algérien sans le stimuler convenablement. Les investissements qui devaient venir booster le football algérien ont été tardifs voire peu utiles : « Il y a 7 ans Bouteflika décidait d’attribuer aux clubs de football des terrains, il y a deux semaines El harrach a reçu le sien. Un lot de terrain, point barre. Que voulez-vous faire avec un lot de terrain ? Comment je vais construire ? ». Le résultat de cette politique a empêché le développement du football local qui peine à relever son niveau global : « Un bon joueur ne restera pas en Algérie, il ne restera pas pour jouer au 20 août ou au stade d’EL Harrach… Un bon joueur en Algérie n’est pas un bon joueur tant qu’il n’a pas quitté le championnat pour jouer comme professionnel. »

« Après la Coupe du Monde 2014, j’ai conseillé à Raouraoua de partir »

Enfin, Hafid Derradji pointe du doigt une nouvelle fois les pouvoirs publics qui ont, selon ses informations, empêché Raouraoua de céder sa place après la Coupe du Monde 2014, tout en confirmant un départ imminent du président de la FAF : « Après la Coupe du Monde 2014 j’ai conseillé à Raouraoua de partir. Je lui ai dit Président, tu ne pourras jamais refaire ce que tu as fait aujourd’hui. Il faut laisser la place à quelqu’un d’autre et sortir par la grande porte. Ça ne dépendait pas de lui. Il voulait partir on l’a poussé à rester. Avant la CAN 2017 je savais déjà qu’il allait partir, il va partir il a quelques soucis de santé. J’aurais aimé qu’il parte sur une finale ou bien une demi-finale. J’espère qu’il ne continuera pas et qu’on ne va pas lui demander de continuer. »

« Un responsable haut placé m’avait prévenu que la prochaine cible serait Raouraoua »

S’il n’a pas hésité à démonter les pouvoirs publics pour leur manque d’initiative dans la promotion du sport au niveau national, Hafid Derradji a également tenu à dénoncer les médias. Le commentateur va plus loin encore dans ses propos en accusant certains d’entre eux d’avoir orchestrer plusieurs campagnes de pression sur toutes les composantes de l’EN et ceci remonte à plus loin que la dernière CAN : « En regroupant quelques informations aujourd’hui je suis convaincu qu’il y’a eu une campagne orchestrée par quelques uns, ça a commencé avec Gourcuff. Ils ont tout fait pour le faire virer. Ou encore avec certains joueurs de l’équipe d’Algérie, on a commencé à douter de leur sincérité et de leur engagement à l’EN. Tout cela a continué avec Rajevac et ça se termine avec Raouraoua. En décembre dernier, avant la coupe d’Afrique, un responsable haut placé m’avait prévenu que la prochaine cible de tout ça serait Raouraoua et on est là un mois après, il est la cible ».

« L’environnement autour de l’Équipe nationale est gangrené et les joueurs sont affectés »

Une campagne qui aurait affecté au plus haut point certains joueurs qui en plus de la pression populaire se sont retrouvés cibles de propos inacceptables sur certains plateaux de télévision : « L’environnement autour de l’Equipe nationale est gangrené. Les joueurs sont affectés et ils l’étaient avant la CAN quand un journaliste sur un plateau dit « je suis plus nationaliste que M’Bolhi »…. Moi j’ai envie de..(il ne trouve plus ses mots). Un journaliste n’a pas le droit de dire ça ! On ne doit jamais dire ça ! Si j’étais M’bolhi, je ne remettrai plus les pieds dans cette équipe.»

L’ambiance délétère autour de la sélection aurait refroidi certains joueurs qui aimeraient prendre du recul afin de laisser passer l’orage voire même de tirer un trait sur la sélection : « Quelques joueurs et je pèse mes mots, pense à arrêter de jouer pour la sélection algérienne, à raccrocher. Ces joueurs souhaitent que le prochain sélectionneur ne les convoquent pas car ils pensent que l’atmosphère n’est plus ce qu’elle était auparavant. Je ne peux pas vous dire des noms mais il ne s’agit pas de M’Bolhi (cité dans certains médias). »

« Pour le moment l’Algérie est trop grande pour Belmadi » 

Questionné sur le futur du football algérien et la possibilité de voir Zetchi prendre la présidence et Belmadi nommé à tête de l’EN, Hafid Derradji ne semblait guère convaincu. Ainsi, même s’il a avoué peu connaitre Kheireddine Zetchi, il ne le voit pas prendre la succession de Raouraoua : « Pour Zetchi je ne connais pas l’homme personnellement. Je n’ai parlé avec lui qu’une seule fois durant 10 minutes. A travers ce qu’il fait au Paradou on peut dire qu’il a réussi mais la gestion d’une fédération c’est autre chose… Pour moi le futur président se trouve ailleurs. »

Notre invité du soir ne s’est pas montré plus positif concernant la piste menant à Djamel Belmadi. Selon lui l’environnement est trop instable et la marche sans doute trop haute pour permettre à l’ancien international d’exercer cette mission correctement à l’heure actuelle : « Belmadi est un bon ami, il a fait du bon boulot au Qatar mais l’Algérie c’est autre chose, pour le moment c’est trop grand pour lui. Il ne peut pas diriger seul avec tout ce qui se passe aujourd’hui ça va être quelque chose de difficile pour lui. » 

>> Écoutez le passage de Hafid Derradji à partir de la 59ème minute :

Synthèse Yahia Saouthi, La Gazette du Fennec


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