Il existe en football une vérité presque immuable selon laquelle la seconde mi-temps appartient aux entraîneurs. Vladimir Petkovic, d’ordinaire, en est l’illustration parfaite. Le sélectionneur national s’est forgé une réputation flatteuse grâce à sa capacité rare à lire un match, à s’adapter à l’adversaire et à remodeler son équipe, parfois jusqu’à quatre fois en l’espace de quarante-cinq minutes.
C’est donc logiquement qu’il était attendu au tournant à la pause de ce quart de finale Nigeria–Algérie. Face au scénario proposé par une sélection algérienne comme anesthésiée, tous les regards se tournaient vers le banc, dans l’espoir d’un électrochoc tactique au retour des vestiaires.
Il n’en fut rien. À la reprise, l’Algérie est revenue avec les mêmes arguments, les mêmes failles et la même apathie. Une inertie tactique rapidement sanctionnée. Il n’en fallait pas plus de dix minutes au Nigeria pour enfoncer le clou et mettre les Verts au bord du gouffre.
Fait rare, Vladimir Petkovic est apparu comme sorti de son match. Habituellement stoïque, il s’est laissé gagner par la nervosité, multipliant les protestations face aux décisions d’un arbitrage catastrophique, mais qui ne saurait, à lui seul, expliquer cette faillite collective.
Les changements, signature habituelle de son génie tactique, sont intervenus bien trop tard. Lorsque les ajustements ont enfin été tentés, l’Algérie était déjà à deux doigts de l’élimination. Pis encore, ces choix s’inscrivaient dans la continuité de ses options initiales. Sans rupture (Chaibi en est la meilleure illustration). Sans impact. Sans résultat.
Sur ce match, Petkovic a été absent. Comme son équipe. Et quand le cerveau ne fonctionne plus, le corps ne répond plus non plus. Une soirée où l’homme des secondes mi-temps est resté, lui aussi, au vestiaire.
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