Quoi que l’on puisse dire, c’est un nom important du football algérien. Comment ne serait-ce pas le cas alors qu’il est l’auteur du mémorable et unique but qui avait permis à l’Algérie de décrocher le sacre à la CAN 2019 en Egypte face au Sénégal. Baghdad Bounedjah (34 ans) n’est pas n’importe qui chez les Verts. Il est l’un des joueurs les plus capés de l’histoire (7e, 85 apparitions) en plus d’être le 4e meilleur buteur (35 pions) et le 4e meilleur passeur (12 offrandes). Excusez du peu. Malgré cette “légitimité historique”, Vladimir Petkovic a décidé de ne pas l’appeler pour le début du stage de l’EN en préparation de la Coupe du Monde 2026. Un verdict qui n’a – à juste titre – pas manqué de faire réagir.
Certes, le rajeunissement est inévitable et le changement de cycle reste une finalité dans le football. Les “vestiges” de l’ère Belmadi sont toujours là. S’ils sont restés après le départ de sélectionneur c’est qu’il y avait des raisons techniques qui confortent certaines présences comme celles d’Aïssa Mandi, Ramy Bensebaïni ou Riyad Mahrez.
Cet après-midi du 24 décembre 2025 lui a été fatal
Le poids de l’âge est là pour certains d’entre eux. Pour d’autres, c’est l’ancienneté qui peut pousser à râler ou à manifester la frustration d’une manière plus ostentatoire. On pense notamment à cette scène de Bounedjah qui quittait la pelouse en colère après le match d’ouverture de l’Algérie face au Soudan… parce qu’il n’avait pas marqué alors qu’il y avait un large succès (3-0). L’agacement, à l’égard d’Adil Boulbina qui ne l’a pas servi sur une action, n’a pas plu à Petkovic. La suite l’a bien démontré.
En tant qu’avant-centre, le pensionnaire d’Al Shamal SC sait qu’il doit nourrir son crédit avec les buts. Il avait oublié que son point fort était aussi son altruisme et son travail pour l’équipe avec son pressing constant devant et sa manière de remiser et faire les décalages. On parle d’un superbe footballeur avant d’être baroudeur. D’ailleurs, dans ladite rencontre, il avait offert le premier but en carrière internationale à Ibrahim Maza d’une astucieuse passe de la tête. Il aurait pu savourer cela mais Bounedjah voulait absolument faire trembler les filets. On peut le concéder : ce n’était pas la bonne attitude.
Plus bas taux de défaites en sa présence
Par ailleurs, il aurait dû s’en tenir au fait que les Verts sont plutôt en réussite quand il est là. Avec lui sur le terrain, El-Khadra est moins exposée à la défaite. Avec la tunique Dz, l’ancien sociétaire d’Al Sadd SC n’a concédé que 13 revers pour 55 victoires et 17 nuls. C’est le taux le plus bas pour les joueurs ayant dépassé les 80 capes. Seul Ramy Bensebaïni (81 sélections) fait aussi bien avec 54 succès et 15 nuls.
Clairement, Bounedjah est un élément important pour le dispositif. Eric Chelle, coach du Nigéria, l’avait relevé et reconnu qu’il aurait joué différemment l’Algérie en 1/4 de finale de la CAN 2025 avec la présence du fer de lance dans le onze. Pour leur part, Amar Ammour ou encore Karim Matmour ont confirmé cela en énumérant toutes les qualités qui font que Bounedjah soit un indispensable et un Mondialiste légitime. Toujours est-il que Petkovic doit avoir ses raisons pour le laisser à quai. C’est la réalité à laquelle il faudra s’en tenir. Baghdad n’est plus capital.
