On ne peut pas dire qu’il n’a pas été patient. Pendant longtemps, Oussama Benbot (31 ans) a été cantonné au banc avec la sélection. Pour autant, il ne s’en est jamais plaint publiquement. Venait alors cette CAN 2025 dans laquelle il espérait avoir un rôle à jouer, légitimement. Mais ce qu’il a vécu l’a poussé à jeter ses gants. Un acte qui laisse croire qu’en sélection, il y a un mal persistant.
On dit qu’“agir dans la colère, c’est s’embarquer dans la tempête”. Sur le coup, Benbot a pris sur lui et laissé passer l’orage. Même si – dans un premier temps – il voulait quitter l’aventure sur le champ. Finalement, il a attendu la fin de l’aventure et le retour à la maison pour régler ses comptes sans trop conter ce qui s’est passé réellement.
Evidemment, il y a des non-dits dans sa lettre de retraite qu’il a écrite à Walid Sadi, président de la Fédération. En agissant ainsi, Benbot a pris du recul. Il prend aussi les devants pour que son absence lors des prochains rendez-vous ne soit pas assimilée à un choix technique. Le keeper sait certainement comment les choses se trament en interne. La balance binationaux/locaux connaîtrait – à nouveau – dérèglement.
Il a su patienter et prendre sur lui
Le pensionnaire de l’USM Alger a toujours pris son mal en patience et a respecté la hiérarchisation qui le mettait souvent en troisième recours. Mais delà à se retrouver obligé de passer son tour et subir un déclassement sur “intervention”, le natif d’Aïn M’lila avait même de quoi faire une sortie avec les poings. Au moment où n’importe qui serait sorti de ses gonds, Benbot n’a pas voulu en faire un incident en pleine compétition.
Certes, il était question qu’il quitte la sélection après qu’on l’ait relégué brutalement sur le banc pour le match de l’Algérie face à la Guinée équatoriale mais il a fini par revenir à de meilleurs sentiments. C’était pour l’intérêt général car, sur le plan personnel, le traitement qu’il a subi lui a fait mal. C’était l’égo de certains face à sa dignité. L’amour de la sélection, c’est sacré mais l’amour-propre est tout ce qu’on a de plus précieux. Le dernier rempart a fait son choix. Et c’était un “je pars”. On peut penser que le timing soit mal-choisi mais la vérité n’a pas de temps pour être dite.



