2014-2018 : presque 4 ans d’errance pour les Verts…

C’était il y a quatre ans, presque jour pour jour. Avec à sa tête Vahid Halilhodzic, l’Algérie s’imposait 2-1 face à la Roumanie en match de préparation grâce à Bentaleb et Soudani, et allait s’envoler vers le Brésil pour disputer la quatrième coupe du monde de son histoire. Un premier match de poule intéressant mais une défaite face à la Belgique (1-2), une belle victoire face à la Corée du sud (4-1) et un match nul héroïque face à la Russie (1-1) envoyaient les Verts vers son premier huitième de finale. Dans un match tendu où les Algériens vont plus que faire douter les Allemands, l’EN s’incline avec les honneurs 1-2 après prolongations. Une génération dorée qui va donner de l’espoir à tout un peuple pour la suite. Mais voilà, depuis, c’est la dégringolade…

Pourtant, les quelques mois avec Gourcuff vont être satisfaisants, avec un jeu offensif emballant et notamment deux victoires avec sept buts inscrits. Certains diront que c’était contre des équipes de faible niveau, sauf que personne en Afrique aujourd’hui n’inscrit sept buts dans une rencontre. La CAN sera tout de même moyenne, avec une élimination en quart de finale contre la Côte d’Ivoire. Christian Gourcuff finira ensuite pas démissionner, estimant qu’on lui avait promis certaines prérogatives dans le développement du football national et qu’il n’aura jamais son mot à dire.

Des choix catastrophiques

On va alors avoir droit à Milovan Rajevac, pour deux rencontres (1 victoire et 1 match nul). Le Serbe est finalement éjecté après un nul en phase de groupe des éliminatoires à la coupe du monde 2018, face au Cameroun (1-1), à domicile. Plus que le résultat, c’est la gestion du sélectionneur qui va poser problème. On va se rendre compte qu’il ne connaît pas les joueurs, et qu’il hésitera même à aligner Brahimi en défense centrale.

Remplacé par Georges Leekens, déjà passé sur le banc des Verts avec des résultats médiocres, ou comment faire du neuf avec du vieux. Lui, son travail va être de se faire bien voir des médias, mais sur le terrain, c’est une catastrophe. Éliminé dès la phase de groupe de la CAN 2017, le Belge est démis de ses fonctions dans la foulée.

C’est le méconnu Lucas Alcaraz, entraineur espagnol qui a officié, entre autre, à Grenade, qui le remplace. Mais là encore, c’est une catastrophe. Des choix étranges, une méconnaissance du football africain, et c’est un nouvel échec, notamment dans la course à une qualification pour la coupe du monde en Russie et avec les locaux qui n’iront pas au CHAN. Il est remercié et remplacé par Rabah Madjer.

Oui, l’ancien numéro 8 de Porto a une carrière de joueur qui parle pour lui. Mais c’est tout. Il a déjà été sélectionneur des Verts avec des résultats désastreux. Mais surtout, il n’a pas entrainé une équipe depuis plus de dix ans. Et là, au lieu de la jouer profil bas, il ne va faire que parler de lui. Il va alors cristalliser la rancœur des supporters, qui vont même jusqu’à souhaiter la défaite de l’équipe nationale pour le voir partir. Alcaraz et Gourcuff n’avaient jamais acquis de l’expérience en tant que sélectionneur et cela s’est vu. Quant à Madjer … no comment.

Quand on y regarde de plus près, les deux sélectionneurs qui ont réussi à emmener les Verts en coupe du monde, ce sont les deux qui ont pu mettre en place des choses sur une durée de trois ans. Parce que ça ne s’invente pas : on ne peut pas avoir des résultats en changeant d’entraineurs à chaque rencontre.

La FAF doit se réveiller

En quatre ans, l’Algérie a perdu tout ce qu’elle avait gagné en montrant une équipe soudée, capable de rivaliser avec de belles nations européennes. Aujourd’hui, elle ressemble à celles d’avant 2010, qui perdait contre des nations moyennes du continent. Pourtant, il paraît qu’elle regorge de talents, notamment offensifs.

Mais le football, ce n’est pas juste l’addition de noms et advienne que pourra. Il y a des équilibres à respecter, des automatismes à trouver, et des leaders à imposer. Cette équipe manque de tout cela. Devant, chacun y va de son petit numéro pour essayer d’être le sauveur. Au milieu, ça change à chaque match et personne n’a le profil d’un patron capable de remettre de l’ordre et de mettre de l’impact. Derrière, on a des joueurs gentils, mais pas des combattants. Si on y ajoute les lacunes tactiques des uns et des autres, on est à notre place. Pourtant, on se prive d’un Halliche, le seul avec un profil de combattant, de vrai défenseur. On se prive d’un Feghouli, le seul capable d’apporter de la grinta et de la percussion. Sur le terrain, on a l’impression de joueurs livrés à eux-mêmes, sans réelles consignes précises. Et s’il y en a et que les joueurs ne les comprennent pas ou ne les appliquent pas, c’est que le problème est encore plus grave.

Trois ans que notre équipe nationale est en chute libre. Trois ans que nos dirigeants se trompent et se cachent. Quatre ans qu’on a joué l’Allemagne en huitième de finale de la coupe du monde, qu’on a rêvé, vibré et puis… plus rien. Il serait temps de se mettre au travail, de prendre les bonnes décisions, de faire les bons choix. Sans cela, on sera reparti pour dix ans de calvaire. En plus de l’équipe nationale, quand on voit l’état de notre football au niveau des clubs, rien ne nous invite à l’optimisme.

La FAF doit prendre ses responsabilités. Qui prendre comme sélectionneur ? Quel profil ? Ensuite, elle doit le laisser travailler, le protéger, mais elle doit aussi mettre les joueurs devant leurs responsabilités. Même si les entraineurs précédents étaient mauvais, quand on en change autant, on ne peut pas dédouaner les joueurs. Et la FAF doit également commencer à penser à la suite. Où va notre football de club ? Quand allons-nous commencer à travailler sur la formation des jeunes ? Quand allons-nous arrêter de prendre des entraineurs étrangers bas de gamme.

L’équipe nationale, c’est au-dessus de tout, des états d’âme des uns et des autres, comme des mesquineries politico-sportives. Notre équipe nationale a une histoire liée à notre pays et son indépendance. C’est aussi et surtout notre vitrine, notre fierté. Aujourd’hui, la vitrine est brisée. A notre fédération de trouver celui qui la réparera, mais aussi de former ceux qui auront pour mission de la décorer.

Une contribution de Yacine Hamened,

Chroniqueur de l’émission « C’est vous l’Expert » pour LGDF

– Bonus Vidéo –

>> les grands moments de l’Algérie au Mondial 2014 au Brésil !


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