Angers : première convocation en Ligue 1 pour Ould Khaled (19 ans)

Confronté à de nombreux absents (dont Aït-Nouri, El Melali, Loucif) pour le déplacement à Nice, Stéphane Moulin est contraint d’innover, ce samedi soir pour le compte de la 15e journée de Ligue 1. L’entraîneur angevin a ainsi décidé de convoquer le jeune Zinédine Ould Khaled (19 ans), qui fait sa première apparition dans le groupe angevin. Doté d’un grand gabarit (1m95) ce joueur a un profil intéressant de milieu de terrain capable d’évoluer en sentinelle devant la défense.

Présenté comme un joueur ambitieux et très prometteur issu du centre de formation du SCO Angers, le jeune Zinédine Ould Khaled pourrait faire ses débuts en pros à l’occasion du déplacement à Nice pour la 15ème journée de Ligue 1.

« Il est arrivé ici en 2016. Ses premiers mois chez nous ont été compliqués, explique Abdel Bouhazama, le directeur du centre de formation et entraineur de la réserve du SCO. Il éprouvait des difficultés à encaisser la charge de travail. Zinédine était souvent blessé. Nous avons aussi dû travailler sur son comportement. Il avait quelques problèmes avec l’autorité. Mais cela s’est arrangé depuis. Zinédine a bien évolué. Il a bien compris l’exigence et les attentes du milieu professionnel. Pour preuve, il a signé pro à l’intersaison. Ses caractéristiques correspondent à celles recherchées au haut niveau. C’est un joueur longiligne. Il est capable de faire des grosses différences grâce à son physique. Malgré sa taille, il peut aussi casser les lignes par sa qualité de passe. Par contre, il doit progresser sur la rigueur tactique. C’est aussi quelqu’un de polyvalent. Il est formé au poste de milieu de terrain. Il peut jouer en sentinelle, en milieu de terrain offensif et aussi en défense centrale. C’est d’ailleurs à ce poste que l’utilise Stéphane Moulin pour les matches amicaux. C’est un garçon ambitieux. Je sais qu’il fera tout pour gagner sa place en pro. »

>> Bonus – Son entretien pour Onze Mondial :

Enfance 

Comment s’est déroulée ton enfance ?

J’ai grandi à Alfortville dans le quartier des Alouettes. J’ai passé toute ma jeunesse là-bas. J’ai connu une bonne enfance, je suis quelqu’un de très famille. J’avais des parents assez protecteurs, ils ne me laissaient pas beaucoup sortir quand j’étais petit. J’ai pris en maturité assez vite.

As-tu une histoire marquante par rapport à ton enfance ?

En CM1, j’avais appuyé sur l’alarme incendie. Il y a quelqu’un qui voulait m’accuser et je lui ai mis la pression (rires). Du coup, il n’a rien dit et c’est quelqu’un d’autre qui est passé à la trappe (rires).

Comment le foot est venu à toi ?

C’est arrivé assez tard. Je jouais tout le temps dehors. Tout le monde me disait de m’inscrire et moi à l’époque, je ne voulais pas, je prenais du plaisir à jouer dehors avec mes potes. C’est mon père qui m’a inscrit. Je me rappelle qu’il m’avait accompagné la première fois. J’étais venu avec un jogging Go Sport gris, des crampons Atemi (sourire). Une dégaine catastrophique ! Mon premier entraînement était sur un terrain stabilisé, je me rappelle qu’il faisait nuit, j’étais en U11 et on m’avait mis avec l’équipe 3, donc l’équipe la plus nulle. J’ai fait 30 minutes d’entraînement et on m’a directement envoyé avec les 99, les plus grands. De là, je n’ai plus jamais arrêté.

Formation 

Contrairement aux autres joueurs, tu as rejoint un centre de formation sur le tard. Était-ce une frustration pour toi ?

Non et je trouve même que c’est une force. Quand je suis arrivé à Angers, il y avait des joueurs trop robotisés, ce n’est pas mon cas, j’ai toujours joué comme j’avais envie de jouer. J’écoute bien évidemment les consignes du coach, mais je sais faire la part des choses.

Comment as-tu été recruté par le SCO ? Ce n’est que grâce à ton essai ou ils te suivaient déjà ?

Non, ils ne me suivaient pas. Ce sont mes agents actuels qui les avaient contactés. Ils ont appelé le directeur du centre de formation, Abdel Bouhazama, qui a formé beaucoup de joueurs comme Saint-Maximin ou Nicolas Pépé. C’est un bon formateur. Quand je suis arrivé pour mon premier entraînement au centre de formation, il m’avait engueulé. Mes coachs ne m’engueulaient jamais, j’étais toujours le petit chouchou, je n’étais pas habitué à me faire engueuler. J’oublie d’aller à un plot et il commence à crier devant tout le monde : “Oh la merguez”. Le lendemain, j’ai dit à mon ami qu’il fallait que je parte d’ici. Je n’étais pas habitué à me faire crier dessus comme ça. C’est quelqu’un d’archi exigeant mais dans le bon sens. Il a fallu que je m’habitue à ça et ça m’a fait du bien de sortir de mon cocon. Directement, il a su comment me gérer.

Comment décrirais-tu le centre de formation d’Angers ?

On travaille beaucoup et il y a une très bonne ambiance. Je trouve que dans les autres clubs en France, il y a beaucoup de liberté contrairement à nous, mais justement, ça nous force à créer des liens. C’est un centre de formation où tout le monde se respecte. Il y a de bonnes valeurs : solidarité, travail, etc…

Tu as déjà pu discuter avec Stéphane Moulin ?

Non, pas encore, mais j’ai participé à des entraînements avec les pros où il était présent et ça c’était plutôt bien passé.

À quelle occasion ?

Avant d’aller en sélection, c’était en veille de match. C’était il y a un mois et demi. J’ai été bien accueilli par le groupe. Dans le club, il y a une bonne ambiance. De toute façon, ce n’est pas un club où il y a de l’ego.

Tu es d’origine algérienne, comme le président Saïd Chabane, est-ce que ça a pesé dans la balance ?

Pour moi, c’est le terrain qui a parlé. De temps en temps, c’est vrai qu’il peut lui arriver de me parler en kabyle. C’est quelqu’un de droit et de très drôle surtout quand il me parle en kabyle (rires). C’est quelqu’un qui chambre beaucoup, il est très marrant. Par contre, quand il est de mauvaise humeur, il sait être très dur.

Personnalité 

Si tu devais présenter Zinédine, que dirais-tu ?

Je suis quelqu’un de respectueux et drôle. J’aime bien faire rire les gens, j’aime chambrer. Je suis gentil et attachant aussi.

Est-ce que tu es un gros travailleur ?

À la base non, mais cette année, je me suis vraiment mis au boulot. Je vais tout le temps en salle avant les entraînements, j’essaye d’y aller le plus tôt possible et après l’entraînement j’essaye de bosser avec le préparateur physique. L’année dernière, j’avais 17 de VMA, cette année, je suis à 20. Je cours beaucoup plus et j’ai pris en masse même si ça ne se voit pas encore (sourire).

Est-ce que tu as des surnoms ?

Il y a Zizou, Ziné aussi. Mais à Angers, les coachs ne sont pas trop d’accord avec Zizou parce que ce n’est pas encore le moment de m’appeler comme ça (rires).

Zinédine, j’imagine que c’est un hommage à Zidane ?

En 1998, ma mère était enceinte, mais mes parents ne savaient pas encore si c’était une fille ou un garçon. Ma grand-mère a directement dit Zinédine pour le prénom du futur bébé et finalement, c’est une fille qui est née. Du coup ils ont reporté ce prénom sur moi quand je suis né en 2000. Ils n’ont pas hésité. Ma grand-mère voulait même m’appeler Zidane ! Mais mon grand-frère n’était pas d’accord, donc ils m’ont appelé Zinédine.

Quel est ton plus grand objectif ?

J’aimerais jouer au Real Madrid. Je pense et j’espère pouvoir y accéder un jour. Je l’ai même dit au directeur du centre et au coach Abdel Bouhazama. Comme ça, quand je rate un truc à l’entraînement, il me dit : “Toi tu vas jouer au Real ?”, ça me réveille et ça me donne encore plus la niaque.

Comment résistes-tu aux différentes tentations comme les filles, les sorties ou la mauvaise nourriture ?

J’avais un petit téléphone de quartier qui me servait juste pour parler avec mes potes. J’ai toujours été intéressé uniquement par le foot. Je ne m’intéressais pas trop aux filles. Par exemple, sur Instagram je suis 0 fille. Il y a des filles qui viennent me parler mais sans plus. Les sorties, ce n’est pas trop mon truc, je suis quelqu’un de casanier. En revanche, avant, je mangeais vraiment mal.  J’aimais beaucoup les pizzas, les kebabs. Cette année, j’ai fait une croix dessus. Je me surveille beaucoup, le matin j’essaye même de manger des œufs.

Style de jeu

Tu te définis comme quel type de joueur ?

Je suis un joueur qui aime se projeter vers l’avant. J’essaye de m’orienter au maximum sur ma prise de balle pour prendre le dessus sur l’adversaire. J’aime bien les passes cachées même si parfois j’en abuse sur les dribbles, c’est ce que me disait le coach l’année dernière.

Si tu devais parler de tes points forts, tu évoquerais quoi ?

La technique. Je suis à l’aise techniquement. Je suis très futsal. Dans mon quartier, on a un city stade et j’y jouais depuis tout petit. En plus, j’ai fait du foot en salle à Valenton donc j’aime bien jouer avec la semelle.

Est-ce que tu as des sources d’inspiration ?

Quand j’étais petit, mon joueur préféré était Samir Nasri parce que je suis fan de l’OM. Quand il jouait là-bas, j’adorais ce joueur. Maintenant, j’aime bien Sergio Busquets du Barça.

À qui te comparerais-tu aujourd’hui ?

À personne ! Je suis moi-même. J’essaye de faire du Zinédine Ould Khaled, c’est tout.

Conclusion

Si tu n’avais pas été footballeur, tu aurais fais quoi ?

Je ne me suis jamais posé la question. Il n’y avait que le foot parce qu’à l’école, je ne faisais rien. Si je n’avais pas été footballeur, je me serais pointé au Pôle Emploi (rires).

Si tu devais terminer l’interview par une phrase qui te représente ?

Je suis de ceux qui se taisent pour faire parler d’eux.

Une note pour l’interview ?

Je dirais 8,5/10, comme c’est ma première interview, mais dans quelques années, je pourrais me mettre 13/10 (rires).

Entretien réalisé en mai 2019 par Zahir Oussadi pour le Magazine Onze Mondial


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