Un mois après l’élimination de l’Algérie face au Nigéria (2-0) en quart de finale de la CAN 2025 au Maroc, Éric Chelle est revenu en détail sur cette rencontre décisive. Le sélectionneur des Super Eagles n’a pas caché sa satisfaction en découvrant le onze aligné par Vladimir Petkovic ce soir-là.
Invité du podcast L’After Afrique, au micro de Nicolas Jamain et Walid Acherchour, Chelle est longuement revenu sur la victoire nigériane. Il a expliqué avoir volontairement cherché à priver les Fennecs du ballon, conscient de leur supériorité technique, estimant que la composition choisie par Petkovic avait renforcé son plan de jeu initial.
Une action qui aurait pu tout changer
Le technicien nigérian est d’abord revenu sur la main non sifflée à la suite d’un centre de Farès Chaïbi, une action qui aurait pu offrir un penalty à l’Algérie et changer le cours du match : « Ils auraient pu siffler la main. Donc, moi, j’ai de la chance. Mon équipe a de la chance sur ça. Maintenant, bien sûr qu’on a mis les ingrédients. À ce niveau, tu mènes 1-0 en quart de finale. Peut-être que le match, il n’est pas la même chose. L’Algérie, au lieu de baisser d’un pied à chaque minute, là, ils vont monter à chaque minute parce que finalement, ils mènent 1-0. Tu sais très bien que quand tu joues contre l’Algérie et que tu perds 1-0, c’est eux qui ont la maîtrise du ballon. »
Un plan basé sur l’intensité
Éric Chelle a ensuite expliqué sa lecture du football algérien, nourrie par son passage sur le banc du MC Oran en Algérie : « J’ai eu la chance d’entraîner six mois en Algérie. Donc, j’ai encore plus découvert le football algérien. Le footballeur algérien, je sais que c’est un joueur technique. C’est un joueur qui veut faire tous ses exercices avec le ballon. Les supporters algériens, ils prennent leurs pieds quand leur équipe garde le ballon. Donc moi, je sais que je vais avoir une équipe en face, techniquement, si je les laisse jouer, on va prendre la foudre. Donc moi, je prends parti de leur mettre une intensité de malade. Après quand je vois la composition, je dis, c’est bon, on va encore plus mettre d’intensité. »
L’absence de Bounedjah
Selon Chelle, l’absence de Baghdad Bounedjah du onze de départ choisi par Petkovic a également conforté son approche agressive : « Pour moi, s’il y a Bounedjah, ce n’est pas la même. Pour sortir d’un pressing, il n’y a pas 36 choses. C’est soit tu sors techniquement une touche, ou soit tu mets un long ballon et tu as ton attaquant qui cale le ballon et qui fait remonter le bloc. Donc moi, je ne vois pas Bounedjah. Je dis c’est bon, les gars, mettez encore plus de pression. »
Le choix de la continuité à la pause
Le sélectionneur nigérian est aussi revenu sur le choix de Petkovic de reconduire la même équipe au retour des vestiaires, malgré la domination nigériane : « Peut-être qu’il pensait qu’on allait baisser de pied. En général, entre la 60ème et la 70ème, c’est toujours là qu’on a notre pic, puis qu’on descend physiquement. » Il ajoute : « Moi, je m’attendais à la mi-temps qu’il change aussi. Et puis finalement, il ne change pas. »
Abdelli était attendu
Enfin, Éric Chelle a révélé s’attendre à voir Abdelli titulaire : « Je me disais qu’il allait essayer de couper Lookman. Nous, on avait cet axe Iwobi-Lookman, en plus Alex était très fort pour trouver Ade. Cet axe, le Maroc l’a coupé et on n’a pas trouvé d’alternative pour essayer de contrer ça. »
Avant de conclure : « Et donc moi je m’attendais à ce qu’ils mettent ce joueur (Abdelli). Et encore une fois ça m’a relâché un peu plus, sans manquer de respect aux autres joueurs. »
Des révélations qui jettent un nouvel éclairage sur l’élimination algérienne et relancent le débat autour des choix de Petkovic lors de ce quart de finale décisif.
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