Pour sa première grande compétition avec l’Équipe d’Algérie, Rafik Belghali s’est illustré lors de la CAN 2025, notamment en huitième de finale contre la RD Congo. Malgré son absence actuelle pour blessure, le latéral droit s’est imposé comme une valeur sûre chez les Fennecs.
Dans un entretien accordé à Foot Mercato, Belghali est revenu sur son tournoi, l’élimination en quart contre le Nigeria, la demi-finale potentielle face au Maroc qui n’a finalement pas eu lieu, son choix international ainsi que sur la Coupe du monde à venir et son avenir en club.
Analyse lucide de l’élimination
Revenant sur l’élimination contre le Nigeria, Belghali analyse les raisons de la sortie des siens :« De l’expérience. Dans une compétition comme la CAN, tu as besoin de tout donner à chaque match. Si tu es moins bien sur un match, tu sors direct. C’est ce qui nous a manqué en quarts, nous n’étions pas dans un bon jour. En face, ils étaient meilleurs des deux côtés et mettaient les détails qui font la différence. »
Malgré la déception, le latéral retient du positif et se montre ambitieux pour l’avenir de cette sélection prometteuse : « On a fait bien mieux que les deux dernières CAN. Avec ce groupe-là, on peut aller loin dans le futur. Mais en vrai, bien sûr. Directement après le match, j’étais trop dégoûté. Parce qu’on sentait qu’on avait beaucoup de talent dans l’équipe. Dans notre tête, depuis le début, on s’était dit qu’on peut aller au bout. On était venus pour la gagner. »
Il évoque ensuite l’influence du sélectionneur Vladimir Petkovic : « C’est vraiment un bon coach. Il sait ce qu’on veut, il a une vision claire de notre objectif. A la CAN, après les deux premiers matches de poules qu’on avait gagnés, il voulait absolument qu’on gagne le troisième. Il a confiance en nous. »
Le Maroc, un duel attendu
Le défenseur confie ensuite son regret de ne pas avoir affronté le Maroc dans une affiche très attendue par tous : « Bien sûr. Le dernier match date de 2010 (2011, ndlr), on le voulait. On pensait déjà à ce match un petit peu. J’espère jouer à une fois dans ma vie contre le Maroc. J’ai beaucoup d’amis marocains en Belgique, ça serait un match incroyable. »
Il insiste d’ailleurs sur l’importance symbolique et sportive d’un tel duel pour les joueurs comme pour les supporters passionnés : « évidemment ! C’est un match spécial. Avec notre groupe, je crois qu’on pouvait gagner. on en a parlé, forcément, mais on était focalisés sur le match face au Nigeria. Malheureusement, on n’a pas pu gagner. Je pense que c’est le match que tout le monde attendait… »
Un choix de cœur pour l’Algérie
Le joueur revient aussi sur son choix international et explique pourquoi représenter l’Algérie a toujours été une évidence personnelle profonde : « Je suis formé en Belgique mais je n’avais vraiment zéro intention de jouer pour la Belgique depuis que j’étais petit. J’ai même joué avec les jeunes d’Algérie. Je le sais depuis la Coupe du monde 2014. Le coup-franc de Mahrez contre le Nigeria en 2019 aussi m’avait marqué. Des trucs comme ça, avec l’engouement du peuple pour l’Algérie…Je me suis dit «ouais, un jour, je veux jouer pour l’Algérie». Il n’y avait que ça dans ma tête. C’était un choix du cœur. »
Belghali assume pleinement cette décision forte malgré la concurrence et l’attractivité sportive qu’aurait pu représenter la Belgique à ses yeux : « Oui mais même avec la grande Belgique des dernières années, je ne voulais pas jouer pour la Belgique. Je n’ai jamais ressenti pour la Belgique ce que je ressens pour l’Algérie. Je ne voulais que l’Algérie. »
Cap sur la Coupe du monde
Le latéral se projette désormais vers la Coupe du monde et affiche ses ambitions avec confiance malgré l’ampleur du défi qui attend la sélection algérienne dans les prochains mois : « Il y a une petite pression. Parce que c’est quand même la Coupe du Monde. Et comme tu l’as dit, ça date de 2014. Je vais continuer de travailler pour être prêt avant la Coupe du monde. il n’y a aucune peur à avoir. On est prêts et on a une belle équipe. »
Logée dans le groupe J avec l’Argentine, la Jordanie et l’Autriche, l’Algérie débutera face à l’Albiceleste : « On respecte l’Argentine. Ils ont gagné la Coupe du Monde. Mais après, dans le foot, tout est possible. Et surtout, avec les joueurs qu’on a, on peut faire quelque chose. Et même si c’est l’Argentine en face, je suis certain qu’on peut faire quelque chose contre eux. »
Il met aussi en avant la force du collectif né durant la CAN et les progrès observés depuis ensemble toujours : « Depuis la CAN, on a formé un groupe qui vit bien ensemble. Je pense qu’on peut aller loin. Je ne dis pas ça parce que je joue pour l’Algérie, mais parce qu’on a les qualités. C’est l’objectif, de faire quelque chose comme le Maroc. »
Interrogé sur ses priorités, le défenseur tranche clairement entre un sacre continental et un parcours mondial réussi sans hésitation aucune : « Je préfère gagner la CAN. Quand l’Algérie l’a gagnée en 2019, c’est inoubliable. Ce n’est pas la même chose que d’aller loin à la Coupe du monde. Remporter un trophée avec son pays est une fierté. Même si c’est bien d’aller loin en Coupe du monde. Les gens sous-estiment mais ce n’est pas facile de gagner une CAN. Chaque équipe est accrocheuse et on l’a vu cette année, il y a beaucoup de qualités en Afrique. »
Vérone, tremplin vers le haut niveau
Belghali explique ensuite les raisons de son choix de rejoindre Hellas Vérone afin de franchir un cap tactique dans sa carrière : « En Italie, ça joue beaucoup avec des pistons. Défensivement et tactiquement, c’est un championnat qui est réputé. Je me suis dit qu’en Italie, je pouvais bien me développer. Mais ça a surtout été motivé par la perspective de l’équipe nationale. Je pouvais rester en Belgique mais je voulais jouer la CAN et la Coupe du monde. Je me suis dit que si je joue bien en Italie, ça va être plus facile pour être sélectionné avec l’Algérie. C’est aussi pour ça que je suis venu ici. »
Le joueur dresse aussi un premier bilan positif de son adaptation au championnat italien : « Je suis satisfait de mon adaptation jusqu’ici. J’avoue que les deux premières semaines, c’était différent. Ce n’est pas comme la Belgique. Je me rappelle, j’ai appelé mon frère et je lui ai dit que les entraînements étaient difficiles les deux premières semaines (rires). Mais après, je me suis adapté très vite. Ma famille vient souvent et j’ai une tante à Milan, c’est à une heure environ. Mon agent vient fréquemment. Je me sens accompagné. Sur le terrain, je suis titulaire. Je joue presque tous les matchs et dans un rôle qui me plaît. Je suis content. »
Des ambitions élevées
Ambitieux, Belghali reconnaît viser à terme un grand club afin de poursuivre sa progression au plus haut niveau possible bientôt : « Je ne vais pas te mentir. C’est quelque chose que je veux faire dans ma carrière. Faire ce step dans un grand club. Pour l’instant, j’essaie de progresser à Vérone. Mais, c’est vraiment un objectif. J’aime le championnat italien mais je ne suis pas fermé à évoluer ailleurs. »
Il révèle également qu’évoluer en Angleterre représente pour lui un rêve important dans sa carrière depuis toujours personnel profond : « Jouer en Premier League serait un rêve pour moi. Ça, c’est quelque chose que je veux faire dans ma carrière. »
Enfin, Belghali évoque la Ligue 1, championnat qu’il suit attentivement et qu’il considère comme très compétitif pour son avenir peut-être : « Avec les joueurs de l’équipe nationale, il y en a beaucoup qui jouent en Ligue 1. Je suis beaucoup la Ligue 1 et j’aime bien son niveau. C’est un bon championnat, on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. »
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