La réunion du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), prévue ce dimanche, pourrait bien marquer un tournant majeur. Devant les scandales qui se sont accumulés depuis la CAN 2025, ce conclave s’annonce crucial pour une instance panafricaine en perte de repères.
Dans les coulisses feutrées du pouvoir, une décision semble déjà scellée. Le départ du secrétaire général Veron Mosengo Omba ne fait plus aucun doute. Rattrapé par la limite d’âge, qu’il a pourtant contournée depuis octobre 2025, le Congolais devra cette fois rendre le tablier. La pression est montée d’un cran ces dernières semaines, alimentée par plusieurs membres du comité exécutif qui dénoncent une gestion opaque des affaires courantes.
Considéré comme le véritable patron de la CAF, Veron Mosengo Omba a longtemps régné dans l’ombre. Mais son magistère s’est fissuré sous le poids de décisions controversées. Le limogeage du président de la commission des arbitres, Noumandiez Désiré Doué, en août 2025, remplacé par son compatriote Olivier Safari, ou encore le congédiement du responsable des organes juridictionnels indépendants à deux semaines d’une réunion du jury d’appel, ont alimenté les crispations.
Son départ, s’il venait à être officialisé, marquerait un véritable tournant dans la gestion quotidienne de la CAF, aujourd’hui plongée dans l’une des crises les plus graves de son histoire récente. Parachuté à ce poste dans le sillage de l’élection de Patrice Motsepe, avec le soutien assumé de Gianni Infantino, Veron Mosengo Omba s’était imposé comme l’homme fort de l’administration. Dans les rouages de l’instance, beaucoup murmurent qu’il maîtrisait les dossiers et dictait les décisions, reléguant le président à un rôle souvent protocolaire.
Ayant survécu à une enquête interne, c’est finalement la règle qui aura raison de lui. Une sortie contrainte, plus administrative que politique, mais aux conséquences potentiellement profondes. En coulisses, une reconversion se dessine déjà, avec la présidence de la fédération congolaise en ligne de mire.
Pour lui succéder, deux profils émergent. D’un côté, la continuité interne avec Samson Adamu, président de la commission des compétitions et rouage bien huilé de la machine CAF. De l’autre, une option plus internationale avec Gelson Fernandes, aujourd’hui haut cadre à la FIFA, soutenu en haut lieu. Sa nomination s’inscrirait dans une logique d’une gouvernance influencée depuis Zurich. Du déjà-vu.
Quoi qu’il en soit, le comité exécutif de ce dimanche s’annonce explosif. Absent lors de la précédente réunion, Veron Mosengo Omba devra cette fois faire face à ses détracteurs. Son règne touche à sa fin, laissant derrière lui une institution fragilisée, traversée par des tensions profondes. Plus qu’un départ, c’est peut-être la fin d’un système.


