L’attitude de Rayan Aït-Nouri en marge du match Algérie-Zambie et sa réaction virulente à sa non-incorporation en cours de jeu auront polarisé l’actualité sportive de ce samedi. C’est que, jamais dans l’histoire récente de l’équipe nationale, un international algérien n’avait affiché une telle attitude, qui plus est au vu et au su de tous.
Comme il fallait s’y attendre, Brahim Hemdani a réagi de la plus ferme des manières au comportement de son latéral, en l’excluant du groupe. La décision a été actée par un communiqué laconique de la Fédération algérienne de football (FAF).
Une décision diversement commentée, entre ceux qui ont soutenu le choix du renvoi et ceux qui estimaient qu’il aurait fallu traiter l’affaire avec davantage de tact. Seulement, Aït-Nouri n’a laissé aucune marge à son maintien. Son attitude relève du jamais-vu. Le sociétaire de Manchester City aurait pourtant pu, ou dû, prendre de la graine de Riyad Mahrez, le plus capé des internationaux algériens.
L’ancien capitaine des Verts avait lui aussi connu le banc dans un contexte autrement plus symbolique. Lors du premier match de l’Algérie en Coupe du monde face à l’Argentine de Lionel Messi, Mahrez avait accepté la décision de son entraîneur sans broncher. Pour un monument du football national, qui disputait alors sa dernière partition avec les Verts, cette décision de Petkovic aurait pu être vécue comme une humiliation. Loin s’en faut.
Tout le monde avait vu comment le champion d’Afrique 2019 était resté concerné sur le banc, n’hésitant pas à piétiner sur les plates-bandes de son entraîneur dans sa zone technique pour encourager ses coéquipiers et leur prodiguer des conseils. Ce jour-là, Riyad Mahrez avait montré l’exemple.
Même après 120 capes, dont plus de 70 comme capitaine, Riyad Mahrez avait accepté le banc sans ronchonner. L’héritage du numéro 7 se mesure aussi à cela. À l’attitude, à la capacité à placer le collectif au-dessus de soi lorsque la décision du sélectionneur vous est défavorable.
Rayan Aït-Nouri a côtoyé Riyad Mahrez. Il a évolué à ses côtés avec les Verts, partagé le même vestiaire et observé, forcément, ce que représente le maillot de l’équipe nationale. Mais, dans cette affaire, il n’a visiblement pas retenu la leçon.
Au-delà du geste et de la sanction, c’est donc aussi cette comparaison entre deux générations qui interpelle. D’un côté, un cadre aux 120 sélections, capable d’accepter le banc et de rester pleinement impliqué dans le destin de son équipe. De l’autre, un jeune cadre appelé à devenir l’un des visages des Verts, dont la réaction face à une décision sportive aura pris une dimension publique et désormais disciplinaire.
L’affaire Aït-Nouri dépasse ainsi la seule question d’un remplacement ou d’un temps de jeu. Elle touche à ce que représente le fait de porter le maillot de l’Algérie et à l’héritage laissé par ceux qui l’ont porté avant lui.
Et sur ce terrain-là aussi, Riyad Mahrez avait montré l’exemple. Dommage qu’Aït-Nouri ne s’en est pas inspiré.
