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Conseil de la FIFA : Zetchi trahi par… lui-même

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Chaque problème a un fond. Et l’invalidation de la candidature de Kheireddine Zetchi par la Commission d’enquête de la FIFA pour les élections du ComEx de cette dernière, ne doit pas être traitée de manière superficielle. Surtout pas avec le légendaire complotisme qui vient à la rescousse de l’incompétence et le manque de visée politique véritable pour chaque projet. La question qu’il faut se poser c’est : la postulation de Zetchi a-t-elle des chances d’aboutir ? Interrogation à laquelle on tentera de répondre dans cette analyse.

Les motifs du rejet sont là. Il s’agit du fait de « ne pas avoir mentionné sur le questionnaire deux sanctions. À savoir, une sanction interne qui m’a été prononcée en 2016 alors que j’étais officiel dans mon club (Paradou AC NDLR) pour une déclaration à la presse. La seconde, c’est une sanction au niveau de la CAF pour avoir quitté le Comité d’organisation du CHAN en 2018 », comme l’a précisé Zetchi dans une vidéo publiée sur le site officiel de la FAF.

La sanction « interne » prescrite au 01 février 2021

Cette sanction interne concerne la suspension de 6 mois exécutive à compter du 01 février 2016 que la Ligue de football professionnel (LFP) avait décidé à son encontre. Le motif a été avancé par le concerné qui a omis de le mentionner dans la fiche de candidature. Pourtant, il ne devait, sur le plan éthique, pas le priver de candidater. Et ce, pour la simple raison, qu’il aurait été blanchi au 01e février 2021 puisque le Code d’éthique de la CAF prévoit, dans son alinéa 110, que « la prescription de sanction est de 5 ans » et qu’ « il commence à courir à partir du jour où la décision devient exécutoire.»

Les choses sont simples. Étant donné que l’élection du ComEx se tiendra en mars, cette peine aura été purgé sur tous les plans et ne pourra, en aucun cas, empêcher qu’il se présente au poste. Par ailleurs, dans l’enregistrement vidéo, Zetchi a notamment assuré avoir « rempli le formulaire en bonne foi.» Cela veut dire que, à ses yeux, il n’a pas menti. Cependant, la FIFA lui reproche d’avoir fait une fausse déclaration. Ce qui a porté préjudice à son éligibilité. Plus grave, selon nos informations, le candidat algérien pourrait être sanctionné de 2 ans inéligibilité, comme prévu dans l’alinéa 17 du code éthique de la FIFA, pour une telle bévue !

Bonne intention et mauvaise stratégie

Tout cela nous amène à une conclusion : l’intention ne peut pas suffire dans certains cas. Le successeur de Mohamed Raouraoua a ambitionné d’intégrer le Conseil de la FIFA. Qu’a-t-il fait concrètement pour ? Pas grand-chose. D’ailleurs, il n’a même pas pu passer l’étape administrative. Comment se fait-il que, dans son entourage, personne n’a pu lui rappeler que ses antécédents disciplinaires doivent être stipulés sur la fiche ?

En soi, c’est un « oubli », qu’il soit prémédité ou involontaire, très grave. Tout cela aurait été évitable si le premier responsable de la balle ronde Dz avait pris le temps d’élaborer un véritable et infaillible projet électoral nécessaire pour mener ce genre de bataille à la lutte sans merci. De plus, cela engage le nom de l’Algérie au sein de la plus haute instance du sport roi. Ce qui n’est pas rien.

Était-ce perdu d’avance ?

Ce bâclage est aussi incarné dans son opération séduction (très tardive et improvisée) qu’il a voulu mener à Yaoundé (Cameroun) en début du mois en marge du CHAN-2021. A deux mois seulement des élections du ComEx qu’abritera Rabat (Maroc) en mars prochain. Parmi les prétendants, il y a Fouzi Lekjaâ qui brigue un des deux strapontins de l’exécutif réservés à la CAF. En outre, on notera, la présence de Hany Abo Rida, qui vient de consommer un quadriennat dans ce comité, se représentera lui aussi. Et enfin l’Equato-Guinéen Gustavo Ndong est le troisième candidat qui se positionne davantage comme un outsider.

Le premier a de fortes chances d’être élu chez lui alors que le second connaît bien le lieu et a, fort logiquement, la bénédiction de ceux qui lui ont donné leur voix la première fois. Somme toute, les chances de voir Zetchi se frayer un chemin et sortir vainqueur de ce rendez-vous étaient vraiment minimes. Il faut savoir aussi, et c’est également une énorme bévue commise par le clan Zetchi, que ce dernier a reçu des « assurances bétons » de la part de ses « conseillers » que le candidat égyptien (Abo Rida) et le candidat marocain (Lekjaa) allaient être rattrapés par la FIFA pour des affaires de corruption. Une lecture du jeu politique hasardeuse digne d’un vrai débutant qui engage hélas l’image de notre pays.

Même au sein de l’Union nord-africaine de football (UNAF), le candidat algérien s’est mis à dos Wadie Jary, son homologue de la Fédération tunisienne de football (FTF), qui aurait pu lui être d’un précieux apport. Au delà des conditions d’entrainement insuffisantes offertes à la sélection tunisienne U17 lors du récent tournoi de l’UNAF à Alger, c’est l’accueil glacial et le manque de considération à son égard qui auraient provoqué le courroux du boss tunisien. En définitif, beaucoup peuvent penser que Zetchi a été poignardé dans le dos par X ou Y. Mais le fait est là, politiquement et stratégiquement, il s’est fait hara-kiri.

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