Suite à sa relégation en Ligue 2 algérienne, le Paradou AC a décidé de céder ses joueurs importants. Cette démarche s’inscrivait dans sa politique sportivo-économique qui repose essentiellement sur l’activité lors du mercato. Ainsi, pour la direction, le défi sera de présenter une équipe qui puisse assurer la remontée en Ligue 1 au terme de la saison en cours. Autrement, le club formateur algérois perdra son statut de club professionnel. Dans ce cas, ses joueurs seront la cible de clubs de l’élite qui pourraient facilement les signer sans trop de contraintes. Explications.
Actuellement 10es à 7 longueurs du MSP Batna, leader du groupe A (Centre-Est) de la Ligue 2 algérienne, (avec un match en retard, il faut le souligner) après 8 journées, les Pacistes ne réalisent pas un début de saison tonitruant mais ils restent dans le tempo pour espérer retrouver l’élite de la balle ronde en Algérie au terme de l’exercice en cours. Chose qui serait vitale pou eux.
Perte du statut SSPA si pas de remontée immédiate
Le risque de ne pas remonter immédiatement pour les Jaune et Bleu existe. Dans ce cas, ils encourent la perte du statut professionnel qui ne reste effectif que pour une seule saison après la descente. C’est une sorte d’indulgence provisoire. A ce propos, on peut lire dans le chapitre I (Disposition générale), dans son article 5 (participation) que : “les clubs professionnels relégués de la LFP en division nationale amateur peuvent garder leur statut professionnel pendant une saison sportive.” Dès lors, le temps est compté pour la viabilité du PAC.
En effet, l’exode, sans contrepartie conséquente, des joueurs devient la première menace. Les lois qui régissent les transferts notent que même si “le club amateur ne peut généralement pas bloquer un joueur face à une opportunité professionnelle.” En compensation, “le club d’accueil devra verser des indemnités de formation aux clubs ayant formé le joueur entre ses 12 et 23 ans.” Le manque à gagner est considérable.
Le retour sur investissement du Paradou AC menacé
Comprenez que les indemnités mirobolantes n’atterriront plus dans les comptes du club de Kheireddine Zetchi. Le préjudice risque d’être très important. Cet été, en matière de ventes, on parle de près de 70 milliards de centimes (près de 4.7 millions d’euros) touchés sur les opérations domestiques. Le jackpot englobe les départ des Kohili, Ramdaoui, Bouziani et les autres. Cela sans compter les pourcentages touchés sur les transferts des anciens joueurs (Titraoui et Dehiri) en Europe et dans le Golfe.
Il s’agit peut-être de la dernière grosse opération dans le marché local. En effet, le PAC reste susceptible de ne plus avoir la même solvabilité à l’avenir. A ce propos, on ne peut pas ignorer les récents mauvais signaux chez les jeunes Académiciens qui n’hésitent pas à aller ailleurs. Ces départs se font sans considérer la “redevabilité” pour le sigle de la banlieue d’Alger. Le cas Yacine Abed en est la parfaite illustration. Le milieu offensif, titulaire d’un contrat aspirant, a été détourné vers le Qatar dans un processus de naturalisation contre aucune indemnité pour le Paradou AC.
La FAF appelée à sauver le modèle
C’est un aperçu des péripéties à venir pour un projet qui aura fasciné les Algériens depuis près de 20 ans. Face à cette situation, la Fédération algérienne de football (FAF) devrait “secourir” ce club qui présente l’exception dans un foot Dz qui bouffe plus qu’il ne produit. On est clairement face au sigle algérien le plus proche du modèle professionnel en termes de gestion.
Les équipes pareilles devraient bénéficier de dérogations en cas de descente pour pouvoir garder leur statut “pro”. Surtout quand elles ont la capacité d’exporter et jouissent d’une bonne réputation en dehors de nos frontières. Ce concernant, il est utile de rappeler que le footballeur local le plus cher de l’histoire à avoir été vendu à un club européen est Hicham Boudaoui. Pour rappel, le milieu de terrain a coûté 4 millions d’euros à l’OGC Nice. Le Gym l’a signé en juillet 2019 après la CAN 2019 remportée avec l’Algérie et Djamel Belmadi. Pour l’intérêt du sport roi au pays, le PAC ne doit pas s’enliser.
