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Spano-Rahou : « Quand j’ai reçu ma convocation, j’ai eu les larmes aux yeux »

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spano rahou zoom

Le nouveau venu en équipe nationale, Maxime Spano-Rahou, s’est présenté sur les ondes de « C’est vous l’Expert ». Très à l’aise dans le jeu médiatique avec un accent marseillais trahissant sa naissance à Aubagne, le défenseur central de Valenciennes nous a livré sa vision de l’Algérie et du football en général.



Convoqué par Djamel Belmadi pour les deux matchs officiels de Novembre 2019 face à la Zambie (5-0) et le Botswana (1-0), le défenseur Maxime Spano-Rahou (25 ans) est longuement revenu sur ses premiers pas avec les Verts lors de l’émission hebdomadaire de La Gazette du Fennec. Voici ses meilleurs passages.

“J’ai toujours clamé mon envie de jouer pour l’Algérie, même lorsque j’étais au centre de formation de Toulouse”

Maxime n’a, tout d’abord, pas manqué de se présenter, lui qui reste méconnu pour beaucoup. “Je joue à Valenciennes en Ligue 2 Française. Je suis un joueur propre techniquement, j’aime le duel, j’arrive à anticiper facilement les choses et je lis bien le jeu. J’aime commander, avoir des responsabilités… j’ai souvent eu le brassard par le passé. La référence pour moi à mon poste ? Sergio Ramos, le meilleur défenseur au monde ces dernières années. En Algérie? Rafik Halliche!”

spano rahou grenoble capitaine

Quant à son lien avec l’Algérie, lui qui est Algérien de par sa mère et Italien par son père, il répond qu’ “(il) a grandi avec la famille de ma mère, j’ai toujours été très proche de l’Algérie. Petit à petit, à force de passer les différents paliers du football, l’envie de jouer avec ce pays là s’est faite ressentir”. Peut être aussi en réponse à ceux qui doutent de la sincérité de l’engagement de certains binationaux, il précise même qu’“à Toulouse, j’ai tout de suite dit que je voulais jouer avec l’Algérie! J’avais fait des interviews dans ce sens là dès cette époque”. Malgré tout, le défenseur n’a pas (encore) eu le plaisir de visiter en profondeur la terre de ses ancêtres. “J’ai très peu voyagé dans ma vie, je suis rarement sorti de la France. L’Algérie a été une découverte pour moi, en dehors même de l’Équipe nationale. Je reviendrai, avec ma famille cette fois. Je suis originaire d’un petit village de l’Ouest vers Tlemcen mais ma famille est désormais à Oran”.

“Mandi et Benlamri carburent fort ! Il faut que je prouve au sélectionneur ce que je peux apporter”

Sa première en Équipe Nationale a été jugée comme très positive par le néo-valenciennois. “J’ai été très bien accueilli. Dans l’avion, à l’aéroport, j’ai rencontré Bensebaini, Mehdi Abeid et Haris Belkebla. Une fois là bas, j’ai été rapidement intégré. Le groupe vit très bien, forcément, il a été champion d’Afrique, il ne fait que gagner et les joueurs se comportent entre eux comme des frères. Il y a, en plus, beaucoup de jeunes donc ça s’est très bien passé. Je ne tire que du positif!”

Quant il est interrogé sur son envie d’intégrer le 11 titulaire, il précise « Pour ce qui est de gagner ma place, il faut du temps, je viens d’arriver, il y a Mandi et Benlamri qui carburent fort donc il faut que je prouve ce que je peux apporter”.

Spano-Rahou a évidemment été interrogé par nos chroniqueurs sur sa première approche par le coach, Djamel Belmadi. Il nous raconte son premier échange. “Belmadi m’a dit qu’ils avaient vu ce que je pouvais faire, qu’ils avaient vu mes matchs, il a décrit mes qualités et m’a exprimé ce qu’il attendait de moi. Il m’a clairement dit que je n’étais pas là comme spectateur et que je devais me montrer. La discussion avec le coach était claire, il m’a bien fait comprendre qu’il savait ce que je valais mais que c’était à moi de faire étalage de mes capacités, que j’avais des choses à montrer”.

« J’ai tout de suite appelé ma mère quand j’ai reçu ma convocation. Puis  le coach Belmadi m’a appelé… »

À propos de sa sélection, le défenseur de 25 ans relate la surprise qui fut la sienne et la façon un peu surprenante dont ça s’est passé pour lui. “La première approche a été un peu particulière. Les journaux disaient que j’étais dans la pré-liste du coach mais je n’avais, pour ma part, reçu aucune pré-convocation. Le mercredi de la semaine avant la sélection, j’apprends, via un courrier, que je suis convoqué définitivement et juste après, le sélectionneur m’a appelé. J’avais, de toute façon, les papiers algériens depuis 5-6 ans. Je devais rejoindre les Olympiques de l’Algérie à l’époque d’ailleurs, mais je m’étais blessé donc ça n’avait pas pu se faire”.

Le retour sur Terre après cette annonce, lui, a été rapide. “L’intendant de Valenciennes m’a appelé pour me dire que j’avais reçu un papier qui indiquait ma sélection. J’avais les larmes aux yeux, j’ai tout de suite appelé ma mère mais, après ça, le coach m’appelle et je comprends que c’est un évènement sérieux et que je dois donc me calmer.

Quant à son intégration dans le groupe, le joueur, qui se décrit lui-même comme assez peu loquace et plutôt solitaire, se montre là aussi positif. “Je suis un peu solitaire, c’est vrai, mais quand on se retrouve avec des gens à l’entraînement et qu’on ne sort pas du contexte football, forcément on parle. J’étais dans la chambre avec Belkebla et ça s’est super bien passé, puis j’ai pu voir le reste du groupe aussi pendant les repas etc..

“Je me demande encore pourquoi Bounedjah et Belaïli ne sont pas dans un bon club européen”

Sur sa relation avec ses nouveaux coéquipiers, Maxime se montre dithyrambique et s’étonne même de leur absence sur les plus grands terrains européens. “Je connaissais tous les joueurs et leur façon de jouer, évidemment, mais pour certains comme Bounedjah, je ne les ai pas rencontrés personnellement avant. Belaïli et Bounedjah sont très forts techniquement, Baghdad étant en plus très fort physiquement. Je me demande encore pourquoi ils ne sont pas dans un bon club européen. Je ne m’explique pas pourquoi les algériens ont du mal encore à s’exporter mais je sais qu’ils ont les qualités pour jouer au sommet du football européen. Mahrez, quant à lui, mérite sa place dans le top 10. Techniquement, il est très fort. Plus les années passeront et plus il se rapprochera du top 5 et pourquoi pas plus ?

Sa première en EN l’a conduit à aller au Botswana. Il raconte son périple africain. “Mon premier déplacement en Afrique noire était pas mal (rires), le trajet était long mais à l’hôtel ça s’est bien passé. La veille du match, on s’est entraînés plus tard que prévu mais sinon, tout s’est bien passé, même si le match était un peu haché. L’état du terrain, lui, ne m’a pas surpris, déjà parce que j’ai un caractère combatif et parce que je n’ai pas toujours joué sur de jolis terrains, dans de jolis stades”.

Il s’étonne, malgré tout, des critères d’arbitrage. “L’arbitrage, par contre, m’a surpris, il laissait trop faire les choses et ça a mis en danger les joueurs, comme le tacle qu’a subi Youcef (Atal) qui n’a eu qu’un jaune.

Après ses performances, il explique qu’il n’a pas pu discuter avec le coach mais qu’il a, néanmoins, un regard positif sur son expérience en EN. « Je n’ai pas eu de retour du coach puisque, dès que le match s’est fini, nous sommes repartis et le timing était globalement serré. Je suis assez grand pour faire une auto-critique, je pense avoir montré des choses à l’entraînement et, pour revenir en sélection, il faudra que je fasse de bonnes performances”.

“La Ligue 1 française n’est pas mon ambition. Si je peux partir à l’étranger, je le ferais.”

Retour en club pour le natif d’Aubagne. Sur ses désirs, il développe. “Pour mes objectifs, en club, c’est de faire une saison complète. Se rapprocher des places de barragiste serait, en toute humilité, l’objectif. En sélection, j’espère être rappelé et m’imposer mais ça passe par des bonnes performances en club évidemment.

L’avenir. Évidemment, celui-ci passera par le mercato. Pour autant, le défenseur ne s’enflamme pas, tout en ayant des préférences bien établies. “Je n’ai pas de touches en Ligue 1, déjà parce que j’ai signé cet été à Valenciennes et que je ne voulais pas me polluer l’esprit avec ça. Si on fait une grande saison, avec une bonne défense, ça me permettrait déjà de prétendre à autre chose. Après, pour être franc, la Ligue 1 n’est pas forcément mon ambition, si je peux partir à l’étranger je le ferais. Le championnat belge me plaît bien, je ne sais pas pourquoi ! Le championnat anglais, même en D2, est quand même de très haut niveau et j’adore ça”.

Passons aux anecdotes. Pour sa première titularisation en Ligue 1, Maxime Spano-Rahou avait intégré le livre des records avec l’un des cartons rouges les plus rapides de l’histoire du championnat de France (39 secondes). Il raconte avec humour : “Il faut savoir qu’avant ce match là, j’étais rentré un peu avant la mi-temps contre Lens et j’avais joué titulaire en Coupe de la Ligue contre Bordeaux. Ma première titularisation en Ligue 1 était contre Lille et il y a eu un rouge au bout de 39 secondes, c’est vrai, mais c’était un sacrifice de ma part. Aujourd’hui, avec la suppression de la double peine, je n’aurais pas eu cette sanction là. C’est le mektoub, c’est l’histoire de ma vie et j’en suis très fier ! Ce n’est pas une douleur du tout d’en parler.

Les deux frères jumeaux Romain et Maxime Spano-Rahou

Quant à ses proches, l’Ornais d’origine parle de son frère, là aussi avec humour. “J’ai un frère jumeau qui a été formé à Grenoble, Saint-Étienne et Lens, il a signé professionnel à Clermont finalement et il joue à Annecy en CFA à l’heure actuelle. Il est attaquant, c’est un peu compliqué pour lui. On n’a jamais joué l’un à la place de l’autre. Si j’ai déjà joué à sa place ou lui à la mienne ? on est de faux jumeaux, on ne se ressemble pas (rires).

“Lorsqu’un joueur hésite à jouer pour l’Algérie c’est qu’il n’en a pas forcément envie. C’est un honneur de jouer pour nous, il faut le vouloir et en être fier!”

À propos des Algériens, nombreux, qu’il a côtoyé, il donne son avis. “Aymen Boutouatou (Valenciennes), très fin techniquement, adroit devant la cage. Avec le temps et la maturité, il a les qualités pour s’imposer en équipe une. Gaëtan Arib (Valenciennes) est un bon joueur techniquement, il a du sang froid pour un milieu défensif mais il a besoin de prendre en maturité. Il vit une période difficile, il n’est pas beaucoup dans le groupe, mais il faut qu’il soit patient”.

Lorsqu’il s’agit d’avoir éventuellement à les convaincre de jouer avec l’équipe nationale, il tient un discours clair. “Je ne fais pas du lobbying pour éviter les cas Fekir ou autre, ils le savent, si l’opportunité se présente, il n’y a même pas à discuter. Moi je voulais jouer pour l’Algérie mais, généralement, lorsqu’un joueur hésite, c’est qu’il n’en a pas forcément envie, il ne faut pas forcer la chose. C’est un honneur de jouer pour l’Algérie, il faut le vouloir et en être fier”. Son dernier propos, lui, est laconique! “Quand t’es bi national, c’est une fierté de jouer pour l’Algérie et si un binational nous choisit, c’est qu’il est fier d’être Algérien!

Enfin, à propos de ce qu’on peut lui souhaiter, Maxime est humble mais déterminé. “On peut me souhaiter que je continue à être performant avec mon club, que je sois rappelé en sélection et que je je continue à gagner du temps de jeu inchaAllah!

Extraits du passage de Maxime Spano-Rahou dans l’émission « C’est vous l’Expert » du lundi 2 décembre 2019 (retranscription Walid Waleadeur, La Gazette du Fennec)

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