Le Paradou AC et l’Algérie voient filer une nouvelle pépite avec Yacine Abed (16 ans) qui va – incessamment et selon toutes vraisemblance – concrétiser son arrivée à Al Ahli Doha (Qatar). Avec un vulnérable contrat aspirant, qui ne protège pas vraiment les intérêts du PAC, qui n’aura rien en contrepartie de ce départ (ce qui reste injuste dans l’esprit et ingrat de la part du clan du joueur), et n’assure pas de gains conséquents pour l’ailier gauche, les Qataris ont juste eu besoin de proposer un train de vie décent à Abed et sa famille pour contourner le règlement des transferts. Au terme de ce processus, une naturalisation est à envisager. Détails.
Après Mohamed Rafik Omar parti vers Al Shamal SC en février 2023, les sélections de jeunes de l’Algérie n’ont pas stoppé la fuite. En effet, grâce à son éclosion à la CAN U17, Abed a vu le Qatar jeter son dévolu sur lui en lui proposant de signer à Al Ahli Doha.
Dans un premier temps, le Paradou AC a réagi et contesté la manouvre en rappelant que “les transferts internationaux de mineurs de moins de 18 ans sont strictement encadrés par les règlements de la FIFA.” Ce qui est – en partie – vrai. Cependant, les Pacistes et Abed n’ont pas de contrat professionnel en bonne et due forme qui garantisse l’immunité contre ce type de “détournements”.
1 million d’euros pour le père, un boulot à 5 000 euros/mois et la famille à l’abri
D’ailleurs, les personnes (agent franco-algérien installé dans le Nord de la France) qui ont organisé ce transfert n’avaient qu’à passer par la porte de derrière pour rendre le “move” possible. Pour cela, il suffit juste d’entamer un changement de résidence de la famille. Ainsi, le “regroupement familial” permet de neutraliser toute contestation de la part de la Fédération algérienne de football (FAF) et du team de Hydra auprès de la FIFA.
D’ailleurs, on apprend que le père du joueur a accepté – sans sourciller – de se rendre avec l’ensemble de sa famille au Qatar. Sachant que Yacine est encore mineur, son parent peut avoir son mot à dire dans ce cas. Quand on a une situation sociale et professionnelle juste décente et qu’on se voit offrir 1 million d’euros d’un coup, il est normal de mordre à l’hameçon. En plus de cette grosse prime, le papa aura une fonction et un salaire de 5 000 euros/mois. Quant au frère, il aura une prise en charge totale pour les études. C’est tout le monde qui en profite. Que demander de plus ?
Salaire évolutif de 35 000 euros/mois et grosse prime de naturalisation
Pour sa part, Abed aura 35 000 euros/mois pour commencer avec une clause qui lui interdit d’aller en Europe lors de ses premières années. Ses émoluments sont – bien évidemment – évolutifs. Ils seront assortis d’une (très) éventuelle prime de naturalisation si jamais il intègre la sélection qatarie plus tard. Ce qui reste fortement envisageable. Quand bien même les Qataris feignent de laisser le camp d’Abed décider s’il va opter pour les Verts ou Al Annabi plus tard. Néanmoins, quand on voit comment ils ont réussi à appâter le clan Abed, on peut craindre qu’on s’achemine vers une naturalisation inéluctable sur le moyen terme.
D’ailleurs, en évoquant ce détail, il est utile de mentionner que la FAF continue d’envoyer des convocations à certains joueurs algériens qui exercent au Qatar. Ce concernant, on notera que la liste élargie de Brahim Hemdani comptait Abdessamad Bounaceur (21 ans/ex USM Alger) qui n’a pas donné suite à la convocation (et ce n’est pas la première fois) car il vise une naturalisation après avoir signé à Al Sadd SC en juillet 2024. Dans tout ça, on se rend – encore une fois – compte que les joueurs à fort potentiel ne sont pas protégés ou verrouillés de sorte qu’ils ne deviennent pas des cibles faciles pour ce genre de projets. La FAF devrait peut-être penser à offrir des contrats spécifiques pour les internationaux jeunes avec leurs clubs. Autrement, on n’est pas à l’abri d’autres coups de filets avec les lois permissives en vigueur.
