L’escale, organisée par le sponsor Coca-Cola, du trophée originale de la Coupe du Monde à Alger dimanche dernier a été largement relayée par les médias algériens. Surtout que, M. Abdelmadjid Tebboune, président de la République, himself s’est fièrement affiché au côté du Graal du football n’hésitant, parce que le protocole le permet, à le toucher après l’avoir dévoilé. Ces images n’ont pas manqué de susciter des réactions. Notamment au Maroc où Mohamed VI, premier responsable du pays, n’était pas en mesure d’imiter son “homologue” algérien.
La 4e place au Mondial 2022 reste un superbe exploit réalisé par les poulains de Walid Regragui qui ont signé un précédent pour un pays africain en atteignant le dernier carré de la messe planétaire. Sur ça, on ne peut qu’être d’accord et saluer cette performance. Après, ce n’est aucunement une raison pour basculer dans l’arrogance.
La Première ministre japonaise prouve que poser n’est pas cliché
Avant de faire un crochet par Alger, l’avion de Coca-Cola, qui transportait le trophée remporté par l’Argentine de Lionel Messi, a posé, le 04 février, à Rabat avec une exposition au Complexe Mohamed VI (Salé). A ce sujet, les Marocains se vantent du fait qu’aucun responsable, même Fouzi Lekjaâ (président de la Fédération royale marocaine de football), n’avait assisté à la cérémonie. C’est là une manière de dire que c’est un “non-événement” chez eux alors qu’en parallèle, l’Algérie a réservé un accueil officiel pour la délégation de la FIFA.
Cela reste un choix souverain est propre aux décideurs du pays. Après l’échec de qualification qui a marqué les esprits en 2022, il est normal que la Présidence savoure le retour des Verts parmi le gotha mondial et lui accorde l’importance qu’il revêt. D’autant plus que lors du dernier sacre de l’Algérie à la CAN 2019, le pays traversait un contexte particulier et avait un gouvernement de transition avec feu Abdelkader Bensalah, chef d’état par intérim.
Quant au fait de relayer ici est là que Tebboune a servi de façade (ce qui serait “rabaissant pour un président d’un pays”) pour faire de la publicité à Coca Cola, on peut mentionner (pour sortir du continent) que la Première ministre du Japon, Sanae Takaïchi a – elle aussi – posé fièrement à côté du trophée avec la légendaire marque de boisson gazeuse affiché sur le panneau rouge derrière.
Mohamed VI n’était pas apte à honorer le protocole
On citera aussi les présidents Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) et Abdel Fattah al-Sissi (Egypte) ont opté pour le même protocole. Pour sa part, Mohamed VI n’était, sur le plan santé, pas en mesure d’obtenir un pareil cliché. Et la tradition ne permet pas à d’autres personnes qu’un président de la FIFA, un Chef d’Etat, le vainqueur du trophée et les anciens champions du monde de toucher à la coupe. C’est pour dire que Lekjaâ n’aurait pas eu le droit de se substituer à Mohamed VI.
L’attitude festive vient contraster avec une sorte de dédain assumé du Maroc qui se considère comme un prochain (co-)hôte de la Coupe du Monde 2030 qui aura – de toute façon et selon sa conception – le trophée sur ses terres incessamment. On y décèle un brin d’arrogance désormais chevillée aux voisins qui font tout pour se distinguer des “protocoles” en Afrique. Comme pour dire qu’ils sont un pays à part et qu’ils sont dans une autre dimension.
Certes, les Marocains ont fait des progrès dans le domaine du football. Personne ne peut le nier. Après, il faut noter que les Lions de l’Atlas n’ont toujours pas remporté de titre majeur en seniors depuis un demi-siècle et que la 4e place en Coupe du Monde est juste honorifique et ne vaut pas de médaille. Il ne faut pas se voir trop beau. Surtout pas devant la pétillance d’un Coca Cola et d’une auguste dame habillée en or massif.
