Messieurs de la FAF, le limogeage d’Alcaraz a coûté combien ?

C’est un secret honteusement gardé par la FAF qui n’a toujours pas communiqué sur le sujet, elle qui s’était empressée d’annoncer fièrement le salaire officiel de 60 000 euros du technicien espagnol. Une transparence du président Zetchi qui avait séduit les observateurs et qui contrastait avec les méthodes opaques du passé. Aujourd’hui, pour annoncer le chiffre officiel du limogeage de Lucas Alcaraz il n’y a finalement plus personne. Un scandale financier qui est passé sous silence sans que cela n’offusque absolument personne. Dans l’Algérie de l’ère Bouteflika où les scandales sont monnaies courantes dans tous les secteurs d’activités le football n’est donc logiquement pas épargné. Tristesse et désolation !

C’est sans doute l’entraîneur qui a coûté le plus à la FAF depuis l’indépendance ! Lucas Alcaraz, qui n’a récolté que 3 points en 4 matches officiels avec l’Algérie en 6 mois de présence sur le sol algérien, est reparti avec une très grosse compensation financière. Sans passer par le stade des négociations, la FAF lui devait la bagatelle de 1 400 000 euros, selon nos simples calculs, représentant 20 mois de salaires pour lui et son staff technique.

Selon une source proche de l’instance de Dely Ibrahim, Lucas Alcaraz a sèchement refusé de négocier avec la FAF la résiliation de son contrat, brandissant même la menace de la FIFA. Il avait averti la presse avant son dernier déplacement au Cameroun qu’il comptait aller au bout de son contrat qui court jusqu’en 2019, mais comme Kheireddine Zetchi avait rassuré qu’il y avait possibilité d’une séparation à l’amiable, on pensait naïvement que la FAF allait s’en débarrasser sans que cela ne lui coûte les yeux de la tête. “Nada !” nous assure notre source avec certitude.

“Aucune négociation, Alcaraz a pris tout son argent !”

Lucas Alcaraz a bel et bien refusé de résilier son contrat à l’amiable et l’a bien fait savoir à ses interlocuteurs. Les propositions de Zetchi de lui payer une partie seulement de ses salaires (5 mois au total) ont été rejetées. Du coup, dans la précipitation pour nommer le nouveau staff, la FAF a été contrainte de résilier le contrat de l’Espagnol et mettre ainsi fin à sa mission à la tête des Verts d’une manière unilatérale. Un limogeage qui a donc logiquement coûter une fortune à la Fédération puisqu’en période d’austérité, elle va devoir verser à l’ancien entraineur de Grenade un sacré pactole.

D’ailleurs le communiqué laconique et ahurissant de la FAF, illustre bien qu’il n’y a eu aucune entente entre les deux parties. “M. Lucas Alcaraz n’est plus l’entraîneur de la sélection nationale algérienne de football. En ce jour, 18 octobre 2017, la Fédération algérienne de football a mis fin à ses fonctions.” Deux lignes. Ni merci, ni au revoir.

ould ali locaux a' alcaraz

Lucas Alcaraz aurait expliqué qu’il ne souhaitait pas négocier une séparation à l’amiable parce qu’il s’est dit froissé par la manière avec laquelle il a été éjecté de son poste sans aucune reconnaissance de son travail. Autrement dit, la nomination de tout un staff technique, à sa tête Rabah Madjer, avant même qu’on ait négocié avec lui son départ, n’a pas été du goût du technicien espagnol qui s’est finalement retrouvé en position de force pour négocier son départ à ses propres conditions. Fort d’un contrat (étrangement et nettement) rédigé en sa faveur lors de sa nomination et l’arrivée imminente d’un nouveau staff le poussant illégalement vers la sortie aux yeux de la FIFA, l’Espagnol n’avait aucune raison de faire une fleur à ses interlocuteurs d’une incompétence extrême et d’un amateurisme inégalable.

Au bilan comptable, en six mois à la tête de la sélection nationale, le technicien andalou et son staff ont coûté à la trésorerie de la FAF près de 420 000 euros sans parler des avantages. Si on ajoute le pactole supposé pour son départ, l’épisode Lucas Alcaraz, et le beau jeu à l’espagnol, aura coûté en tout et pour tout près de 1 820 000 euros à l’Algérie. Un chiffre hallucinant et hors du commun qu’il convient honteusement de cacher. Entre l’erreur de départ avec un contrat mal rédigé et l’incongruité d’un départ même pas négocié, la FAF se trouve désormais dans l’embarras avec une obligation de résultat après la nomination d’un nouveau staff technique par ailleurs décrié. Les temps sont durs. Les critiques inévitables. Le silence complice de tout un chacun inacceptable.

Nabil Boughanem, La Gazette du Fennec

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