Très attendue, la réunion du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), présidée par Patrice Motsepe, n’a rien eu d’une formalité. À Dar es-Salam, les débats se sont vite mués en bras de fer. Quatre heures quarante-cinq minutes de palabres pour un seul point véritablement disséqué. L’arbitrage et ses zones d’ombre aura etetau coeur d’un débat houleux au sein du COMEX.
Ce qui devait être une réunion de cadrage autour des incidents ayant émaillé la finale s’est transformé en réquisitoire en règle. Le président de la CAF, qui préparait de doter l’EXCO de prérogatives élargies, orientée vers une substitution au jury disciplinaire, s’est heurté à une fronde inattendue. Les débats ont rapidement quitté le terrain balisé pour s’engouffrer dans celui, miné, de l’arbitrage.
Les erreurs jugées flagrantes, les décisions controversées du jury disciplinaire, le sentiment d’injustice exprimé par plusieurs fédérations sont autant d’éléments qui ont nourri la colère. Walid Sadi, président de la FAF, a pris la parole sans détour, dénonçant un arbitrage scandaleux et des décisions du jury disciplinaire partiales. Sadi ira loin dans son réquisitoire en dénonçant le processus de nomination de la commission des arbitres qu’il a qualifié d’opaque, évoquant même une validation sur WhatsApp des nominés. Un procédé lunaire. C’est donc tout naturellement qu’il a exigé la dissolution pure et simple de ladite commission et la mise en place d’une nouvelle instance conforme aux statuts.
Dans son sillage, Samuel Eto’o a maintenu une ligne tout aussi frontale. À leurs côtés, Hani Abou Reda, Augustin Senghor et Yacine Idriss Diallo ont plaidé pour un changement radical, allant jusqu’à réclamer le limogeage du président de la commission des arbitres. Une prise de position collective rare dans un comité ou les compromis étaient de rigueur.
La réunion de Dar es-Salam a ainsi pris des allures de précédent. Pour la première fois depuis des années, l’omerta supposée au sommet de la CAF a vacillé. Les divergences, d’ordinaire contenues, se sont exprimées à voix haute, dessinant les contours d’un rapport de force inédit.
Fait notable, Fouzi Lekjaa a boycotté la séance. Était également absent le secrétaire général, Veron Mosengo-Omba, officiellement pour raisons personnelles (Décès d’un proche). Son cas figurait pourtant à l’ordre du jour, ce qui n’a pas manqué d’alimenter les interrogations.
Au final, sur vingt points inscrits, un seul aura suffi à embraser les débats. La CAN 2025 apparaît désormais comme un tournant. Au-delà des polémiques d’arbitrage, c’est la gouvernance même du football africain qui se retrouve questionnée. Et le vernis de l’unité a sérieusement fissuré.
LIRE EGALEMENT : CAN 2025/Finale Sénégal – Maroc : Patrice Motsepe ne décolère pas !
