Au lendemain d’une finale de Coupe d’Afrique des nations perdue dans la confusion et la frustration, le Maroc semble avoir trouvé son exutoire. Et surtout, son coupable. Alors que la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a officiellement annoncé son intention de saisir la CAF et la FIFA pour faire la lumière sur les événements ayant conduit à l’arrêt de la finale face au Sénégal, tous les regards convergent déjà vers un seul homme, ou coupable, c’est selon, Pape Thiaw.
Le sélectionneur sénégalais, champion d’Afrique en titre, risque bien de porter seul le poids d’une affaire aux contours encore flous, mais dont l’issue semble, côté marocain, presque écrite d’avance. Son tort ? Avoir vivement contesté ce que son équipe a subi avant et pendant la finale, jusqu’à ce crime ultime de lèse-majesté quand il a demandé le retrait de ses joueurs de la pelouse, après l’octroi d’un penalty en faveur des Lions de l’Atlas.
Un geste jugé « grave », « anti-sportif » et surtout « injustifiable » par la partie marocaine, qui s’est empressée d’actionner les leviers institutionnels. Dans un communiqué, la FRMF a appelé à l’ouverture d’une enquête, dans la foulée des sorties « scandalisées » de la CAF et du président de la FIFA, Gianni Infantino, tous évoquant la nécessité de sanctions contre les responsables de « cette affaire ».
Dans ce climat électrique, Walid Regragui était d’ailleurs le premier à ouvrir les hostilités. Dès la fin du match, le sélectionneur marocain a tiré à boulets rouges sur son homologue au micro de Canal +, estimant que le comportement de Tiaw « ne l’honore pas », allumant ainsi la mèche médiatique. Une sortie qui semble avoir balisé le terrain d’une responsabilité individuelle, soigneusement orientée.
Car au Maroc, l’heure n’est plus à l’introspection. La perte du titre continental a laissé des traces, et Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, paraît déterminé à transformer la déception populaire en bataille institutionnelle. Quitte à faire de Pape Thiaw le fusible idéal. Le sélectionneur sénégalais est clairement en première ligne, exposé à une possible suspension, voire plus.
Ironie de l’histoire : pendant que le Maroc hésite encore sur l’avenir de Walid Regragui, malgré la pression populaire réclamant sa tête, le Sénégal, lui, voit son entraîneur déjà placé sur le banc des accusés, sans procès véritable. Les prochains jours diront si l’enquête annoncée permettra de répartir équitablement les responsabilités… ou si Pape Thiaw devra, seul, trinquer pour une finale qui a dépassé le cadre du football.
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