La sentence est tombée comme un couperet, à trois semaines du coup d’envoi. La Coupe d’Afrique des nations féminine 2026 n’aura pas lieu du 17 mars au 3 avril. La Confédération africaine de football (CAF) a fini par acter le report d’un tournoi qu’elle assurait pourtant, il y a peu encore, maintenir coûte que coûte.
Selon une source autorisée, la décision a été entérinée vendredi, au terme de plusieurs semaines de flottement et de tractations en coulisses. Par ce choix, l’instance panafricaine se plie donc à la pression insistante du pays hôte, le Maroc, qui avait officiellement demandé un décalage, invoquant des raisons organisationnelles et refusant catégoriquement d’accueillir la compétition aux dates initialement arrêtées.
L’ironie est mordante. Le 13 février dernier, au sortir de la réunion du Comité exécutif, le président de la CAF, Patrice Motsepe, se voulait catégorique, assurant avec l’aplomb qu’on lui connaît qu’aucun report n’était envisageable. Le calendrier international, déjà saturé, et les éliminatoires du Mondial féminin rendaient, disait-il, toute modification impossible. Deux semaines plus tard, la réalité l’a rattrapé.
Plutôt que d’opter pour une délocalisation, une piste un temps évoquée, l’instance continentale a donc choisi de céder. Un choix qui intervient au moment où les sélections qualifiées sont en pleine préparation, les staffs ont planifié stages et matches amicaux. Tout est désormais suspendu à l’annonce officielle qui devrait tomber dans les prochaines heures.
Ce nouvel épisode alimente le sentiment d’improvisation chronique qui colle à la peau de la gouvernance africaine. Décisions tardives, communication hésitante, revirements spectaculaires, la CAN féminine 2026 devient le symbole d’une organisation à la peine, ballotée entre enjeux politiques et guerre des coulisses.
Reste à savoir maintenant quel ton emploiera la CAF pour justifier sa décision. Tout l’enjeu, s’il en est, se résume au narratif. Ou comment faire passer la pilule. Le reste, c’est du pipeau de chez pipeau. Et vogue la galère.
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