La victoire (7-0) sans appel de l’Algérie vendredi au stade Luigi Ferraris de Gênes (Italie) contre le Guatemala a laissé une impression mitigée. La physionomie de la partie et la facilité avec laquelle l’EN s’est imposée a suscité des questions sur l’intérêt de jouer un adversaire aussi “faible” chez certains. La démonstration de l’Algérie au tableau d’affichage est-elle pour autant une victoire en carton. Décryptage.
Oui l’adversité était faible. D’accord, la défense algérienne et le gardien Melvin Mastil n’ont pas été sérieusement testés. Il est vrai que le rendement et le résultat du duel ne sont pas référentiels. Toutefois, la maîtrise des Verts était nette lors de cette victoire éclatante qui ne peut que faire du bien.
Certes, le prestige n’y est pas avec un jeu adverse qui avait un goût insipide. Cependant, ce manque de consistance du Guatemala était aussi dû au sérieux des Verts qui ne sont pas allés avec le dos de la cuillère. Les camarades d’Amine Gouiri, auteur d’un doublé en plus d’un penalty provoqué, ont tapé dans la gamelle sans trop se soucier de l’addition.
Le Fennecs ont aussi joué face à leur instinct et la facilité
Au coup de sifflet final, ils ont passé une valise aux Guatémaltèques qui venaient d’essuyer la deuxième plus grande défaite de leur histoire après celle 9 buts à 1 contre le Costa Rica qui remonte à plus de 70 ans. Le fait est que Los Chapines n’ont pas pris 7 buts dans un match depuis novembre 2018. C’est pour dire que ce n’est pas chose courante pour eux de se faire surclasser de la sorte.
D’ailleurs, en conférence de presse d’après-match, Vladimir Petkovic, a évoqué ce point. « Le Guatemala n’est pas une équipe qui perd souvent avec un résultat comme celui de ce soir. On a mérité ce résultat, pas seulement avec le jeu, mais aussi avec l’attitude et l’envie de faire », notait-il.
Aussi, le coach de l’EN a mis l’accent sur un point important. Il s’agit de la rigueur mise par ses protégés tout au long de la partie. Ainsi, Petkovic a rappelé que « face à des équipes qui sont plus faibles, il faut garder à tout prix cette discipline. L’instinct t’amène à vouloir chercher quelque chose de plus vers l’avant. Mais tactiquement, même dans des matchs comme celui-ci, la défense préventive doit être bien organisée. L’organisation doit être là, et c’est ainsi que tu peux toujours te développer et t’améliorer. »
L’exemple de l’Argentin de Messi face à la Mauritanie
En effet, à aucun moment, on n’avait l’impression que les Fennecs tombaient dans la facilité. Cela veut dire qu’ils ont tâché d’appliquer les consignes de l’entraîneur à la lettre et dans les différents intervalles de cette opposition. Sur l’aspect mental, cela reste un acquis important au-delà du score final. En vrai, il n’y a plus de formalité dans le football. La concentration reste un paramètre déterminant dans ce genre de rencontres généralement gagnées d’avance.
L’esprit joue parfois des tours. Et puis, si tout sonnait logiquement, l’Argentine, futur adversaire d’El-Khadra en Coupe du Monde 2026, aurait dû dérouler sans souci face à la Mauritanie (115e au classement FIFA) à Buenos Aires. Sauf que les Champions du Monde en titre n’ont gagné que petitement (2-1) avec Messi qui a joué toute la seconde période. Comme quoi, ce carton génois doit être savouré sans-gêne. Même s’il reste à relativiser.


