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Youcef Belaïli-Al Ahli SC : Une incompatibilité prévisible

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En conflit avec sa direction depuis plusieurs mois, Youcef Belaïli a été la cible de vives critiques de la part de Tarek Kial, directeur du football d’Al Ahli SC. Retour sur une situation somme toute vouée à l’échec.



La carrière de Youcef Belaïli est très loin d’être un long fleuve tranquille. Annoncé comme le plus gros talent de sa génération en Algérie, le natif d’Oran s’est exilé dès l’âge de 20 ans en Tunisie après cinq années passées entre le RCG Oran, le MC Oran sans oublier le CA Bordj Bou Arreridj et alors même qu’un contrat au SM Caen (Ligue 2) l’attendait. Prémices d’une flopée de mauvais choix sportifs?

Un retour à l’USM Alger et une suspension de deux ans plus tard, Youcef Belaïli tente de se relancer au SCO d’Angers après avoir raté une signature à Montpellier des suites d’une blessure. Cependant, l’aventure en Anjou tourne au vinaigre (trois matchs en réserve et 45 minutes en Coupe de la Ligue) et l’ancien Usmiste n’y restera que quatre mois. Retour à l’Espérance de Tunis pour celui qui avait déjà évolué avec les Sang et Or de 2012 à 2014. Assurément le choix le plus payant de sa carrière.

Entre triomphes et gestion sportive illisible

Un an et demi en Tunisie, cinq titres remportés, 62 matchs (17 buts et 7 passes décisives), le retour de Belaïli au Taraji est une énorme réussite. Pendant ce temps, Djamel Belmadi est nommé à la tête de l’Équipe nationale et a, dès son intronisation, une idée en tête à propos de l’Oranais. Dans un entretien pour la Radio Chaine III, le coach des Verts était revenu sur le cas de l’ailier gauche : « Je vais vous faire une confidence. Lors de mon premier rendez-vous de travail avec le président Zetchi à Paris, on échange pendant 7 heures sur le travail à mettre en place. Puis vers 1 h du matin, je lui pose une question qu’il n’a compris qu’avec le temps, je lui dis : « Youcef Belaïli, est-il blacklisté au niveau de l’État ? Je ne sais pas, peut-être pour donner un exemple à la jeunesse. Là, il me regarde, et je vois qu’il se dit pourquoi il me parle de Belaïli. Il n’existe même plus. Il est hors des radars. Et puis, il me répond, non, on n’a jamais reçu aucune instruction à son sujet. Il me répète, non, non pas blacklisté. Il me demande pourquoi ? Je lui dis qu’on lui expliquera plus tard… Au 1er août 2018 ».

La suite appartiendra à l’histoire. Youcef Belaïli remporte la Coupe d’Afrique des Nations 2019 en étant l’un des joueurs majeurs de l’effectif algérien. Malgré une compétition de haute volée, les offres peinent à arriver pour le Fennec notamment du fait que de nombreuses personnes interviennent en son nom afin de le proposer à plusieurs clubs à travers l’Europe. Comme gage de sérieux, on a déjà vu mieux. On peut également ajouter une très nette sous-estimation (sportive, financière) des joueurs maghrébins au sein des clubs européens. Quelques intérêts de la part de Nîmes et Angers mais rien de concluant pour le double champion d’Afrique des clubs qui décide finalement (ou fatalement?) de rejoindre l’Arabie Saoudite où Al Ahli SC débourse 3 millions d’euros pour s’attacher les services du joyau d’Oran. Malgré un salaire conséquent (environ 250 000$/mois), l’Algérien ne semble pas motivé et enthousiasmé par le projet du club saoudien. Ses performances en demi-teintes (une seule passe décisive sur les dix premiers matchs avec Al Ahli) et son attitude sur le terrain montrent que le Fennec regrette peut-être déjà de ne pas avoir opté pour un environnement beaucoup plus stimulant sportivement. Le joueur de 28 ans semble tiraillé entre l’envie de montrer ses qualités indéniables sur le vieux continent et l’appât du gain généré par les gros contrats financiers du Moyen-Orient.

Une relation tumultueuse

Et les tensions entre l’ancien angevin et le club saoudien ne tarderont pas. Remplacé par son coach à l’heure de jeu face à Al Ittihad (31 octobre 2019), Youcef Belaïli montre ouvertement son mécontentement. D’abord sur le bord du terrain puis dans une déclaration d’après-match : « Je ne suis pas du tout sous pression. Je suis un joueur de l’équipe nationale d’Algérie et j’ai gagné tous les titres avec mon ancien club l’Espérance de Tunis.  Il y a plein de choses qui ne me plaisent pas au sein de la maison Al Ahli. J’en parlerai à la direction du club ». On dit souvent que l’argent ne fait pas le bonheur, en voici encore un exemple parfait. De plus, après une saison 2018-2019 avec une cinquantaine de matchs au compteur, le numéro 8 de l’EN doit faire face à quelques pépins physiques et traîne son spleen jusqu’à l’ouverture du mercato d’hiver.

Un mercato d’hiver 2020 qui voit le Nîmes Olympique de Réda Hammache revenir à la charge (offre de 2,5 millions d’euros) pour celui qui aurait pu découvrir l’hexagone bien plus tôt (épisode du SM Caen). De son côté, Youcef Belaïli est prêt à tout pour quitter le royaume saoudien mais sa direction s’y oppose fermement et repousse les avances du club occitan. Le champion d’Afrique 2019 est lié avec Al Ahli SC jusqu’en 2022 et n’a pas vraiment de marge de manœuvre. De quoi tendre encore un peu plus les relations entre les deux parties. La seconde moitié de saison de la Saudi Professional League débute et l’Algérien n’est pas du tout à son aise en Arabie Saoudite. Dans le même temps, nous vous révélions début mars une offre d’Al Duhail (Qatar) aux alentours de cinq millions d’euros mais la pandémie du Coronavirus a complètement chamboulé le monde du football.

Un départ désormais inéluctable

Un bras de fer est définitivement engagé lorsque Youcef Belaïli prend la décision, à juste titre, de mettre son club en demeure pour deux mois de salaire non perçus. Dans le même temps et suite à l’arrêt des compétitions, le Fennec quitte le royaume saoudien pour rejoindre l’Algérie sans l’autorisation préalable de ses dirigeants. Le guerrier du désert n’a plus la tête en Arabie Saoudite et le fait savoir en exclusivité pour La Gazette du Fennec : « Ma prochaine destination sera l’Europe mais je ne peux pas en dire plus pour le moment » déclare-t-il. Problème, avec Youcef Belaïli et son entourage, la vérité du jour n’est pas forcément celle du lendemain, et cette gestion approximative ne rend pas service au joueur sur le marché des transferts. Alors que Galatasaray serait entré en discussions avec l’entourage de l’ancien du CABBA au début du mois de juillet (source : Footmercato), la reprise du championnat saoudien est programmée pour le 4 août et Al Ahli compte bien sur son élément pour terminer au mieux sa saison.

Ainsi, le board d’Al Raqi a tout d’abord mis un membre du staff technique à disposition de son ailier gauche sur la demande du coach Vladan Milojevic. Le club de Djeddah a, par la suite, réservé un avion privé pour rapatrier l’Oranais mais ce dernier a refusé de quitter le territoire national. Une décision provoquant la colère de la direction qui a tout d’abord déclaré qu’elle « prendra les mesures disciplinaires nécessaires » avant de s’exprimer ce jeudi par la voix de son directeur du football, Tarek Kial : « Youcef Belaili n’est pas un joueur sérieux, même l’entraîneur m’a dit qu’il n’était pas sérieux. Nous n’avons pas besoin de faire venir des stars, nous avons besoin de joueurs prêts à se battre sur le terrain » s’est-il insurgé face aux médias saoudiens. À l’heure actuelle, les deux parties ne semblent pas vouloir lâcher du lest et on voit très mal comment Youcef Belaïli pourrait évoluer une saison de plus avec Al Ahli SC. Entre des dirigeants orientaux réputés intransigeants et un joueur influencé par un entourage qui ne se laisse pas dicter les choses, le mariage semblait mort-né dès le départ. Quoi qu’il advienne, le Fennec devra rapidement trouver une solution si il ne veut pas voir sa place de titulaire en Équipe nationale être fortement contestée.

Les propos de Tarek Kial sur Youcef Belaïli : 




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