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1976 : Hidalgo – Bousdira, une convocation sur fond « politique »

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Décédé cette semaine, l’ancien sélectionneur des Bleus Michel Hidalgo (87ans) a laissé une marque indélébile durant son passage sur le banc de l’Équipe de France (1976-1986). S’il n’a jamais croisé l’équipe d’Algérie durant son parcours, l’entraîneur français a convoqué, lors de ses débuts en 1976, le tout premier joueur algérien chez les Tricolores après l’indépendance. Il s’agit de Farès Bousdira (1 sélection). Une convocation énigmatique sur fond de tensions politiques entre la France et l’Algérie !



L’anecdote nous a été racontée par l’ex-international algérien Fathi Chebel au cours d’un entretien sur les joueurs binationaux qui ont opté pour la sélection algérienne dans les années 70 et 80. « Aucun joueur de mon époque n’a choisi de jouer pour l’Équipe de France, on est tous parti pour l’Algérie car pour nous c’était inconcevable. C’était dans les règles de nos familles, de nos amis. A l’époque, et je dis bien à l’époque, on ne se serait jamais senti à l’aise avec le maillot français. C’était évident qu’il fallait jouer pour l’Algérie ».

Pourtant, en avril 1976, un jeune joueur algérien évoluant au RC Lens a effectué ses débuts en Équipe de France sous les ordres du nouveau sélectionneur Michel Hidalgo. Né à Taher en 1953 en Algérie, le meneur de jeu Farès Bousdira (22 ans) remplace Jean-Marc Guillou à la 56e minute de jeu face à la Pologne (victoire 2-0 à Lens). Une première et dernière convocation pour ce joueur anonyme qui réalisera tout de même une belle carrière professionnelle.

« Bousdira, c’est le neveu de Ferhat Abbas ! »

« Pour Farès Bousdira, c’était différent. J’ai joué avec Farès et je l’ai eu comme entraîneur… c’est le neveu de Ferhat Abbas (NDLR : grand héros de la Révolution algérienne) ! Sa convocation en Équipe de France, il y avait de la politique là-dessous, je n’ai jamais eu le fin mot de l’histoire mais pour lui ce n’était pas pareil » explique Chebel. Autrement dit, en cette année 1976 marquée par quelques tensions entre la France de Giscard d’Estaing et l’Algérie de Houari Boumediène, le football constitue déjà un champs de bataille diplomatique entre les deux pays. Un an plus tôt à Alger, lors des Jeux Méditerranéens 1975, l’Algérie s’impose de justesse en finale au stade du 5 Juillet (3-2) face à une équipe de France espoir qui compte dans ses rangs un certain Omar Sahnoun, fils de harki, qui sera également convoqué en A par Michel Hidalgo entre 1977 et 1978 à 6 reprises.

Pour revenir à Farès Bousdira, on relèvera qu’il a quitté l’Algérie en 1965 avec ses parents juste après l’arrivée de Boumediène au pouvoir par un coup d’État sur Ahmed Ben Bella. Issue d’une famille révolutionnaire de la région de Jijel, le père de Bousdira est devenu un opposant au régime FLN. Il décida ainsi de s’installer dans le nord de la France où il occupera un poste à la préfecture d’Arras. Dix ans plus tard, son fils deviendra le premier joueur algérien à porter le maillot de l’Équipe de France après l’Indépendance. Aussi, il est le premier joueur bloqué par les règlements de la FIFA sur la double nationalité. D’ailleurs, ça lui a coûté la participation à la fameuse Coupe du Monde 1982 avec l’Algérie. Toute une histoire.

France-Pologne (2-0) en 1976, première et dernière convocation de Farès Bousdira :

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Saga – l’Histoire des footballeurs binationaux : Grandir en France, jouer pour l’Algérie




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