Être professionnel, c’est le fruit d’un parcours semé de sacrifices, rarement linéaire. C’est une accumulation de rêves, parfois brisés, mais surtout de résilience et de travail. Dans ce registre, Yanis Zouaoui en est l’illustration parfaite.
Invité de notre émission « C’est Vous l’Expert », le latéral gauche du Havre s’est confié sans détour sur son cheminement. Formé à Marseille, sa ville natale, il a connu l’un de ces itinéraires sinueux qui forgent un caractère avant de façonner un joueur.
« À Marseille, on m’a fait comprendre qu’il fallait que je prenne la porte »
Malgré son passage par le centre de formation de l’OM, Yanis Zouaoui, alors âgé de 15 ans, n’est pas retenu pour poursuivre l’aventure. « On m’a fait comprendre qu’il fallait que je prenne la porte. Quand tu es jeune, qu’il y a toute ta famille dans le bureau, ça pique la fierté », nous confie-t-il.
Un coup dur, forcément. Mais loin de renoncer à son rêve, l’Algérien décide de relever le défi. Comme beaucoup de joueurs passés par l’ombre avant la lumière, il enchaîne les clubs amateurs et semi-professionnels, notamment à Martigues et Toulon, avec même une parenthèse en Roumanie. À l’époque, il évolue en meneur de jeu. Puis vient le tournant : repositionné un cran plus bas, il découvre un nouveau rôle. Et c’est là que tout bascule.
Une leçon de résilience : d’un meneur amateur à un latéral professionnel, Zouaoui gagne son pari
Après des années dans l’antichambre du football français, le bout du tunnel apparaît enfin. Un premier contrat professionnel, et pas n’importe où : directement en Ligue 1. En 2024, il rejoint Le Havre, Le Doyen, club qui a souvent accordé sa confiance aux jeunes talents algériens.
En Normandie, Zouaoui ne tarde pas à s’imposer. Travailleur, discipliné et techniquement à l’aise, il gagne la confiance de son entraîneur jusqu’à devenir un élément incontournable. Ses performances lui valent même des comparaisons flatteuses avec Faouzi Ghoulem ou Nadir Belhadj. « Être comparé à Belhadj est gratifiant pour moi », confie-t-il. Avant d’ajouter : « Mon exemple, c’est Faouzi Ghoulem. Sa manière de jouer m’inspire. »
Objectif équipe nationale pour Yanis Zouaoui
Forgé dans la rudesse du football amateur, Zouaoui a appris à ne rien considérer comme acquis. Latéral moderne, capable d’apporter offensivement tout en restant solide défensivement, il incarne cette nouvelle génération au parcours atypique.
La concurrence est rude au poste, mais l’ambition est claire. « À cette heure, je n’ai pas eu de contact officiel. Mais je ne le prends pas mal. Au contraire, je me dis que c’est un avantage : je joue mon football et je reste concentré sur mon évolution. Être appelé en équipe nationale est mon plus grand rêve, je l’ai dans le cœur. »
À 27 ans, malgré une arrivée tardive dans le monde professionnel, Yanis Zouaoui prouve qu’il n’existe pas de trajectoire unique vers le succès. Seulement du travail, de la foi… et une détermination à toute épreuve.
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