Alors qu’il avait constamment fait en sorte de figer ses plans sans opérer des changements afin d’optimiser la cohésion, Vladimir Petkovic a décidé d’intégrer de nouveaux joueurs à sa liste de mars qui marque une étape importante pour préparer la Coupe du Monde 2026. Le management du sélectionneur n’est peut-être pas le mieux indiqué pour préserver la vie d’un groupe à l’aube tournoi majeur.
Petkovic veut voir ce que les nouveaux peuvent apporter. Il n’y a pas de certitude pour que tout le monde joue contre le Guatemala et – surtout – face à l’Uruguay. Notamment chez les gardiens de buts où Melvin Mastil, qui semble être un choix crédible, peut avoir une chance de prouver ce qu’il vaut. Pour sa part, le jeune Kilian Belazzoug est plus là pour commencer une intégration en prévision du rajeunissement post-Mondial.
La méritocratie face à l’expérimentation tardive
Cependant, pour ce qui est des joueurs de champs, on peut s’attendre à ce qu’Abada, Aouchiche, Benbouali et Ghedjemis aient du temps de jeu. Particulièrement lors de la première sortie contre le Guatemala dans 4 jours à Gênes. L’expérimental, ce n’était pas vraiment la stratégie prônée par Petkovic depuis ses débuts sur le banc Dz en mars 2024. A vrai dire, il n’avait pas eu de dates FIFA amicales car le gros de ses fenêtres internationales servaient à jouer soit les éliminatoires de la CAN 2025 ou celles de la Coupe du Monde 2026.
En effet, sur 7 des 10 stages avant la CAN 2025, débouchaient sur des matchs officiels. Le successeur de Djamel Belmadi n’avait donc pas trop le temps pour essayer des choses au risque de briser la dynamique. Cela l’avait même poussé à faire certains choix contestables par moments. Cela s’expliquer par un certain de besoin de garder l’homogénéité et l’optimisation des automatismes. D’ailleurs, il n’avait pas manquer de garder certains éléments dans ses plans alors qu’il n’étaient pas dans une situation sportive adéquate. On pense à Youcef Atal et Farès Chaïbi notamment.
Parallèlement, des Algériens qui brillaient n’ont pas été appelés. On pense à Himad Abdelli qui n’a jamais été plus qu’un recours secondaire. Convoqué comme réserviste à la CAN 2025, le nouveau pensionnaire de l’Olympique de Marseille, où il joue moins (il faut le relever), vient de sauter des plans pour mars tout comme Adem Zorgane, pourtant compétitif avec la Royal Union Saint-Gilloise. La méritocratie n’est – pour le coup – pas forcément le critère principal dans certains choix.
Saâdane avait opté pour la même stratégie en 2010
Le milieu de terrain n’est pas seul à recenser des absences de marque. En effet, on énumère celle de Baghdad Bounedjah choix important en pointe de l’attaque qui a été écarté. Petkovic n’hésite pas à toucher à la colonne vertébrale de l’équipe en plus de se passer un cadre du vestiaire. Cela pourrait ne pas être sans conséquences.
Dans l’idéal, garder le gros de l’effectif qui a disputé la CAN 2025 était recommandé. Il s’agissait de la première compétition fermée de Petkovic avec l’EN. La messe africaine devait donc servir de “préambule” pour la CDM 2026. Sauf que le technicien suisso-bosnien a décidé d’opérer des changements dans son groupe après le rendez-vous continental. Certains sont conjoncturelles à cause des blessures (Chergui et Bennacer) quand d’autres sont des choix purs.
De l’extérieur, il n’y avait pas de tensions ou de malaises internes à relever. Est-ce que le chef de la barre technique de l’EN a décelé des choses susceptibles de nuire à la vie de groupe ? Cela reste possible. Toujours est-il que le fait d’opérer de vouloir intégrer de nouveaux pions sur l’échiquier risque de ne pas être sans conséquence. On se souvient de Rabah Saâdane en 2010 qui avait changé ses plans lors de la dernière ligne droite. Et on ne peut pas dire que cela avait aidé la sélection à bien performer lors du Mondial 2010. La prudence est de mise.



