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Entretien Exclusif

Mohamed Bessad (FAT): « Je ne suis pas fou pour sacrifier mon honneur pour 50 000 DA ! »

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Suspendu de ses fonctions de président de la Fédération algérienne de tennis (FAT) pour « mauvaise gestion », Mohamed Bessaad se défend des accusations portées à son encontre. En guise de droit de réponse qu’il a réclamé à La Gazette du Fennec, l’actuel trésorier du COA rétablit ses vérités dans les affaires pour lesquelles il est mis en cause, notamment l’affaire du chèque délivré au nom de son épouse et celle de l’appartement détourné à usage personnel.

Vous avez été suspendu de votre poste de président de la FAT en 2019 par l’ancien MJS, Salim Raouf Bernaoui, quels sont les griefs retenus contre vous à l’époque ?

On a monté une affaire de toute pièce. On a fabriqué une histoire d’achats de balles et ramené un chèque et on m’a jeté à la vindicte populaire. Mais ce que les gens doivent savoir c’est que je suis victime d’un règlement de comptes. Tout a commencé après ma désignation en tant que chef de mission des Jeux Méditerranéens de plage de Patras (Grèce) en 2019. Le 6 mai, j’avais procédé à l’installation d’un comité de pilotage pour suivre les procédures d’accréditations et l’organisation de cette deuxième participation de l’Algérie. Le mois de juin, j’avais organisé un séminaire avec les chefs de mission en présence du comité olympique grec. J’ai tenu au pays douze réunions, notamment avec les fédérations et le directeur général du MJS. C’est là que les problèmes ont commencé.

Comment ça ?

En date du 25 juin 2019, j’avais arrêté la liste des disciplines et des athlètes qui participeront à ces jeux. Le directeur général du MJS m’avait demandé de supprimer trois disciplines, à savoir  le Beach-soccer, le Beach-volley et le Beach-hand. Juste après cette réunion, j’avais invité les DTN concernés pour finaliser le dossier. Liste des athlètes, visas, assurances, équipements, transport, matériel protocolaire commandés, médicaments achetés…Le 31 juillet, le dossier était ficelé. Vingt-cinq jours avant le début des Jeux, les listes ont été arrêtées et les réservations faites et les billets d’avion achetés. Des billets non remboursables, pour être précis. Le 4 août, nous avons préparé une liste que nous avons remise aux services du ministère parce qu’il s’était engagé à acheter les équipements. C’est là que le DG des sports m’appelle et me dit qu’il faudra réduire le nombre de disciplines qui participeront aux Jeux. Figurez-vous qu’on était à une semaine du coup d’envoi. On a effectué les inscriptions et acheté les billets, voilà que sur instruction du ministre, on nous demande de ne garder que deux disciplines. Je leur avais répondu que le dossier était finalisé, que nous  avions déjà acheté les billets qu’on ne pouvait pas rembourser et qu’il y avait une prise en charge totale à Patras.

« Mes problèmes ont commencé quand Bernaoui a voulu régler des comptes avec Berraf »

Les billets vous ont coûtés combien ?

Plus de deux millions de dinars. J’ai appelé le président qui m’a confirmé la participation de tous les athlètes. Il m’a dit, du moment que la prise en charge est assurée, toute la délégation se déplacera. Après avoir finalisé tout le dossier, j’ai pris l’avion le 21 août pour préparer l’arrivée de la délégation, prévue le 23. Le soir-même, j’apprends à mon grand étonnement que le ministre a interdit la participation de quelques disciplines. Il était allé au complexe de Souidania la veille du départ et a signifié aux athlètes qu’ils ne participeront pas aux Jeux en dépit de plusieurs mois de préparation. Pour moi, c’était une décision irresponsable émanant d’un ministre de la République. C’est ça justement la mauvaise gestion. Balayer d’un revers de mains des mois de préparations, gaspiller plus de deux millions de dinars en billets d’avion juste parce qu’il avait des comptes à régler contre Berraf. C’est à ce moment-là que mes problèmes ont commencé.

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Mais officiellement, il est mis fin à vos fonctions pour mauvaise gestion…

C’est ce que eux disent. Le ministre a instruit son ami Mohamed Bouabdellah, pourtant suspendu deux fois par le MJS, et l’ex-trésorier de la fédération, lui aussi suspendu par le bureau fédéral pour dissimulation de documents et fausses déclarations pour monter un dossier de toute pièce contre moi.

Vous faites allusion à la facture d’équipements et le chèque délivré au nom de votre femme ?

Oui. Mais, pourquoi n’a-t-on pas ramené dans ce cas le bon de commande signé par l’ancien président ? C’est quand même lui qui avait passé la commande et l’a validée.

Mais vous étiez son vice-président donc forcément concerné par le délit de conflit d’intérêt…

Oui, mais je n’avais pas le pouvoir de décision. La vérité, c’est qu’à l’époque, il y avait un problème de balles. D’une part, il y avait une pénurie sur le marché et d’autre part, la fédération n’avait pas l’argent nécessaire pour les acheter. Le chèque dont tout le monde parle fait partie d’une opération de régularisation des dettes laissées par l’ancien président.

« Ce chèque au nom de ma femme et le conflit d’intérêt ne constituent qu’un faux prétexte »

Pour rester dans l’histoire des balles, comment le choix du fournisseur a été fait  ?

A l’époque, il y avait une pénurie de balles sur le marché algérien. Habituellement, on a achetait chez EXAGAOL, mais à cette période, non seulement il n’y avait pas de balles sur le marché, mais il n’y avait pas d’argent dans les comptes de la fédération pour les payer. C’est là que le président Bouabdellah m’a sollicité pour voir si mon fils (qui possède une boutique de sport à Tlemcen, Ndlr) pouvait nous fournir en balles avec la promesse de le régulariser une fois les caisses seront renflouées.

Vous voulez dire que vous n’avez fait que payer les créanciers une fois installé au poste de président ?

Tout à fait. A mon élection à la tête de la FAT le 17 mars 2017 et dans le cadre de la régularisation des dettes laissées par l’ancien bureau, j’ai signé un chèque dont on se sert aujourd’hui pour m’atteindre. Pourtant, ce n’est pas la seule dette que j’avais remboursé…

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Vous avez trouvé combien de dettes lors de votre installation ?

Vingt-quatre millions, dont dix millions n’ont pas été déclarés par l’ancien trésorier. Si j’étais malhonnête comme ils veulent le faire croire, j’aurais payé à mon fils la balle à 1100 dinars qui été son prix sur le marché au lieu de 800 dinars. Mon fils a attendu un an et demi pour être payé avec un bénéfice dérisoire de 50 000 dinars. Pour vous dire qu’on a monté toute cette histoire et on m’a accusé de tous les maux pour un maigre bénéfice de 50 000 dinars. Suis-je assez fou pour sacrifier mon honneur et ma carrière pour ça ?

Vous avez pourtant déclaré à la radio que vous aviez commis une erreur; dans quelle contexte avez-vous fait cet aveu ?

Non, l’erreur a été commise au moment de rédiger le chèque. Au lieu de le signer au nom de mon épouse qui était la gérante de la société, ils l’ont mis au nom de la société, c’est à dire New Elite Sport (NDLR: en réalité le premier chèque a été rejeté). Au fond de moi, j’ai la conscience tranquille, parce que tout ce que j’avais fait, je l’ai fait de bonne foi. Je leur jure, et Dieu m’est témoin, que je n’ai jamais eu le moindre calcul dans cette opération. Le conflit d’intérêt dont on m’accuse n’est qu’un faux prétexte.

« Le Ministre m’a promis ma réhabilitation pour très bientôt. Je n’ai aucune affaire en cours à la justice »

Pourquoi vous n’avez dans ce cas toujours pas été réhabilité ?

Le Ministère a diligenté une commission spéciale pour étudier mon dossier, le mois de septembre 2020. Le 8 octobre, le ministre a décidé de ma réhabilitation. Une lettre a été envoyée au comité olympique et l’observatoire des sport demandant leur avis sur ma réhabilitation ou non. Aucun n’a omis d’objection.

Mais avez-vous un document attestant votre réhabilitation ?

Pas pour le moment. Mais dans tous les cas, je fais confiance au ministre. Je sais qu’il y a toute une série de procédures à suivre. J’attends. Il m’a promis d’être réhabilité pour très bientôt.

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Qu’en est-il de l’affaire en justice enclenchée contre vous ?

Cela fait quatorze mois que je suis suspendu, je peux vous assurer qu’aucune action n’a été menée contre moi en justice.

Mais le MJS de l’époque, en l’occurrence Raouf Salim Bernaoui a déclaré dans la presse que l’affaire est entre les mains de la justice …

Si jamais il y avait réellement une action en justice contre moi, le ministère n’aurait pas diligenté une commission interne pour faire la lumière sur mon affaire et ne m’aurait pas réhabilité. C’est un autre mensonge. Je le dis encore une fois, j’ai été victime du conflit Bernaoui-COA.

Vous avez été nommé le mois de janvier dernier trésorier du COA. Comment cette nomination a été faite, et pourquoi le COA n’a t-il pas attendu votre réhabilitation pour vous nommer ?

Le président du COA (Abderrahmane Hammad) connaît mon cas et sait comment mon affaire a été montée, du moment qu’il était avec moi à Patras. De plus, il a informé le ministre. S’il y avait réellement, une affaire, le ministre aurait dit non.

« J’ai bénéficié d’un appartement de fonction décidé par le BF pour faire des économies à la Fédération de Tennis »

On dit qu’une enquête judiciaire visant 4 membres majeurs du COA a été ouverte; où en est l’affaire ?

Je sais qu’il y a eu une enquête interne, mais cela date. Je ne suis pas au courant des conclusions. Il vaut mieux se rapprocher du président du COA, il est plus habilité à vous renseigner sur cette affaire.

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On vous a accusé aussi d’avoir détourné un appartement de fonction pour votre usage personnel, qu’en est-il au juste ?

Lors de la réunion du bureau fédéral du 7 mai 2017, il a été convenu qu’on loue un appartement à Alger destiné au président qui réside à Tlemcen et les autres membres du bureau fédéral, si besoin. Si je cherchais mon propre confort, j’aurais continué à descendre à l’hôtel aux frais de la fédération. Il faut que les gens sachant qu’une nuit à l’hôtel coûte 12000 DA. Je venais en moyenne trois fois par semaine. Ce qui équivaut 144 000 dinars par mois. Or, l’appartement nous coûtait 50 milles dinars et il était à la disposition des membres du bureau fédéral et des entraîneurs des équipes nationales. Et encore, l’appartement a été loué après accord du bureau fédéral et nous avions envoyé un courrier avec une copie du contrat le 4 juillet au ministre pour l’en informer tout en précisant que le montant est couvert par les fonds propres de la fédération. C’est vous dire que tout était fait dans la transparence.

Allez-vous vous représenter aux prochaines élections de la Fédération Algérienne de Tennis ?

Tout dépendra de la décision du ministre. Si on prononce officiellement ma réhabilitation, je vais me représenter sur demande des membres de l’assemblée générale.

>> Pour mieux comprendre lire également l’article suivant :

Mohamed Bessad, viré de la Fédération de Tennis pour corruption puis … nommé trésorier du COA !

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