Selon des sources concordantes, Walid Regragui n’est plus le sélectionneur du Maroc. Malgré un bilan (très) positif et qui ne compte que très peu de contreperformances, le technicien abdique face à la dure loi du football. Cette dernière veut que certaines défaites, quand bien même peu nombreuses, peuvent faire oublier des moments de gloire. Ainsi, le Marocain subit – quelque part – le même sort que Djamel Belmadi avec l’Algérie. Comparaison.
Le parallèle est inévitable en tenant compte des similitudes du bilan. Comme Belmadi avec le sacre à la CAN 2019, Regragui a connu un point culminant lors de son passage sur le banc des Lions de l’Atlas. Il s’agit de cette demi-finale historique de Coupe du Monde 2022 au Qatar. Et à un penalty près, celui manqué lamentablement par Brahim Diaz, l’histoire aurait été toute autre. La consécration, que le voisin attendait depuis un demi-siècle, à la CAN 2025 était le point du basculement.
Ce dénouement aurait pu changer le destin. Le revers en finale contre le Sénégal était le dernier clou dans le cercueil d’un entraîneur qui n’a connu que 5 défaites pour 36 victoires et 8 nuls lors de ses 49 matchs (essentiellement à domicile) aux commandes techniques marocaines. Sa moyenne est de 2.37 points pris par match contre 2.18 points/match pour Belmadi qui a dirigé les Verts à 65 reprises pour un bilan de 42 victoires, 16 nuls et 7 défaites.
La différence : Belmadi a eu deux sursis et Regragui un seul
Pour Belmadi, il y a eu 2 déroutes marquantes : celle contre le Cameroun et celle face à la Mauritanie. Celle infligée par les Mauritaniens en Côte d’Ivoire était fatale. Auparavant, il a pu survivre à la grosse désillusion contre les Camerounais lors de la dernière étape de qualification au Mondial 2022 devant le public algérien au stade Mustapha Tchaker (Blida). Après cette soirée hitchcockienne, il a poursuivi son aventure Dz. C’était son deuxième sursis après l’élimination surprenante dès le premier tour à la CAN 2021. Pour le coup, le sacre à la CAN 2019 avait servi d’amulette puis de bouclier contre les Lions Indomptables.
En voyant les deux destins de plus près, on remarque que les bilans comptables sont largement positifs. Toujours est-il que le coefficient d’émotions peut amplifier certaines défaites pour qu’elles pèsent sur la balance du sort. Après, on peut relever que la Fédération algérienne de football (FAF) a montré plus de considération pour les accomplissements de Belmadi en lui donnant l’opportunité de se racheter. Pour sa part, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et Fouzi Lekjaâ ont fait semblant de soutenir Regragui alors que son sort était déjà scellé. La mise ratée à la CAN 2025 a fait de lui le bouc-émissaire et son successeur a déjà été désigné.
