C’est un secret de polichinelle que la Confédération africaine de football (CAF) a eu toutes les peines du monde à contenir. La réunion du comité exécutif de l’instance continentale, tenue avant-hier à Rabat, a été le théâtre d’un incident grave, à deux doigts de virer à l’altercation physique.
Au centre de la tourmente, l’omnipotent Fouzi Lekjaa. Le président de la Fédération marocaine de football a, selon les informations du journaliste d’investigation Romain Molina, perdu son sang-froid au point de tenter d’en découdre avec son homologue nigérian, Ibrahim Musa Gusau, en pleine séance de l’EXCO.
À l’origine de cet accès de colère, une intervention jugée trop audacieuse du dirigeant nigérian, qui n’a pas hésité à interpeller le président de la CAF, Patrice Motsepe, sur les nombreuses polémiques ayant émaillé la dernière Coupe d’Afrique des nations 2025, notamment celles liées à l’arbitrage. Une sortie courageuse, qui traduit ce que tout le monde pensait tout bas, mais qui aura suffi à faire sortir Fouzi Lekjaa de ses gonds.
Furax, ce dernier se serait rué vers son contradicteur avec une intention manifeste d’en venir aux mains. Cela sans compter les insultes et autres mots aigres-doux que le Marocain a proférés, allant jusqu’à traiter son interlocuteur de fils de…, excusez du peu. Il aura fallu l’intervention rapide de plusieurs membres du comité exécutif pour éviter que la scène ne dégénère en agression caractérisée, indigne d’une instance censée incarner la gouvernance du football africain.
Au regard des règlements internes de la CAF, une telle attitude est passible d’un renvoi devant le conseil de discipline. Pourtant, cet épisode n’est pas isolé. Fouzi Lekjaa n’en est pas à son premier dérapage, lui qui s’est déjà illustré par des méthodes musclées, mêlant intimidation et menaces, face à toute voix discordante.
Dès lors, une question s’impose : que fera la CAF ? Appliquera-t-elle ses textes avec la même rigueur pour tous ? Ou confirmera-t-elle, une fois de plus, que certains règlements ne fonctionnent que dans un seul sens. Un peu comme la VAR, finalement.
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