C’est un aveu qui pèse lourd. Patrice Motsepe a reconnu publiquement une irrégularité majeure dans le traitement de l’appel lié à la finale de la CAN 2025. Une sortie qui fragilise toute la procédure et remet d’ores et déjà en cause le verdict du jury d’appel en faveur du Maroc.
Le président de la Confédération africaine de football ne tourne pas autour du pot : Moez Nasri, président de la Fédération tunisienne de football et membre du jury d’appel, comme par enchantement, « n’aurait pas dû être là », a-t-il reconnu, et d’ajouter : « Quand on m’a informé que l’une des personnes (parmi les juges d’appel) était président d’une de nos associations de football, j’ai répondu : Mais enfin, qu’est-ce que c’est que ça ? Comment est-il arrivé à être là ? Bien sûr, nous devons tirer des leçons de ce genre de choses, vous savez… et une partie de cet apprentissage repose sur un sens fondamental de l’humilité. Il n’aurait pas dû être là ! Il faut plus de rigueur. »
La présence de Moez Nasri au sein du jury d’appel pose ainsi un problème de légalité évident. Un conflit d’intérêts manifeste, en raison de sa qualité de président d’une association membre de l’Union nord-africaine de football, zone géographique à laquelle est affilié le Maroc, mettant ainsi en évidence une partialité manifeste qui remet complètement en cause la légalité du verdict rendu par le jury d’appel de la CAF en faveur d’une victoire du Maroc sur tapis vert, deux mois et demi après la finale controversée de la CAN 2025.
Car oui, le patron de la Confédération africaine de football a reconnu sans ambiguïté que le processus d’examen de l’appel introduit par la Fédération royale marocaine de football était vicié à la base. Une déclaration lourde de sens, qui fragilise un édifice déjà fissuré par une accumulation d’irrégularités.
Le cœur du problème ? La composition même du jury d’appel. En admettant publiquement que Moez Nasri « n’aurait pas dû être là », Motsepe ne s’est pas contenté d’un simple mea culpa. Il a, de facto, mis en cause la légalité de l’organe ayant statué sur l’une des affaires les plus sensibles du football continental récent. Un aveu d’autant plus retentissant qu’il touche au principe fondamental d’impartialité, socle de toute juridiction sportive. Ce n’est pas un détail. Le jury est au cœur de la décision contestée et qui fait l’objet aujourd’hui d’une plainte auprès du TAS. Si sa composition est irrégulière, toute la procédure l’est de facto.
À cela s’ajoute toute une ribambelle de procédures et de décisions aussi louches les unes que les autres. Quorum non atteint, conditions de réunion discutables : le jury s’est réuni à 7h du matin au Caire. Mais l’essentiel est ailleurs. Le patron de la CAF admet lui-même une faute dans le processus.
Pour la Fédération sénégalaise de football, c’est un argument fort. Sans le savoir, il vient de rendre le bâton au Sénégal et le retour risque d’être cinglant.
Le fond du dossier reste débattu. Mais sur la forme, le doute n’existe plus.
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