Conflit MJS – COA : Ould Ali – Berraf, le « trashtalking » se poursuit

L’imbroglio persiste toujours. Jusqu’à hier soir, on a cru que les esprits se sont, quelque peu, apaisés. Mais ce n’était qu’une accalmie de façade. El-Hadi Ould-Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports, avait pris un autre ton pour évoquer le conflit entre son département et le Comité Olympique algérien que préside, le très contesté, Mustapha Berraf. Ce dernier devrait « faire preuve de sagesse en faisant passer l’intérêt du sport national avant le sien » et laisser son poste. Plus une imploration qu’une menace. Mais le visé ne l’a pas entendue de cette oreille en répondant sèchement au membre du gouvernement !

El Hadi Ould-Ali avait l’habitude de charger Mustapha Berraf mais, samedi soir, à l’occasion de la cérémonie organisée par la wilaya d’Alger pour honorer les sportifs lauréats de la capitale au cours de l’exercice 2016-2017, il semblait très zen et moins « saignant » lorsqu’il a parlé de la crise entre sa tutelle et le COA. « Si j’étais à la place de Berraf, j’aurais déjà plié bagage pour éviter au sport national cette situation de blocage qui l’expose désormais à un avenir incertain. On a tous vu comment l’assemblée générale élective s’était déroulée, et le fait que la quasi-totalité des présidents des fédérations refusent d’intégrer le bureau exécutif du Comité olympique et recourent au Tribunal arbitral sportif (TAS), devrait donner matière à réfléchir au président du COA », a estimé l’homme « fort » de la bâtisse située à la Place 1er mai 1945. Plutôt un conseil que la traditionnelle réprimande. Les prémices d’un aveu d’impuissance face à son « rival » de l’instance morale du sport DZ ? On ne le sait pas encore. En tout cas, il faut rappeler le président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach, ainsi que celui de l’ACNOA, Lassana Palenfo, avaient félicité Berraf pour sa reconduction au poste. Des appuis de qualité dans la quête de conformité.

Berraf enfonce le clou

De son coté, Mustapha Berraf, dans une déclaration faite au site TSA, a répondu à la « sommation » d’Ould-Ali en disant n’avoir « aucun commentaire à faire (quant à cette demande de départ lancée par le ministre). Personne n’est à ma place». En outre, il rappelle qu’il a été « élu démocratiquement devant cinq chaînes de télévision et devant tous les sportifs algériens». Mieux encore, Berraf n’a pas hésité à enfoncer un peu plus le clou en se montrant un brin ironique. « Comme il n’est pas à ma place. Comme il n’a pas été élu démocratiquement par le mouvement sportif national, je n’ai rien à lui répondre. J’en ai à répondre que devant notre assemblée générale qui se tiendra en mai 2018. J’ai été élu démocratiquement. Pourquoi je partirais ? Pourquoi il (El Hadi Ould Ali) veut se mettre à ma place ? Il n’a qu’à faire son travail et être à sa place », a-t-il précisé non sans rappeler qu’« il y a des institutions, des règles, des lois et des règlements dans ce pays que chacun de nous doit respecter quel que soit sa position hiérarchique dans le gouvernement ou ailleurs ».

Verdict du TAS rendu le 20 juillet

Cependant, Ould Ali croit fort en le Tribunal Arbitral du Sports algérien (TAS) pour enlever la légitimité au boss du COA. La décision de l’organe juridictionnel ne devrait pas tarder à être prise. D’autant plus qu’elle a « longtemps traîné », juge le « number one » du MJS, depuis que la chambre a été saisie, le 07 juin dernier, par les 38 représentants de fédérations contestatrices de la réélection de Berraf. « J’ai rencontré le président du TAS, Me Bachi, et je lui ai demandé d’annoncer la décision du tribunal, soit en déboutant les fédérations ou en leur donnant gain de cause. Ce n’est pas normal de laisser traîner l’affaire tout ce temps » avait indiqué Ould-Ali mercredi passé.

Seul problème, le patron du TAS algérien a eu la bénédiction de Berraf « himself » pour exercer ses fonctions au sein de la structure arbitrale. L’institution juridique pourrait ne pas donner gain de cause aux plaignants et confirmer Berraf à son poste. « L’affaire a été mise en délibéré, et le verdict est attendu selon mes informations pour le 20 juillet », a révélé, il y a 4 jours, ce dernier. C’est pour dire que le contesté suit cette affaire de très près. Qu’il est, surtout, mieux renseigné sur l’état de la « plainte » déposée contre lui. En tout cas, nous sommes à 4 jours d’une décision cruciale pouvant tout remettre en cause rendant la crise plus latente et sans issue.

Mohamed Touileb, La Gazette du Fennec

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