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Élections CAF : Motsepe et le protocole de Rabat, l’ingérence humiliante de la FIFA

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L’élection du candidat Sud-africain Patrice Motsepe se précise davantage à la CAF ! Après une réunion au sommet à Rabat entre les différents protagonistes, un consensus a été trouvé entre les candidats à la présidence de la CAF sous l’impulsion du Marocain Fouzy Lekjaa et avec la bénédiction de la FIFA. Malgré la résistance du candidat ivoirien Jacques Anouma, le « protocole de Rabat » devrait être validé à la fin de cette semaine à Nouakchott à l’occasion de la finale de la CAN U20 qui se joue en Mauritanie.

C’est un secret de polichinelle, Patrice Motsepe succèdera à Ahmad Ahmad. Après la tournée africaine de Gianni Infantino et son étape cruciale à Rabat, le puissant patron de la FIFA a convaincu ses « sujets » africains de se mettre d’accord pour favoriser l’élection du milliardaire sud-africain Patrice Motsepe à la tête de la CAF. Selon plusieurs sources concordantes, après une réunion qui s’est tenue lundi à Rabat, en présence du Marocain Fouzy Lekjaa dans le rôle de metteur en scène, les 4 candidats africains aux prochaines élections de la CAF ont passé un accord secret qui torpille le jeu démocratique.

Ainsi, il a été décidé purement et simplement de placer Patrice Motsepe, le candidat sud-africain, à la tête de l’instance dirigeante du football africain. En renonçant à leur candidature, le Sénégalais Augustin Senghor serait nommé premier vice-président et le Mauritanien Ahmed Yahya, 2e vice-président. Le dernier candidat, à savoir l’Ivoirien Jacques Anouma, lui, serait nommé Conseiller spécial du président tout en conservant son statut d’ambassadeur de la FIFA. Cette dernière souhaite en effet tourner la page Ahmad Ahmad en plaçant une personnalité « propre » qui n’a pas été impliquée dans les affaires de l’équipe sortante. Selon Gianni Infantino, un tel profil permettra à la CAF d’attirer de nouveaux sponsors et fera oublier l’image écorchée qu’a laissé le Malgache oubliant au passage que ce dernier était pourtant téléguidé par le Marocain Lekjaa, décidément dans tous les bons coups.

Anouma hésite, la FIFA lui balance une enquête

Cet arrangement douteux n’est toutefois pas encore finalisé. « C’est un accord de principe qui a été trouvé », a expliqué Jacques Anouma après la rencontre à Rabat entre les trois candidats ouest-africains, à l’invitation du président de la fédération marocaine. »Il faut que nos pays l’acceptent et le valident. On s’est donné jusqu’au 5 mars pour que cet accord soit validé ». Pas totalement convaincu par le procédé anti-démocratique, le candidat ivoirien explique que le « procès verbal qui a été paraphé » à l’issue de cette réunion de Rabat « ne devait être connu par personne ». « Je suis choqué. On met plus en avant une distribution de postes qu’un accord pour aller vers l’unité. On a l’impression qu’on a sacrifié l’Afrique sur l’autel de nos ambitions personnelles », a pesté Anouma, qui doit d’abord valider cet arrangement avec la présidence de son pays qui a investit plus de 15 millions de dollars pour sa campagne.

Comme par enchantement, ce financement étatique a suscité une réaction de Zurich qui a interrogé le candidat ivoirien sur la provenance de ces fonds. Une tentative d’intimidation qui n’effraie pas le candidat de 69 ans, qui menace ainsi de faire cavalier seul et rejeter ce « protocole » de Rabat. Pour lui, « on peut sortir d’un accord. Si mes électeurs, ma base et les autorités me disent, cela ne nous intéresse pas, allons à des élections, je ne fuirais pas mes responsabilités ». Et « si on n’est pas d’accord, la seule manière de nous départager est l’élection, qui est démocratique », or « ce qui se passe n’est pas trop démocratique, on impose aux électeurs un schéma. Qui vous dit qu’ils sont preneurs ? », s’est-il interrogé.

Lekjaa grand gagnant, Zetchi inexistant

L’insistance de la FIFA à contrôler les élections de la CAF est évidement stratégique. Avec ses 54 Fédérations (sur 211 dans le monde), la CAF joue un rôle prépondérant dans les élections présidentielles de la FIFA. Déjà élu grâce à l’Afrique en février 2016 (avec le rôle important de Mohamed Raouaoura), Gianni Infantino entend briguer un second mandat à la tête de la FIFA et pour cela il doit forcément maitriser la CAF en plaçant son propre « poulain ». C’est à ce titre que deux représentants de Gianni Infantino, à savoir le Congolais Véron Mosengo-Omba (directeur de la division Associations membres de la FIFA) et le Suédois Mattias Grafström (principal assistant du Président de la FIFA), étaient présents à Rabat pour participer à ce marchandage inédit et qui ne pourrait exister sur un autre continent. « L’idée de la FIFA est de mettre ensemble les quatre candidats, sous l’égide du Maroc, pour qu’ils se mettent d’accord pour un programme commun, et désigner parmi eux un seul candidat » comme l’explique à l’AFP le conseiller d’un des candidats. « Motsepe a le plus mauvais profil des quatre, ce ne serait qu’une marionnette », assure ainsi Bacary Cissé, patron de l’hebdomadaire sportif du Sénégal Record. « La FIFA veut le parachuter sur le foot africain ».

Après la rencontre de Rabat, chaque candidat est ainsi rentré dans son pays pour des consultations. Ces « patrons » du football africain devraient se retrouver dès ce week-end à Nouakchott lors de la finale de la CAN-U20, pour arrêter un choix définitif avant l’élection du 12 mars. Par ailleurs, et pour tous ces bons offices, Fouzi Lekjâa, président de la FRMF et candidat à un poste au Conseil de la FIFA serait garantie d’atteindre son objectif tout en gardant son pouvoir d’influence. Après l’éviction humiliante du candidat algérien Kheireddine Zetchi, le Marocain serait totalement assuré d’un siège au conseil de la FIFA en compagnie de l’Égyptien Hany Abou Rida. Encore une fois, l’Algérie est totalement hors-jeu dans ce jeu de coulisse et assiste en simple spectateur au déroulement de ces élections de la CAF.

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