Samedi matin, le football africain s’est réveillé avec un communiqué au ton inhabituellement ferme de la Fédération sénégalaise de football. En ligne de mire, une série de dysfonctionnements graves ayant émaillé l’organisation de la finale de la CAN 2025. Des manquements que la FSF impute directement au pays hôte, accusé d’avoir sciemment piétiné le protocole afin de déstabiliser l’adversaire du Maroc au moment décisif du tournoi.
Mais à y regarder de plus près, ces dérives ne relèvent ni de l’improvisation ni d’un simple accident de parcours. Elles s’inscrivent dans une longue série d’entorses aux règles qui ont jalonné la compétition de bout en bout. Une réalité confirmée à La Gazette du Fennec par une source interne à la CAF, qui a requis l’anonymat.
Selon notre interlocuteur, le comité d’organisation local a évolué dans une forme d’impunité quasi totale, bafouant à sa guise des règles parfois élémentaires, sous le regard impuissant, voire résigné, de l’instance continentale. « Quand la CAF tente de recadrer, elle se heurte à une fin de non-recevoir immédiate du LOC, qui ne reconnaît plus aucune autorité aux recommandations censées garantir le respect du cahier des charges », confie-t-il.
🌍🚨 CAF : LE PASSAGE À 4 ANS FAIT SCANDALE !
La CAF a décidé de passer la CAN tous les 4 ans dès 2029. Problème : aucun vote n'a eu lieu ! 💥⚽️
Un passage en force jugé « juridiquement invalide » qui provoque la colère des fédérations. La poudrière est prête. 🌋⚖️#CAF #CAN… pic.twitter.com/a5XTcNsErY
— La Gazette du Fennec (@LGDFennec) January 16, 2026
Ce rapport de force déséquilibré a fini par installer un climat délétère au cœur même de la Confédération. L’hégémonie du pays hôte, perçue comme de plus en plus pesante, nourrit un malaise profond. Elle se manifeste par une accumulation d’erreurs arbitrales controversées, des polémiques montées de toutes pièces, des provocations assumées de staffs et de joueurs (l’épisode impliquant le staff égyptien en conférence de presse vendredi en est une illustration frappante), mais aussi par la maltraitance logistique et institutionnelle de certaines sélections, livrées à elles-mêmes. Le cas du Sénégal apparaît aujourd’hui comme l’aboutissement de cette dérive. Pour beaucoup, il symbolise cette obsession presque maladive de remporter le trophée, quel qu’en soit le prix.
Le tout se déroule dans un silence pour le moins troublant de la CAF, pourtant prompte à sévir au moindre faux pas lorsque l’herbe d’une pelouse ne répond pas aux standards exigés. Un mutisme qui ressemble de plus en plus à l’aveu d’une impuissance structurelle, celle d’une institution prise en otage, incapable d’imposer son autorité là où elle devrait être la garante de l’équité et de l’intégrité de la compétition. Ce qui explique ce ras-le-bol qui se généralise au sein des bureaux du Caire. Des voix demandent un rééquilibrage des rapports de force. Mais force est de constater que tous les appareils de la CAF servent les intérêts seuls d’une seule partie.
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