Mardi, le jury disciplinaire de la CAF a auditionné plusieurs acteurs clés du sacre sénégalais face au Maroc (1-0), parmi lesquels le sélectionneur Pape Thiaw ainsi que les internationaux Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye, en plus des représentants de la Fédération sénégalaise de football (FSF), conduits par son secrétaire général et son avocat-conseil, Seydou Diagne. Tous encourent de lourdes sanctions.
Cette audience a surtout permis de clarifier les responsabilités dans les incidents ayant émaillé la fin de la rencontre. Du moins du côté sénégalais. Au centre des débats, l’épisode du retrait temporaire des joueurs sénégalais du terrain, ayant provoqué l’interruption du match. Une séquence que la CAF semble vouloir imputer à la fois à l’encadrement technique et à certains éléments de la sélection.
Sans surprise, Pape Thiaw se retrouve au cœur du dossier. Le sélectionneur des Lions est accusé d’avoir incité ses joueurs à quitter la pelouse, une version qu’il a fermement contestée devant le jury, assurant avoir agi pour protéger ses hommes après des débordements qu’il jugeait dangereux. Mais au-delà de cet épisode, ce sont surtout ses déclarations d’avant-finale qui pèsent sur lui. En dénonçant l’organisation du tournoi et en osant un parallèle avec l’Algérie, Thiaw a franchi une ligne rouge, pour le Maroc. Un véritable crime de lèse-majesté qu’il devra payer. Les joueurs Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye figurent également parmi les principaux exposés. Leur implication présumée dans les événements pourrait déboucher sur des suspensions, dans un contexte où la CAF semble déterminée à frapper fort.
Surtout que le Maroc a choisi la surenchère. Dans sa requête, la Fédération marocaine réclame ni plus ni moins que le retrait du titre continental au Sénégal. Une hypothèse hautement improbable si les règlements sont appliqués à la lettre, même si l’instance panafricaine a souvent habitué le continent à des décisions pour le moins déroutantes. Lekjaa pousse également pour que les sanctions dépassent le cadre africain, évoquant une exclusion du Sénégal des compétitions internationales, y compris la Coupe du monde. Là encore, le droit sportif rend ce scénario très peu crédible.
En revanche, des sanctions financières et disciplinaires sévères semblent inévitables. Le Maroc use de toute son influence pour que le Sénégal paie le prix fort d’un sacre arraché sur ses terres, dans les conditions que l’on sait.
À Dakar, le sentiment d’injustice est palpable. Nombre d’observateurs dénoncent une politique du deux poids, deux mesures et s’interrogent sur la responsabilité du pays hôte dans ce dossier. Le Maroc sera-t-il sanctionné pour les manquements organisationnels ? Qu’en est-il d’Ismaël Al-Saibari et d’Achraf Hakimi, impliqués dans la sulfureuse « affaire des serviettes » ? Autant de questions qui entourent ce dossier. Sachant que l’Algérie, lourdement sanctionnée à hauteur de près de 100 000 dollars pour des faits mineurs, le Maroc doit répondre logiquement du chaos qui a régné pendant la finale.
La CAF rendra son verdict ce jeudi. Plus qu’une simple décision disciplinaire, c’est le peu de crédibilité qu’il lui reste qui se joue dans ce dossier explosif.
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