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Madjer : « Au public algérien, je dis aidez-nous et n’écoutez pas les perturbateurs »

En exclusivité pour Goal, le sélectionneur algérien Rabah Madjer a fait le bilan du dernier rassemblement et réagi aux critiques dont il fait objet. Un entretien « tout va bien » qu’on propose en intégralité à nos lecteurs.

Comme la plupart des autres sélections, l’équipe algérienne était de sortie durant la trêve internationale. Elle a disputé deux matches amicaux. Le premier face à la Tanzanie à domicile, qu’elle a largement remporté (4-1) et le second contre l’Iran qu’elle a perdu sur un score étriqué (1-2). Face à la Team Melli, les Fennecs ont subi leur premier revers sous la houlette du sélectionneur Rabah Madjer. Malgré un bilan positif (3 victoires, dont une sur tapis vert et un revers), il est l’objet de critiques acides dans son pays. Une situation compliquée et à laquelle l’intéressé a bien voulu réagir dans un entretien à Goal. Le patron des Verts s’est ensuite étalé sur d’autres sujets, répondant même aux rumeurs de tensions dans le vestiaire.    

Quel bilan tirez-vous des deux matches amicaux que vous avez disputés durant ce mois de mars (contre l’Iran et la Tanzanie) ? 

D’abord, il faut que tout le monde sache que cela fait 5 mois qu’on est en train de travailler, de se préparer et on a fait deux matches qui nous ont beaucoup servi. Avant l’Iran, on a joué 4 matches et il y a eu 4 victoires. C’est vraiment un très bon départ eu égard au peu de temps dont on disposait. Pour ce qui est du bilan concernant les deux dernières rencontres : il y a déjà celle contre la Tanzanie, on a fait un bon match. 4-1, c’est un très bon résultat. On a vu l’évolution et les progrès de cette équipe nationale. J’ai donné l’opportunité à de nombreux joueurs de montrer de quoi ils sont capables. Les matches amicaux sont faits pour ça. Pour voir exactement quel est le niveau de chaque joueur. Cela va me permettre de décider si je dois leur faire confiance à l’avenir ou en chercher d’autres. J’en ai donc tiré beaucoup d’enseignements. J’ajouterai aussi qu’avec ce score, les joueurs ont pris confiance. Ils ont aussi montré de la personnalité et une volonté de vaincre.


« Les choses évoluent en bien et nous avons gagné en maturité »


Et la rencontre contre l’Iran, quels enseignements en tirez-vous ?

L’Iran, c’est une grande équipe et pour laquelle j’ai beaucoup de respect. Mais je préciserai qu’elle ne rentre pas totalement dans notre projet, ni dans l’objectif de notre sélection. Notre objectif est la qualification pour la CAN 2019. Mais jouer contre un mondialiste cela reste un très bon test pour notre sélection. On a fourni beaucoup d’efforts face à une équipe qui a beaucoup d’automatismes et dont les joueurs évoluent ensemble depuis sept ans. Ils sont dirigés par mon ami Carlos Queiroz, qui a su former un très bon groupe. Ils sont donc ensemble depuis sept ans, et moi je ne suis à la tête de la mienne que depuis cinq mois. Personnellement, je suis très content du comportement de mon équipe nationale. Nos joueurs ont fait preuve de détermination et aussi d’un grand cœur. On voit que les choses évoluent bien. Nous avons gagné en maturité. Les consignes ont été respectées. On a posé beaucoup de problèmes aux Iraniens. C’est vrai qu’il y a eu des erreurs monumentales sur les deux buts qu’ils nous ont mis en début de match. Mais j’ai tout de suite changé de système. On a ensuite marqué un but, créé beaucoup d’occasions et posé énormément de problèmes à l’adversaire. Un nul aurait été plus logique à la fin, mais on a malheureusement payé cash nos erreurs.

Globalement, vous êtes satisfait de ce que vous avez vu ?

Oui, je suis très content par rapport au rendement affiché par mes joueurs et fier de mon équipe. Nous continuerons à travailler jusqu’à ce que cette équipe retrouve un bon niveau. Le premier match officiel sera au mois de septembre contre la Gambie. Avant cela, on aura d’autres amicaux, dont celui très intéressant contre le Portugal. D’ici là, j’espère que l’équipe sera prête à 100%. Je précise aussi que contre l’Iran, il y a deux joueurs clés qui étaient absents : Yacine Brahimi et Nabil Bentaleb. Ça nous a laissé un petit vide. Mais je répète que je suis fier de mes protégés, qui se sont battus à fond et on a vu le bon football que pratique notre équipe nationale.

Comment évaluez-vous les prestations des petits nouveaux et ceux qui n’ont plus joué en sélection depuis longtemps comme Benmoussa, Mellali et Abid ?

Elles ont été très bonnes. Les joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes. J’ai donné l’opportunité aux joueurs « locaux ». Ils étaient remplaçants, mais ils ont fait leur entrée. Comme Mellali, Benmoussa ou Abid. Je suis très content de leur comportement. Il ne faut pas oublier qu’il y a quelque temps, il n’y avait aucun joueur local dans cette sélection. Je leur ai donné l’envie de travailler et de revenir. Ces joueurs-là et aussi ceux qui se sont de l’autre côté, nous formons une famille. Et il y a une très belle ambiance. C’est pour ça que notre équipe gagne. Nous sommes sur la bonne route. Et nous continuerons à travailler jusqu’à ce qu’on arrive à nos objectifs.


« Il y a une très belle ambiance dans le vestiaire contrairement à ce qui a été dit »


Vous parlez de l’ambiance… on parle notamment de tensions dans le vestiaire…

C’est tout le contraire de ce qui a été dit à droite ou à gauche. Vraiment, c’est incroyable (ce qui se dit, ndlr) ! Il y a une très bonne ambiance dans le vestiaire et entre les joueurs. Je vous le confirme. C’est ça la force de notre sélection et c’est pour ça qu’on a gagné des matches. On est sur le bon chemin et j’espère que cela continuera comme ça.

Vous êtes donc confiant pour la suite ? Tout va pour le mieux ?

Oui, je ne peux pas ne pas être optimiste. Sinon, il vaut mieux partir. La preuve, j’ai joué 4 matches et il y a eu 4 victoires (NDLR, 3 victoires face à la Centrafrique et Tanzanie, et tapis vert face au Nigeria). Je perds contre l’Iran à l’issue d’un match que normalement je ne perds pas. Mais vous pouvez voir que l’Argentine en a pris six contre l’Espagne. Le Portugal en a pris trois contre les Pays-Bas. Là, je ne perds que 1-2 et alors que j’aurais mérité au moins un nul. Mais je suis fier de ces joueurs et de cette sélection. Et, je le répète, nous continuerons à travailler. Nous le faisons d’ailleurs en ce moment et alors que les conditions sont difficiles. Vous avez certainement dû voir la campagne médiatique qui est menée contre les joueurs et moi-même. Mais, on ne prête pas attention à ça. L’essentiel, c’est l’équipe nationale. Nous travaillons la main dans la main pour rebâtir cette sélection sur des bases solides.

Vous parliez d’une atmosphère qui n’est pas bonne, cela nous amène à vous parler du match contre la Tanzanie. Malgré la victoire, il y a eu les sifflets du public à la fin…

Quand vous jouez, que vous gagnez et qu’à la fin on vous siffle, on ne comprend rien du tout. Pourquoi nous siffle-t-on ? Il y a quelque temps, des sélections venaient ici, nous battaient et repartaient avec la victoire. Je pense notamment à la Zambie. Nous, on a gagné ce match, et on a aussi battu la Centrafrique à Alger. Tout est redevenu positif. Nous gagnons et je ne comprends pas pourquoi on nous siffle. Peut-être parce qu’on n’est pas en Coupe du monde. Mais, cette équipe-là, avec ses dirigeants, c’est du passé. Maintenant, il y a un nouveau staff, une nouvelle fédération et on a commencé par des victoires. On ne mérite pas ça ! Laissez-nous faire notre travail et faites-nous confiance. Et on verra par la suite.

Vous avez toujours le soutien de la fédération ?

Il n’y a aucun problème. La sélection et la fédération sont liées. La fédération a ses propres problèmes aussi. Moi, en tant que sélectionneur, c’est la même chose. Mais il y a une très bonne entente entre ces deux entités. On sait très bien ce que le président de la fédération attend de nous. Nous avons des objectifs à atteindre ensemble. Et on fera tout pour réussir cette mission, à savoir se qualifier pour la phase finale de la CAN.

Lors des deux matches que vous avez joués durant cette trêve internationale, vous n’avez pas animé de conférences de presse. Ni avant, ni après les matches. Peut-on savoir pourquoi ?

On doit avoir une petite tranquillité. J’ai également essayé de me concentrer seulement sur la sélection. J’ai des assistants, qui peuvent aller en conférence de presse. Et vous savez très bien que rien ne m’oblige d’aller en conférence de presse quand il y a un match amical. Je laisse donc mes adjoints le faire. Lors des matches de compétition, oui, peut-être. Il y a le règlement de la FIFA. Je n’ai jamais refusé de rendez-vous avec la presse avant, mais je veux rester tranquille dans ma tête. Pour mieux réfléchir à ce que je dois faire. Certains médias ont dit que Rabah Madjer est en train de snober, que le sélectionneur est arrogant et qu’il ne veut pas parler à la presse. Cette presse-là, il faut qu’elle sache une chose : à chaque fois qu’il y a une zone mixte avec les joueurs, c’est moi qui autorise la venue de la presse. Et personne d’autre ! Dernièrement, elle est venue à Sidi-Moussa (le centre technique national), et c’est moi qui ai autorisé les journalistes à rentrer. J’ai donné mon accord pour que la presse soit présente et rencontre les joueurs. Et lors du match contre la Tanzanie, c’est aussi moi qui ai autorisé mon assistant et certains joueurs à venir s’exprimer. Il faut que les gens sachent aussi qu’avant et après le match contre l’Iran, c’est moi qui ai autorisé la zone mixte pour les joueurs et alors que certains d’entre eux n’étaient pas d’accord. Vous voyez ce que je fais pour aider la presse. Mais, malheureusement, on veut me mettre l’étiquette que je refuse la presse algérienne. Vraiment, c’est incroyable ce qui se passe actuellement.


« Je n’ai aucun problème avec les journalistes. Je les respecte et le journalisme est un métier noble »


Donc, il n’existe aucune animosité de votre part envers la presse ?

Ne viens-je pas de vous parler à l’instant ? Et avant vous, d’autres journalistes m’ont appelé de l’étranger. J’ai parlé avec eux et je n’ai jamais refusé une interview avec des journalistes étrangers. Je suis là pour donner des informations. Et je suis fier de le faire. Il y a des personnes avec qui je peux parler, mais il y en a d’autres avec qui je ne peux pas parler. Ce sont des personnes mal-intentionnées. D’ailleurs, si vous vous rappelez bien, à ma première conférence de presse, quand j’ai été nommé, j’y suis allé avec le sourire. Je leur ai dit que je suis venu avec un message de paix. Je vous tends ma main pour qu’on travaille dans un intérêt commun. Celui de la sélection. Ça prouve que je n’ai aucun problème avec la presse ou avec les journalistes. Je respecte même les journalistes car le journalisme c’est un métier noble. Le journaliste il est là pour informer et donner des vérités au public, pas pour désinformer. Et c’est à nous aussi, et à mon staff, quand on voit que les choses marchent bien, de donner des informations pour faciliter leur travail. Mais, là, ce n’est tout simplement pas possible. On ne comprend rien du tout. Je ne comprends pas ce qui se passe avec certains journalistes.

Avez-vous un message à faire passer aux supporters algériens ? À ceux qui continuent de vous soutenir et soutenir la sélection ?

Moi, j’ai un passé avec le public algérien. Je ne veux pas trop parler de moi, mais les gens ont la mémoire courte. Il ne faut pas oublier que nous sommes là pour le bien de notre pays. Pour le bien de notre équipe nationale. Nous avons les moyens de sauver cette sélection et la mettre sur orbite. On est en train de travailler et le passé est là pour en témoigner. Nous avons gagné quatre matches d’affilée. Chose qui n’a pas été faite par le passé. On perdait contre des petites équipes, même chez nous. Que le public algérien et ceux qui nous aiment, qu’ils nous fassent confiance. Et qu’ils n’écoutent pas les perturbateurs qui essayent de nous déstabiliser. Ce n’est pas la presse algérienne qui est en train de nous déstabiliser. Ce n’est qu’un groupe qui essaye de mentir et insulte l’intelligence des Algériens alors que les résultats sont là. Nous, on fait confiance à notre public, et bientôt il connaitra la vérité. Nous sommes sur la bonne voie et nous avons besoin de ce public qui aime sa sélection. Aidez-nous à travailler dans la sérénité et nous, de notre côté, on fera tout pour vous redonner la joie. Comme on l’a fait par le passé. Moi, je vous l’ai donnée par le passé en tant que joueur, et je peux, en compagnie de mon staff, vous la donner comme sélectionneur. On fera tout notre possible pour atteindre la CAN et y aller le plus loin possible. Et nous en avons les moyens. Les joueurs veulent réussir.

Avant de conclure, dans la presse algérienne, il y a une rumeur expliquant qu’un lotissement vous a été octroyé par l’État via votre entreprise personnelle et dans des circonstances qui ne sont pas claires. Un immense lot de terrain de 3400 mètres carré à Alger…

Je vais vous répondre, par souci de transparence et parce que je n’ai rien à cacher. C’est une concession de terrain que j’ai obtenue dans les règles afin de bâtir une école de football. Et je suis très fier de cet immense projet qui va profiter à toute l’Algérie et aux jeunes algériens. Et je le loue pour une durée de 99 ans, comme les lois me le permettent et en y mettant le prix nécessaire. L’information selon laquelle le wali (préfet, ndlr) de la capitale me l’a donné gratuitement ou dans des conditions illicites sont totalement fausses.

Propos recueillis par Naïm Beneddra

pour Goal.com


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