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Entretien Exclusif

Yanis Hamache : « Si l’Algérie me convoque, je prends mon sac à dos et je viens à pied »

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Les chroniqueurs de « C’est Vous L’Expert » voulaient mettre la lumière sur ce jeune joueur qui semble franchir un palier au plus haut niveau et l‘interview devait durer 20 minutes. Elle a finalement duré près de 50 minutes tant Yanis Hamache (21 ans) a été passionnant, vrai et sans langue de bois ! L’explosif arrière gauche de Boavista (D1 portugaise) s’est livré à cœur ouvert en n’éludant aucune question avec une maturité déconcertante. Morceaux choisis.

Formé à l’OGC Nice, Yanis Hamache est passé par le Red Star, sous forme de prêt, pour faire ses gammes en National. « C’est Emerse Faé qui, après m’avoir entraîné 2 ans en jeunes à Nice, a facilité mon prêt au Red Star. J’ai tout de suite été mis à l’aise là-bas, l’entraîneur m’a fait confiance et a été patient avec moi. C’est un club qui m’a marqué, c’est une grande famille là-bas. D’ailleurs je les suis encore et ça se passe très bien pour eux en ce moment. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti ce petit truc là en plus. Je remercie le club pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. » La pandémie de la COVID-19 est passé par là et le retour à Nice s’est fait plus vite que prévu et « Patrick Vieira m’a convoqué et a été honnête avec moi. Il m’a dit que le club venait de recruter Hassane Kamara à mon poste et que ça allait être très dur pour moi de jouer.»

« Mon intégration à Boavista a été très difficile. Dès lors que je suis arrivé sur Porto, j’ai eu la COVID-19 !»

Il fallait alors changer d’air pour pouvoir jouer et ainsi continuer à progresser. Alors que les clubs de Ligue 2 de Pau et Rodez étaient sur les rangs, c’est finalement en Primera Liga portugaise, à Boavista, qu’il signe. « Mon intégration dans mon nouveau club a été très difficile. Dès lors que je suis arrivé sur Porto, j’ai eu la COVID-19 ! L’entraineur, les coéquipiers et le staff technique ne m’ont vu qu’à un seul entraînement et ensuite ils ne m’ont plus vus pendant 27 jours… J’étais enfermé dans un hôtel, je n’avais pas le droit de sortir… les règles sur la pandémie sont très dures ici au Portugal ! On me posait à manger devant la porte et ensuite ils partaient en courant (rires). »

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« L’équipe est partie en stage et je n’étais pas avec elle. C’était dur, j’ai douté mais je faisais des séances seul dans ma chambre d’hôtel pour garder la forme. Quand je suis revenu, j’avais 3 semaines de préparation physique en moins que le concurrent à mon poste…» Malgré cela, les premiers pas en Liga Nos arrivent rapidement. « Un jour, contre Guimarães, le coach m’a fait entrer en jeu et j’ai fait trente très bonnes minutes durant lesquelles j’ai failli marquer : tout est parti de là. »

Au sein du second club de la ville de Porto, le jeune Marseillais a un soutien de taille au sein de l’effectif. « Adil Rami m’aide beaucoup, c’est comme un grand frère ici pour moi. Sur RMC Sport (Ndlr : Adil Rami a mis en valeur Hamache lors du passage de Belmadi dans l’émission), il m’a fait une passe décisive (rires) ! Heureusement qu’il est là pour me traduire le portugais, même si je suis des cours avec un professeur. Pour l’instant je ne suis pas capable de parler la langue mais je la comprends de mieux en mieux. »

« Ma qualité principale est ma rage de vaincre … et à Boavista on m’appelle Roberto Carlos»

Sans langue de bois il reconnait un défaut à corriger. « Mon défaut principal est commun à beaucoup de joueurs à mon poste, c’est-à-dire les latéraux qu’on qualifie de modernes. On nous demande beaucoup de monter, de prendre le couloir, de déborder et du coup, on peut parfois s’oublier sur les replis défensifs… Je préfère attaquer que défendre et les adversaires de haut niveau sont capables de le cibler et d’envoyer des ballons dans mon dos pour des attaquants qui vont très vite. Je suis en train de corriger ce défaut. »

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Et en toute humilité, il nous parle avec une certaine lucidité de ses qualités. « Ma qualité principale est ma rage de vaincre. De la première à la dernière minute, j’oublie tout, je suis focalisé sur la victoire. A la 89ème minute je peux encore marquer ou faire une passe décisive comme on l’a vu en début de saison. Et puis d’un point de vue technique, tous mes entraîneurs m’ont complimenté sur mon pied gauche. A Boavista, on m’appelle Roberto Carlos et ça tombe bien car j’ai le même style de jeu que lui et que c’est un joueur qui me fait rêver ».

« Ma mère à eu un grave accident de la route. J’ai été bouleversé. Depuis je pense toujours à elle »

Lucide, il sait qu’il n’est pas arrivé, loin de là. Surtout il n’oublie pas les sacrifices des siens. « A 15 ans quand j’ai quitté ma famille pour aller à Nice, j’ai commencé à gagner de l’argent grâce au football. Je venais des quartiers difficiles de Marseille, j’ai découvert la Côte d’Azur, des endroits comme Cannes, Monaco ou Saint-Tropez qui ne sont pas très loin… on peut donc très vite dériver. L’accident de ma mère à cette époque-là m’a fait beaucoup de mal. Elle a été percutée par une voiture et j’en ai été traumatisé, car quelque part c’était à cause de moi qu’elle s’était déplacée pour apporter des papiers au club. J’ai été bouleversé mais je suis devenu plus fort et cette période très difficile m’a fait devenir un homme plus vite que les autres. Aujourd’hui quand je rentre sur le terrain je pense à elle et quand je marque je me prosterne. »

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Et l’Équipe Nationale alors ? « J’ai parlé avec quelqu’un très proche du sélectionneur qui m’a dit qu’il me suivait… moi en tout cas si l’Algérie me convoque je prendrais mon sac à dos et j’irais même à pied tellement que ce serait une fierté. Je me donne à fond et j’essaye de ne pas me mettre la pression car ça pourrait me perturber. Je me concentre donc sur ce que je fais avec mon club. Depuis tout petit je suis l’équipe d’Algérie donc même avec les U23, j’aurais la même fierté. C’est vraiment quelque chose qui me tient à cœur. Si demain la France me convoque, j’irai quand même en Algérie. »

« Boudaoui il ne parle pas beaucoup … c’est le N’Golo Kanté de Nice, tout le monde l’adore !»

Belmadi a dit qu’il scrutait un certain nombre de jeunes qui évoluent en Europe et Hamache pourrait en faire partie mais la concurrence à son poste est rude. Si Bensebaïni est clairement indéboulonnable et semble avoir franchi un autre palier cette année en Ligue des Champions UEFA, la méforme actuelle de Fares et le faible temps de jeu de Ghoulam pourraient permettre à Hamache de gouter à la sélection. Sélection qu’il connait par l’intermédiaire de certains joueurs tel que Bennacer « avec qui j’ai passé des vacances» ou encore Atal et Boudaoui côtoyés à l’OGC Nice. « Atal et Boudaoui à Nice ils font la paire, ils sont toujours ensemble ! Je les trouve exceptionnels, ils sont vraiment très forts. Atal à l’entraînement il est toujours motivé, il est toujours à fond. Boudaoui il ne parle pas beaucoup mais c’est le chouchou à tout le monde : c’est le N’Golo Kanté de Nice. »

Et lorsqu’il se remémore la CAN 2019, l’envie d’y être semble forte. « C’était vraiment incroyable. Ils méritaient, ils ont été au-dessus. J’étais à Paris donc j’ai célébré la victoire sur les Champs-Élysées avec mon maillot de l’équipe d’Algérie !». Yanis Hamache sait ce qui lui reste à faire pour un jour rejoindre les Verts et pourquoi pas vivre la prochaine CAN loin des Champs-Élysées.

– Revivez l’interview en vidéo –

Joueur de -21 ans le plus prometteur du Portugal :




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