Youcef Belaïli, le phœnix renait toujours de ses cendres

Youcef Belaïli, le natif d’Oran, est ce qu’on appelle dans le jargon du football, un miraculé. Considéré comme un véritable prodige dès son plus jeune âge, l’international algérien de 27 ans est passé par bien des galères avant de retrouver la lumière durant cette CAN 2019 où il s’est imposé comme un titulaire en puissance dans les plans de Djamel Belmadi. Retour sur la carrière mouvementée de l’enfant terrible du football algérien !

On lui prédisait un avenir des plus radieux lorsqu’à 15 ans il quitte son club formateur le RCG Oran pour rejoindre le prestigieux MC Oran. On pensait que la locomotive était sur les rails mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Jeté (trop) jeune dans un grand effectif, il est parti monnayer son talent au CA Bordj Bou Arreridj (D1 algérienne) qui lui offre un salaire déjà mirobolant pour son jeune âge. A 18 ans à peine, loin de la famille et de ses repères, le jeune Youcef déchante dans le club de l’est algérien. Il n’y a joué que 4 matchs avec zéro but au compteur. Son talent est repéré par le club voisin, l’ES Sétif, qui arrache sa signature. Mais par un tour de passe-passe avec Abdelhakim Serrar, son père protecteur Hafid Belaïli parvient à le rapatrier à Oran.

A partir de là, le MC Oran ne lâche pas sa pépite. En 2010, avec l’entrée en vigueur du professionnalisme en Algérie, le club veut revenir en force au premier plan et fait appel à ses enfants. Chérif El Ouazani devient entraineur et bien sûr Belaili est dans l’effectif. Sous la houlette de l’ex international algérien, le jeune Belaili commence à se faire un nom. En deux saisons, il joue 47 matchs et marque 16 buts. Il intègre entre temps la sélection Olympique sous les ordres de Azzedine Aït Djoudi (surclassé de 3 ans !) qui le place véritablement sous les projecteurs de la CAN U23 au Maroc.

A 19 ans il refuse l’Europe pour la Tunisie !

Le phœnix est là ! Il a à peine 20 ans et les regards sont déjà braqués sur lui. Le Stade Malherbe de Caen, qui ne parvient pas à lui obtenir son visa d’entrée en France, dépêche son directeur sportif à Oran pour lui apporter un contrat professionnel de 4 ans et un maillot floqué du n°10 pour attirer le jeune prodige. Mais les plus grands clubs du Maghreb se l’arrachent aussi. Finalement, il signe à l’Espérance Sportive de Tunis qui met le paquet financièrement (premier contrat à 35 000 euros par mois) pour attirer le successeur désigné de Youcef M’Sakni. Il y joue 55 matchs pour 10 buts marqués. Son palmarès s’étoffe (champion de Tunisie en 2012 et 2014) et il joue une finale de ligue des champions africaine (perdue contre El Ahly en 2012). Il remporte l’honorifique trophée  de meilleur espoir algérien 2012 délivré par le journal El Heddaf-Le Buteur. Il est même élu meilleur joueur de l’ES Tunis pour la saison 2012-2013.

Brutale descente aux enfers !

Ali Haddad, le président de l’USM Alger, veut voir son club devenir le plus grand d’Algérie et même d’Afrique. Il recrute les meilleurs joueurs du championnat et c’est en toute logique qu’il fait appel à l’Oranais. En 2014, en fin de contrat avec l’ES Tunis, Belaili revient donc dans le championnat algérien en tant que star de l’USMA pour un salaire mirobolant. Le début de saison se passe bien. Il est à la hauteur des espérances placées en lui, même si quelques pépins physiques ralentissent sa progression. Il est au sommet de son art. Aussi, en mars 2015, le français Christian Gourcuff, sélectionneur des Verts, le convoque pour la toute première fois. Ironie du sort, c’est contre le Qatar de Belmadi qu’il connait sa 1ère sélection (il avait alors remplacé Slimani).

Mais c’est le coup de tonnerre ! Lors du match de Ligue des champions africaine MC El Eulma – USM Alger, en août 2015, il est contrôlé positif à une substance interdite. Il est de nouveau contrôlé positif une seconde fois lors d’un match du championnat d’Algérie. L’analyse de ses urines révèle la présence de cocaïne. Les faits sont graves conduisant les instances (FAF et CAF) à infliger une suspension de 4 ans et l’USMA résilie logiquement son contrat. Il reconnait avoir fumé de la chicha lors de la fête du club mais précise que tout autre substance avait été prise à l’insu de son plein gré … Le tribunal arbitral du sport (TAS) a reconnu sa bonne foi et a réduit sa suspension à 2 ans. Suspendu et sans club, le joueur semble être perdu pour le football.

Une renaissance chaotique à Angers

De 2015 à 2017, il s’entraine seul. Et à la grande surprise, en août 2017, un club de Ligue 1 française le recrute. Il intègre l’effectif professionnel du SCO d’Angers grâce à la main tendue par le président algérien Saïd Chabane.  Il joue avec la réserve pour une remise en forme. Les mois passent et Belaili ne joue pas ou peu avec les A. Il s’impatiente mais rien n’y fait, son entraineur Stéphane Moulin ne semble pas compter sur lui. Au bout de 6 mois, il prend une décision radicale et décide de plier bagages contre l’avis de ses dirigeants. En plein mercato d’hiver, il débarque au MCA, le rival de l’USMA, sans qu’un accord ne soit trouvé entre les deux clubs concernés.

Mais comme sur la pelouse, Belaili n’est jamais là où on l’attend. Il crochète le Mouloudia et se retrouve en … Tunisie. C’est le retour à l’Espérance de Tunis qui a posé 150 000 euros pour racheter son contrat à Angers ! Dans un contexte qu’il connait bien, il revient petit à petit et enchaine les matchs avec de bonnes performances. En 2018, il est sacré Champion de Tunisie et Champion d’Afrique. Le phœnix renait véritablement de ses cendres. La saison 2018-2019 est toute aussi belle avec un nouveau sacre de champion de Tunisie et un 2ème titre africain (la finale face au Wydad de Casablanca devrait se rejouer) mais surtout un rappel en Équipe nationale d’Algérie.

Rappelé par Djamel Belmadi qui a toujours cru en son talent, il enchaine les bonnes prestations. Si bien qu’à la CAN 2019, il a joué les deux premiers matchs de poule en mettant Yacine Brahimi sur le banc, s’il vous plait. Il marque le but de la victoire contre le Sénégal et permet aux Verts de terminer premier de leur poule.  On ne sait pas de quoi sera fait son avenir mais à 27 ans, rien ne semble plus arrêter Youcef Belaili, le phœnix algérien qui rêve encore secrètement de s’imposer en Europe. Aux dernières nouvelles, un club de Liga espagnol a pris attache avec l’ES Tunis pour racheter sa dernière année de contrat. Tentera-t-il un nouveau pari sportif en Europe ou rejoindra-t-il le Golfe pour un nouveau contrat lucratif ? Tout se décidera après la CAN 2019 en Égypte où il espère encore briller avec le maillot vert. Sacré Belaïli !

Fateh le Coach, La Gazette du Fennec

Bonus – Découverte de Belaïli en décembre 2011 par LGDF !

 


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