Le talent, parfois, n’a jamais suffi à lui seul à écrire une grande carrière. Celle de Youcef Belaili en est peut-être l’illustration la plus cruelle. Le natif d’Oran vient une nouvelle fois d’être rattrapé par ses frasques. Il va sans dire qu’il n’est peut-être pas directement impliqué dans cette affaire de faux et usage de faux — l’œuvre de conseillers trop zélés, diront certains — mais au bout du compte, c’est bien lui qui trinque. Comme en 2015, mais pour des faits différents, l’ailier algérien vient d’écoper d’une lourde suspension.
Le bout du tunnel semblait pourtant tout proche. La lumière commençait à poindre. Puis, le noir. Attendu prochainement sur les terrains après une longue convalescence consécutive à une rupture des ligaments croisés de son genou gauche, Belaili voit aujourd’hui ses efforts partir en fumée. Alors qu’il s’apprêtait à retrouver le rythme et les pelouses avec l’Espérance de Tunis, c’est une nouvelle tempête qui s’abat sur lui.
On savait que cette affaire l’opposant à son ancien club, l’AC Ajaccio, lui pendait au nez. Mais peu imaginaient une sanction d’une telle sévérité. La FIFA vient en effet de le suspendre pour une année pour faux et usage de faux. Une sentence lourde, immédiate, qui replonge le joueur dans l’incertitude.
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Certes, il lui reste des recours. Belaili peut encore faire appel et saisir le Tribunal arbitral du sport pour tenter de renverser la vapeur. Mais pour l’heure, la décision est tombée et elle pèse de tout son poids. Un éternel recommencement.
Car cette nouvelle suspension ravive forcément un souvenir que le football algérien n’a jamais vraiment effacé. Celui de la sanction de quatre ans infligée en 2015 par la Fédération algérienne de football, ensuite étendue par la Confédération africaine de football, après un contrôle positif à la cocaïne.
À l’époque, la peine avait finalement été réduite. Et Belaili avait réussi à se remettre en selle, porté par son talent brut, sa créativité et cette capacité rare à se réinventer. Mais le temps n’est plus le même. En 2015, il n’avait que 24 ans. Dix ans plus tard, à 34 ans, la reconstruction s’annonce autrement plus difficile.
C’est toute l’ambiguïté de la trajectoire de Belaili. Un talent immense, capable d’illuminer les terrains, mais une carrière jalonnée d’incidents, de controverses et d’occasions manquées. On ne peut s’empêcher de penser que l’ampleur du gâchis est à la mesure du génie entrevu.
Car avec son talent, Youcef Belaili aurait pu prétendre à une carrière internationale autrement plus éloquente. Et c’est peut-être là que réside la plus grande des désillusions.
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