Il est le seul joueur de champ, avec le gardien Oussama Benbot, à ne pas avoir encore foulé la pelouse depuis le début de la CAN 2025. Une situation toujours délicate à vivre pour un international, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une première convocation avec l’équipe A. Pourtant, Redouane Berkane accueille cette réalité avec un calme et une lucidité qui en disent long sur son état d’esprit.
Vladimir Petkovic a pourtant fait tourner son effectif lors de la victoire face à la Guinée équatoriale (3-1). Mais le scénario de la rencontre et les choix opérés par le sélectionneur national ont maintenu l’attaquant d’Al Wakrah sur le banc, tandis que Bekrar, peu inspiré, allait au terme de la partie. Un choix qui aurait pu nourrir des regrets, voire une forme d’amertume. Berkane, lui, a préféré y voir autre chose.
Jeudi, à Rabat, en marge du quartier général accordé aux Verts, le natif de Tazmalt a livré un discours empreint d’altruisme à des supporters venus à sa rencontre. Le collectif d’abord, et une pointe de philosophie pour faire, s’il en est, de mauvaise fortune bon cœur. « Peut-être que si j’avais joué, je me serais blessé », a-t-il glissé.
Il faut dire que l’attaquant découvre à peine l’univers des A. Jamais encore il n’avait porté le maillot de la sélection première avant cette CAN. Son ticket pour la compétition, il l’a composté grâce à une prestation remarquée lors de la Coupe Arabe FIFA Qatar 2025 avec l’EN A’, où il avait su se distinguer par son impact et sa générosité dans l’effort. Un passage réussi qui lui a ouvert les portes du groupe de Petkovic, au dernier moment, mais aussi d’une concurrence autrement plus relevée.
Pour autant, son absence de temps de jeu n’efface pas la curiosité qu’il suscite. Athlétique, technique, encore perfectible, l’ancien buteur de la JS Kabylie conserve une cote intacte auprès de nombreux observateurs, qui estiment que son profil pourrait offrir une alternative intéressante en attaque.
En attendant, Redouane Berkane patiente. Sans bruit, sans plainte. Dans une posture altruiste, alliage de recul et de solidarité, il incarne cette idée simple qui veut que même depuis le banc, on peut servir la sélection. Et parfois, accepter de ne pas jouer est une autre manière de jouer le jeu. Et à ce jeu-là, on ne perd presque jamais…



