Rayan Cherki et Maghnes Akliouche étaient les deux gros dossiers de binationaux sur lesquels la Fédération algérienne de football (FAF) avait travaillé. Si le premier nommé semblait désintéressé et avait clairement pour plan de rejoindre l’équipe de France, le second était plus enclin à représenter l’Algérie. Toutefois, la convocation de Didier Deschamps pour le rassemblement de septembre a tout fait basculer. Comme nous l’avions constamment assuré, Akliouche n’était absolument pas contre l’idée de porter la tunique des Verts. Et ça aurait pu se faire dès le printemps 2022. Détails.
L’Algérie allait jouer le tournoi Maurice-Revello (ex-tournoi de Toulon) en mai 2022. Et Noureddine Ould Ali, le sélectionneur des U21 de l’époque, avait activé ses relais pour solliciter Maghnes Akliouche. L’objectif était qu’il rejoigne les juniors Dz.
L’AS Monaco a détourné Akliouche vers la France
Encore loin des paramètres du foot business (enfin presque), le binational avait donné un retour favorable via un intermédiaire du nom de Nassim. Et c’est à ce moment-là que l’AS Monaco s’est empressée de contacter la Fédération française de football (FFF) pour l’informer que le gaucher était sur le point de choisir l’Algérie. La réaction était immédiate de la part de l’instance fédérale qui s’est magnée à le convoquer en mars de la même année. Et c’est à ce moment-là que la trajectoire a commencé à bifurquer pour un joueur dont le talent a mis du temps à éclore à Monaco.
Le témoignage que nous a livré Ould Ali confirme cela. “Je l’avais sollicité pour venir en sélection d’Algérie pour le tournoi Maurice-Revello. J’avais eu un contact avec un certain Nassim qui a fait un intermédiaire entre nous deux. Je n’ai pas parlé directement à Akliouche. Il y avait une volonté d’Akliouche de venir en sélection comme me l’a expliqué cette personne. Je l’avais convoqué pour le tournoi. Quand le club a su cela, ils ont fait le nécessaire auprès de leur fédération (FFF) pour le convoquer en U20 de l’équipe de France”, affirme l’actuel sélectionneur du Yémen.
Aussi, il assure qu’il a “appelé son père plusieurs fois mais il ne m’avait pas répondu. Ce Nassim m’avait expliqué que Maghnes était intéressé. Après, on connaît le contexte des binationaux qui évoluent en France. Il y a la pression du club, le projet de carrière et tout. Je pense que cela est rentré dans la balance.”
L’Equipe a menti, il n’avait pas que l’équipe de France en tête
Akliouche était clairement sensible à l’intérêt de l’Algérie. Une autre source proche de sa famille nous confirme qu’une fois passé professionnel, « il pensait beaucoup plus à sa carrière et sa famille poussait pour qu’il rejoigne l’Algérie. Maghnes voulait même venir en vacances en Algérie cet été chez sa famille du côté de Bouira. Mais son nouvel agent (HCM Sports Management) lui a conseillé de ne pas le faire car ça allait être mal-interprété. »
A partir de là, on peut infirmer la version de L’Equipe qui prétend que Maghnes n’avait que l’équipe de France en tête. Ce qui est complètement faux. En outre, il y a la déclaration, faite en début d’année, de Saïd Fellak. Le chargé de communication de la FAF confirmait qu’Akliouche n’avait aucunement envoyé valser la FAF.
« Je peux confirmer aujourd’hui, sans citer de nom, qu’il y a un retour positif. On leur a présenté le projet, expliqué notre vision et donné toutes les garanties. Maintenant, la décision leur appartient. Nous ne mettons aucune pression », notait-il. Ces derniers mois, tout s’est accéléré pour l’ailier droit du team de la Principauté. Il y avait beaucoup de lumière sur lui et des sollicitations pour un transfert dès cet été. Beaucoup de détails, qu’on vous révèlera dans la suite de ce dossier, l’ont éloigné des Fennecs. Sa décision obéit clairement à une logique… business.