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CAN 90 : Il y a 30 ans, l’Algérie décrochait sa première étoile

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can 1990

Il y a 30 ans jour pour jour, l’Algérie de Madjer, Saïb et autre Oudjani remportait son premier trophée continental au détriment du Nigéria (1-0). Retour sur l’un des événements les plus marquant du sport algérien.



C’était un 16 mars 1990 dans un stade du 5-Juillet plein comme un œuf (114 000 supporters présents d’après certaines sources). L’Algérie disputait sa deuxième finale continentale après celle perdue face à ces mêmes Nigérians en 1980 à Lagos (3-0). Une finale qui faisait donc office de revanche pour les Fennecs qui, dans un match assez fermé, parvenaient à l’emporter grâce à un but de Chérif Oudjani sur une passe de Moussa Saïb (38’ ; 1-0).

La fin d’une décennie de disettes

Pour être un bon vainqueur, il faut être un bon perdant. Cet adage s’applique parfaitement à la génération 80 de l’équipe nationale algérienne. Connue pour ses joueurs très doués techniquement (Assad, Belloumi, Madjer, Dahleb, Zidane pour ne citer qu’eux), l’Algérie des années 80 n’avait finalement marqué les esprits que par certains coup d’éclats, et surtout par le beau jeu qu’elle pratiquait à l’époque. Problème, la majorité des observateurs de football (journalistes, éditorialistes, supporters) ne retiennent que les trophées, les lignes au palmarès, quand bien même une victoire face à l’Allemagne Fédérale en phase finale de la coupe du Monde 1982 était un exploit « Historique » en soi.

Finalistes en 1980, quatrièmes en 1982, troisièmes en 1984 et 1988, les Fennecs enchaînaient les bonnes prestations, certes, mais semblaient être voués à l’éternelle place de vaincus. Une présence ininterrompue de 1980 à 1990 en Coupe d’Afrique des Nations qui aurait pu donner de meilleures fins. Le contexte africain n’aidant pas également, comme l’avait si bien rappelé Rabah Madjer. « La finale de 1980? Nous étions obligés de perdre, nous jouions devant 100 000 supporters et le président nigérian ». Alors, simple excuse du perdant ou véritable confidence sur les difficultés à remporter un titre continental en terres étrangères? Il n’en demeure pas moins qu’à chaque édition, ce petit plus manquait aux guerriers du désert pour dominer l’Afrique.

Cette CAN 1990 est donc tout logiquement venue récompenser une décennie de régularité, de bonnes performances mais sans succès. Une aubaine aussi pour le peuple algérien, pour qui le football est bien plus qu’un simple sport.

Une compétition dominée de bout en bout

Et pourtant, cette Coupe d’Afrique des Nations ne débute pas sous les meilleures conditions. Éliminés en novembre 89 par l’Égypte au stade du tour final des qualifications pour la Coupe du monde 1990, l’Algérie doit vite se remobiliser pour cette compétition organisée à domicile. Le sélectionneur Abdelhamid Kermali (qu’Allah lui accorde miséricorde) prit la décision de ne pas sélectionner le leader technique de l’époque, Lakhdar Belloumi, suite aux incidents survenus au Caire quelques mois plus tôt mais également pour marquer un renouveau au sein de l’équipe nationale.

La compétition lancée, le onze algérien se mit en marche tel un rouleau compresseur. Victoire 5-1 face au Nigéria, finaliste de l’édition précédente, lors du match d’ouverture. La Côte d’Ivoire et l’Égypte subissent également la loi des Madjer, Amani et Menad, 3-0 face aux Éléphants et 2-0 face aux Pharaons. Trois matchs de poules et trois victoires, dix buts marqués pour seulement un seul encaissé. L’histoire est en marche. La suite, une demi-finale remportée face au Sénégal, les Lions de la Téranga ont longtemps tenus tête aux Fennecs (1-1 jusqu’à la 62’) mais Djamel Amani offrit finalement la victoire aux siens.

Algérie

La Une du journal El Moudjahid après la demi-finale remportée par l’Algérie.

Le reste appartient à l’histoire, une finale qui restera dans les annales par son importance sportive mais aussi sociale. Dans un pays touché depuis 1986 par une crise socio-économique des suites d’une baisse brutale du prix du pétrole, ce titre est venu telle une bénédiction permettre au peuple de rompre avec ses tracas du quotidien et célébrer « une victoire Historique » dans la joie et la bonne humeur. Pendant des semaines, l’Algérie vivait sur un petit nuage. La magie du football avait fait son oeuvre pour un temps.

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Rabah Madjer soulevant le premier trophée africain remporté par l’Algérie.

Chérif Oudjani, la belle surprise

Dans l’inconscient collectif et à juste titre, les premiers noms de cette équipe victorieuse en 1990 sont souvent les mêmes. Rabah Madjer, Djamel Menad, Abdelhakim Serrar, Moussa Saïb, ces joueurs ont marqué le football algérien par leurs talents que ce soit en équipe nationale ou dans leurs clubs respectifs.

Mais c’est bien un inconnu du grand public au début de la compétition qui deviendra le héros d’une nation, Chérif Oudjani, joueur du FC Sochaux Montbéliard à l’époque, n’est pas vraiment l’attaquant aimé de tous. Surtout après une demi-finale transparente face au Sénégal, l’intéressé se souvient encore : « L’issue de cette finale fut heureuse pour moi, car j’avais raté deux buts faciles contre le Sénégal en demi-finale. Tout le pays voulait me couper la tête. Malgré la pression populaire, le coach national avait su résister pour me maintenir dans le onze titulaire ». Une fin plus qu’heureuse pour celui qui est désormais recruteur en France. D’une frappe du pied droit, il fit chavirer tout un pays et offrit le premier sacre continental à l’Algérie.

D’ailleurs, ce premier sacre ressemble étrangement au deuxième remporté il y a quelques mois en Égypte. En effet, les vainqueurs de 2019 ont inscrit treize buts pour seulement deux buts encaissés tout comme leurs aînés en 1990. Le Sénégal, le Nigéria et la Côte d’Ivoire ont tous les trois été battus lors des deux CAN de 1990 et 2019 avec dans chaque édition deux victoires face à l’un de ces pays (Nigéria en 1990, Sénégal en 2019), sans oublier les scores identiques en demi-finale et finale (2-1 puis 1-0). Enfin, les deux buteurs des finales, Chérif Oudjani et Baghdad Bounedjah ont marqués le même nombre de buts lors des deux compétitions (deux buts inscrits). Destin.

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Les joueurs algériens dans le bus après la victoire face au Nigéria.

Chadli trophee Madjer 1990

Le résumé de la finale Algérie-Nigéria :

 




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