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Idriss Saadi : « On doit assumer notre rôle de grande nation africaine »

Invité lors de la dernière émission de « C’est vous l’Expert », Idriss Saadi s’est exprimé en longueur sur sa saison, son futur mais également son actualité récente avec l’Équipe nationale. L’attaquant a accepté de nous livrer la nature des échanges qu’il a eu avec le nouveau sélectionneur Lucas Alcaraz sans langue de bois. Après une période compliquée marquée par des blessures, « Le Taureau » est revenu à son meilleur niveau. L’élan qu’il a pris à Courtrai cette saison, lui permettra sans doute d’enfoncer les portes d’un nouveau championnat. Ambitieux et déterminé à rejoindre la sélection algérienne, Saadi est prêt à relever tous les défis !

Quel bilan fais-tu de ta saison ?

Il reste un match, j’aime bien faire les bilans quand tout est fini, mais après dans l’ensemble on va dire que c’était une saison, sur le plan collectif, avec des hauts et des bas. Sur le plan personnel je suis assez satisfait de ma saison parce que j’ai réussi à faire ce que je voulais.

Est-ce que sur le plan personnel, tu as atteint les objectifs que tu t’étais fixé en début de saison ?

Pas tout à fait, c’est pour ça que j’ai dis qu’il restait un match. Je n’en suis pas très loin.

C’est un objectif chiffré que tu ne vas pas nous donner pour ne pas te porter la poisse c’est ça ?

(rire) Maintenant qu’il ne reste plus qu’un match je peux le donner. Avant, c’est vrai que j’avais peur d’en parler, parce qu’après chaque match on va me dire « Alors t’y es ? t’y es ? » (Rires). Si on te met la pression à chaque match c’est compliqué. J’avais pour objectif de finir minimum à 17 buts, donc je n’en suis pas si loin. J’ai eu un but refusé qui ne devais pas l’être mercredi (contre Lokeren). Il reste encore un match demain, et qui sait je pourrais très bien mettre un doublé et atteindre mon objectif (NDLR: Il a finalement inscrit 1 dernier but terminant la saison avec 16 unités !).

« J’ai du presque tout réapprendre cette saison. »

Cette saison, tu as pris une autre dimension. Avant tout ça tu avais pas mal galéré à cause des blessures. Penses-tu que ces blessures soient liées à un facteur chance ou à de mauvaises pratiques de ta part lorsque tu étais plus jeune en termes de récupération/préparation ?

Non pas du tout parce que avant ça je n’ai jamais été blessé. Souvent le facteur récupération est lié au facteur musculaire et la seule blessure musculaire que j’ai eu, c’est à Cardiff après les croisés. Je ne pense pas qu’il y ait de lien car les croisés ça ne se contrôle pas. Tu peux être le plus grand athlète du monde, si ça doit arriver, ça arrivera. Après, j’ai voulu revenir tôt parce tout s’était très bien passé après l’opération, le chirurgien était très optimiste. Il m’a dit que si je voulais récupérer du muscle je pouvais, donc j’ai très vite récupéré. J’ai fais une préparation tout seul, ensuite 9 jours de vacances et tout de suite après une autre préparation avec Clermont. En l’espace de cinq mois j’ai fais deux préparations physiques. Deux mois plus tard, je signe à Cardiff et eux me refont une préparation physique de six semaines. Musculairement parlant en tant qu’humain ou sportif, trois préparations physiques c’est dur à digérer. Donc c’est vraiment les circonstances qui ont fait que j’ai eu une blessure musculaire et pour les croisés ça ne se contrôle pas.

Comment te-sens tu physiquement aujourd’hui ?

C’est clair que ça n’a rien à voir. Depuis les croisés mon corps a changé, du fait que je sois passé en Angleterre aussi. Ça fait bizarre quand on ne joue pas pendant 8/9 mois d’affilée, quand on enchaîne les blessures de savoir qu’est ce que notre seuil… J’ai du presque tout réapprendre cette saison. Dans l’ensemble je suis agréablement surpris parce que ça aurait pu très mal se passer et c’est des choses qu’on ne maitrise pas non plus. Au final ça s’est très bien passé et c’est positif. La fin de saison fait que le club doit préparer l’année prochaine, je ne suis que prêté, le club considère que je dois jouer moins mais dans l’ensemble j’ai récupéré tout ce que je voulais récupérer.

« Tout le monde connaît le monde du football, le mercato et toutes ses « belles surprises » que le destin nous réserve »

Le club considère que tu dois moins jouer car tu ne fais pas partie des plans pour la saison prochaine car tu vas quitter le KV Courtrai. Est-ce que tu as une idée du club dans lequel tu vas évoluer la saison prochaine ?

Je pense que le club aurait aimé que je continue mais on n’en a pas encore parlé. Pour le reste je ne sais pas. A l‘heure actuelle je suis encore sous contrat avec Cardiff. Ce qui était prévu, c’était de faire mon prêt et de revenir à Cardiff au bout de un an. Tout le monde connaît le monde du football, le mercato et toutes ses « belles surprises » que le destin nous réserve (Rires).

Soyons honnêtes, tu ne vas pas manquer de prétendants !

Je l’espère en tout cas.

As-tu bien suivi la saison de Cardiff ?

J’ai suivi de loin. J’étais focalisé sur ma saison à moi. Quand ça fait longtemps qu’on ne joue pas on a tout intérêt à se concentrer sur soi-même. J’ai quand même suivi et je sais ce qu’il en est…

As-tu bien regardé étudié l’effectif dans l’optique d’un retour ?

Ce qu’il faut savoir c’est que même si j’ai très peu joué la saison dernière, j’ai aimé le championnat anglais. L’ambiance, l’infrastructure et l’amour du football ne sont pas des mythes là-bas. Je n’exagère rien c’est vraiment incroyable. Ma priorité ça va être le championnat anglais, même si je ne suis pas fermé du tout. J’aimerais voir d’autres championnats mais le championnat anglais m’a vraiment plu.

J’ai suivi Cardiff je sais que niveau offensif, il n’y en a pas beaucoup qui ont fait une grande saison. Il n’y a qu’un joueur qui a fait une très bonne saison. Ca reste un club où je peux prétendre jouer, la concurrence ne me fait pas peur. Si le projet me plait et que le coach me fait confiance, je peux répondre présent.

Il paraît que t’as un amour fou pour le Makrout… (Rires)

(Éclate de rire) C’est venu par hasard parce que moi la cuisine ce n’est pas mon délire mais pas du tout ! Tout ce que je fait ce n’est pas bon ! Bizarrement quand j’essaye la pâtisserie ça passe et c’est même très bon ! Donc oui les Makrouts j’y arrive bien.

T’as déjà une optique de reconversion là !

On va dire ça comme ça (rires).

« Je n’ai pas d’objectif principal, l’Angleterre est un rêve d’enfance mais je suis ouvert à tout. »

Tu as laissé de bons souvenirs en France plus particulièrement à Clermont. Est-ce qu’un retour en Ligue 1 (il y a joué avec l’ASSE), pourrait t’intéresser ?

Bien sûr ! J’ai parlé de l’Angleterre parce que c’est vraiment un rêve et qu’il y a ce petit goût d’inachevé. Je ne suis fermé à aucun championnat. J’ai commencé en Ligue 1 avec Saint-Etienne et là aussi il y a un goût d’inachevé. En fait c’est simple je suis un joueur de foot, j’aime qu’on me fasse confiance qu’on me dise ce qu’on attend de moi. Forcément si le projet du club, le coach et tout ce qu’il y a autour me plait, je suis ouvert.

Maintenant je vais attendre, je vais voir ceux qui vont me parler et plus me plaire dans leur discours. Je n’ai pas d’objectif principal, l’Angleterre est un rêve d’enfance mais je suis ouvert à tout.

On sent que tu marches beaucoup à l’affectif

Oui, c’est logique ! En tant qu’attaquant quand on sent que derrière on a minimum de confiance on se libère devant les cages. Si demain t’as l’arme pointée sur la tête, je ne parle pas des supporters car ça fait partie du jeu et dans le match on ne calcule pas, mais si la personne principale qui décide de l’équipe a le fusil braqué sur toi c’est difficile. Tu as moins de marge de manœuvre. Au contraire, à partir du moment on te fait un minimum confiance, et moi je marche comme ça, je donne tout je peux. Après c’est le mektoub si je n’y arrive pas, mais au départ il y a une intention qui est bonne et en tant qu’attaquant c’est plus facile.

« On ne peut pas dire à un mec : ‘Tu as eu deux fois 10 minutes et t’as rien montré' »

Nous allons revenir à l’époque de l’ASSE. Tu étais alors considéré comme un grand espoir. N’était-ce pas une étiquette trop lourde à porter ?

Pour dire la vérité, pas du tout. Ce qui s’est passé à Saint-Etienne c’est que la personne qui décidait ne comptait pas sur moi tout simplement. A partir du moment où on est au club et que l’entraîneur te dit « Je ne compte pas sur toi ». Qu’est-ce que tu fais ? Moi je me suis posé énormément de questions. J’aime réfléchir sur ce qu’il ne va pas pour l’améliorer parce que sinon on évolue pas. Mais quand on se pose des questions et qu’on se dit « T’as eu quoi comme chance pour te montrer ? Tu as enchainé les 3/4 matchs en titulaire pour prouver ? » …On ne peut pas dire à un mec : « Tu as eu deux fois 10 minutes et t’as rien montré !». J’étais jeune, je faisais peut-être des erreurs que je ne fais plus maintenant mais derrière je ne me sentais pas soutenu.

Ça n’a pas marché à Saint-Etienne car tu estimes ne pas avoir eu la confiance du coach ?

Tout à fait, tout à fait ! (il insiste). Derrière avec ce qui s’est passé en Ligue 2, bon il faut nuancer parce que c’est vrai qu’il y’a un monde d’écart avec la Ligue 1, mais ça sert d’exemple. Quand ça faisait 6 mois que je n’avais pas joué avant d’arriver à Clermont, je crois même que j’ai fais zéro banc, j’arrive à mettre 7 buts. Il n’y a pas de hasard on jouait contre de grosses écuries en L2. La saison d’après j’enchaine encore sur une top saison avant de me faire les croisés. Quand dès le départ le coach qui t’appelle, te fait confiance c’est beaucoup plus simple. Après ça ne veut pas dire que tu vas tout réussir mais ça joue et ça t’oriente vers le bon chemin.

C’est un facteur important la confiance d’un coach ?

Pour moi oui c’est un facteur très important.  Si dès le départ je ne me sens pas voulu ou qu’on me montre qu’on ne compte pas sur moi, qu’est ce tu veux faire ?

L’objectif c’était de dire à chaque joueur, « Soyez concernés, je suis nouveau et mon objectif c’est de prendre les meilleurs… »

Tu as rencontré le sélectionneur Alcaraz. La rencontre s’est-elle bien passée ? Qu’en est-il ressorti ?

Très franchement on ne s’est rien dit d’exceptionnel. Par contre la démarche m’a énormément plu. Tout le monde le sait, tout repart à zéro au niveau de la fédération donc il voulait voir les joueurs qui pouvaient être sélectionnés et leur parler de vive voix. Comme il l’a dit il n’y pas de bannis et il n’y a pas d’intouchables. Même si vu les performances de certains en club c’est normal qu’ils soient titulaires. L’objectif c’était de dire à chaque joueur, « Soyez concernés, je suis nouveau et mon objectif c’est de prendre les meilleurs pour la fédération, l’Équipe nationale et le peuple algérien. » Voilà, la raison de sa visite, il s’est déplacé histoire de dire « c’est pas du baratin, je prends pas mon téléphone pour te jouer de la flûte. »

L’idée c’était de dire qu’on avait peu de temps et qu’on avait des objectifs à atteindre pour tous les Algériens et pour notre fierté personnelle également. On doit assumer notre rôle de grande nation africaine et faire mieux lors des prochaines échéances après la désillusion de la CAN.

Est-ce que les joueurs sont sensibles au fait que l’entraineur se déplace pour s’entretenir directement avec eux ? 

Je parle un peu au nom de tous mais je pense que oui. C’est comme si un patron venait te voir pour te dire qu’il comptait sur toi et un autre t’appelait pour te dire « moi aussi je compte sur toi ». On est tous humain et forcément celui qui se déplace te « boost ». Je n’ai pas vu beaucoup d’entraineurs, même en club, se déplacer pour voir les joueurs alors en sélection je pense que c’est un plus. Il fallait peut-être faire ça.

« Quand c’est pour la sélection il n’y a pas d’états d’âme à avoir. »

Comment as-tu perçu ta non convocation à la CAN 2017 ? 

Franchement j’ai été déçu, parce que j’avais vraiment espoir de faire ma première sélection. C’est le mektoub on ne va pas s’arrêter à ça. Mercredi (17 mai) on a fait notre dernier match à domicile et Leekens était présent. On a discuté il n’y avait aucune rancœur, on a discuté normalement. Quand c’est pour la sélection il n’y a pas d’états d’âme à avoir. Ce n’est pas comme en club où tu joues ta carrière. Pour la sélection que tu sois titulaire, remplaçant ou pas appelé, il n’y a pas d’états d’âme à avoir car c’est pour un pays. Tu ne dois pas réfléchir t’es là pour donner ce que tu dois donner.

Toi qui n’a pas connu la sélection, est-ce que tu es déjà dans cette dynamique de « remontada » ?

Dès le départ j’étais déjà dans cette dynamique. Quand on n’est pas appelé et qu’on regarde le match à la télé on est avec eux et on se sent concerné. Dans ma tête j’étais là-bas, j’étais dégouté quand on ne faisait pas de bons matchs. On doit faire mieux, ces dernière années l’Algérie a une côte énorme comparé à il y a 10 ans, où on a eu une période creuse, aujourd’hui on a une génération qui nous a remonté aux yeux de l’Europe et du monde.

Qu’est ce que tu peux nous dire sur Sofiane Hanni, sacré champion de Belgique ? 

Je ne le connaissais pas, j’ai parlé avec lui quand le nouveau sélectionneur nous a convoqué. C’est quelqu’un de très simple, de très gentil. J’ai bien aimé. Du point de vue footballistique tout le monde sait que c’est un très bon joueur. Je ne peux pas parler de sa saison parce que j’étais concentré sur la mienne. Je trouve ça très bien qu’il gagne le titre avec Anderlecht si je dit pas de bêtise c’est le premier algérien a gagner le titre en Belgique.

Cette année tu as marqué pas mal de beaux buts. Fais nous un top 3 des tes plus beaux buts. 

Dans le désordre :

Mon but au Standard, la reprise du gauche.

Le but contre Lokeren j’ai bien aimé la reprise direct sur la passe de Chevalier.

Ensuite l’extérieur du pied contre Charleroi !

Est-ce que tu as un dernier message pour les Algériens qui te suivent ?

Déjà merci à vous. Merci à tous ceux qui m’ont soutenu. Quand j’étais au fond du trou, je ne sais pas si beaucoup auraient parié sur mon retour. J’aimerais dire à tout le peuple algérien de continuer comme ça et de ne pas lâcher l’équipe, parce que tout est possible dans le football on l’a bien vu avec Barcelone. La Coupe du monde ce n’est pas fini, il faut juste qu’on aille tous dans la même direction et pourra le faire.

Le podcast avec Idriss Saadi :

Entretien réalisé lors de l’émission « C’est vous l’Expert »,

retranscription : Yahia Saouthi, LGDF


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