Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a porté, ce mercredi, un coup de maître qui place la Confédération Africaine de Football (CAF) sous une lumière particulièrement inconfortable, dans l’affaire des maillots controversés de RS Berkane lors de la Coupe de la Confédération CAF 2023/24. En rendant une décision sans appel en faveur de la Fédération Algérienne de Football (FAF) et de l’USM Alger, le TAS a non seulement invalidé l’approbation initiale de ces équipements, mais aussi exposé une gestion désastreuse de la CAF, laissant l’instance continentale dans une position délicate, sinon brûlante.
Tout a débuté en avril 2024, lorsque la CAF a validé les maillots de RS Berkane, ornés d’une carte géographique incluant le Sahara occidental comme partie du territoire marocain, lors de la demi-finale contre l’USM Alger. Cette décision, immédiatement contestée par la FAF et l’USM Alger, a révélé une faille béante dans la gouvernance de l’instance africaine. Le Règlement de l’Équipment de la CAF (article 1.03), en lien avec les Lois du Jeu de l’International Football Association Board (Loi n° 4), interdit formellement tout contenu à caractère politique sur les équipements, y compris les maillots des joueurs. De surcroît, les Statuts et Règlements d’application de la CAF imposent une neutralité politique rigoureuse, un pilier que la CAF a lamentablement ignoré, offrant ainsi une ouverture à la critique internationale.
Pour la FAF et l’USM Alger, ces maillots représentaient une intrusion politique manifeste, incompatible avec l’esprit d’impartialité qui doit prévaloir dans les compétitions sportives. Face à cette décision initiale, jugée à la fois hâtive et partiale, les parties algériennes ont porté l’affaire devant le TAS, exigeant une rectification qui mettrait fin à cette aberration.
Une humiliation publique pour la CAF
Le jugement du TAS, rendu ce 26 février 2025, est d’une clarté implacable : les maillots de RS Berkane véhiculaient un message politique, en violation directe des règlements de la CAF et de la FIFA. En annulant la validation initiale de la CAF et en interdisant l’utilisation de ces équipements, le TAS a infligé une leçon cuisante à l’instance africaine, dont les manquements ont été mis en lumière avec une précision chirurgicale. Cette décision constitue une véritable déconfiture pour la Confédération africaine de football, dont la crédibilité était déjà fragile, se trouve désormais ébranlée.
La CAF, contrainte de revoir ses pratiques et de réparer les dégâts, se trouve désormais sous une pression croissante, non seulement pour corriger ses erreurs, mais aussi pour restaurer une autorité ternie par cette controverse.
La CAF, désormais sous le feu des projecteurs, doit relever ce défi avec humilité, consciente que chaque faux pas pourrait encore attiser une chaleur déjà bien perceptible.