Battues en demi-finale par le Malawi (3-1) dans une rencontre explosive marquée par l’expulsion très contestée de Morgane Belkhiter et la présence polémique d’Issa Sy à la VAR, les Algériennes manquent la finale. Mais après trois ans de travail acharné et un billet pour le Mondial 2027 en poche, les Vertes quittent le dernier carré la tête haute.
Vingt et une minutes. C’est le temps qu’il aura fallu pour que cette demi-finale de la CAN-2026 bascule dans l’irrationalité. Jusqu’à cette action axiale sans grand danger apparent, les joueuses de Farid Benstiti contrôlaient les débats, imposant un pressing haut et une circulation fluide. Puis la rencontre a définitivement déraillé.
Sur une transition malawite, Morgane Belkhiter accroche involontairement la cheville de son vis-à-vis à 30 mètres de ses buts. L’arbitre centrale siffle faute et coup franc pour le Malawi. C’est alors que le car de la VAR s’invite dans le match. Aux commandes du visionnage vidéo : le Sénégalais Issa Sy, dont le passif avec le football algérien pèse déjà lourd depuis la CAN 2025 face au Nigéria.
Après appel au moniteur, le couperet tombe : carton rouge direct pour Belkhiter. Une décision incompréhensible qui bafoue la Loi 12 de l’IFAB sur l’anéantissement d’une occasion de but nette (DOGSO). Pour sortir le rouge, quatre critères doivent être réunis. Sauf qu’au moment de la faute, Roselène Khezami couvrait à la même hauteur, parfaitement dans le tempo pour intervenir. Belkhiter n’était en aucun cas la dernière défenseuse. En présence d’un second rideau, le règlement FIFA impose le carton jaune. Issa Sy et l’arbitre centrale en ont décidé autrement.
Le Malawi profite du chaos
Désorganisées par leur infériorité numérique, les Vertes connaissent alors quelques minutes de flottement. Le Malawi n’attend pas davantage pour appuyer là où ça fait mal. Les espaces s’ouvrent, les transitions deviennent plus tranchantes. En quelques minutes, les Malawites frappent à deux reprises et prennent le large. 0-2.
Le coup est terrible pour l’Algérie, qui venait pourtant de maîtriser les vingt premières minutes. Mais cette équipe a montré durant toute cette CAN qu’elle avait du caractère. Même réduites à dix, les Vertes ne renoncent pas.
Les Vertes refusent de rendre les armes
L’Algérie avance malgré le désavantage numérique. Les lignes remontent, les attaques se multiplient et le Malawi commence à subir. Les joueuses de Benstiti mettent toute leur énergie dans la bataille, conscientes qu’un but peut encore totalement relancer la demi-finale. Un premier signal vient de Melissa Bethi, qui se débarrasse de toute la défense avant de voir son tir rasé le poteau droit de la gardienne adverse.
Les Vertes réduisent l’écart et se remettent à croire à l’impossible. Le Malawi recule, l’Algérie insiste. Pendant de longues minutes, la qualification semble encore pouvoir basculer. Mais cette volonté de revenir a un prix : il faut se découvrir. À la 76e minute, alors que les Algériennes ont projeté leurs forces vers l’avant, le Malawi récupère le ballon et part en contre. La transition est immédiate. Le troisième but vient sanctionner l’ouverture du bloc algérien : 3-1.
Une page d’histoire déjà écrite
La déception est immense, forcément. L’Algérie était à quatre-vingt-dix minutes d’une première finale historique. Elle devra finalement se contenter du match pour la troisième place. Mais cette élimination ne doit pas faire oublier l’essentiel. Cette CAN a déjà changé le statut des Vertes.
Après trois années de travail sous la direction de Farid Benstiti, l’Algérie a franchi un cap considérable et surtout décroché la première qualification de son histoire pour une Coupe du monde féminine. En 2027, les Algériennes seront au Brésil.
Il reste désormais une dernière bataille au Maroc. Samedi, les Vertes affronteront le perdant de Maroc-Cameroun pour tenter d’aller chercher la médaille de bronze.
