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USM Alger : Bernaoui « Negro » ne marquera plus avec « la main fatale »

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L’attaquant Abdelhamid Bernaoui dit « Negro », qui vient de nous quitter mercredi à l’âge de 83 ans, était un des buteurs innés de l’USM Alger après l’indépendance. Il constituait, avec Abderrahmane Meziani et Abdelaziz Bentifour, un trio capable de percer n’importe quelle défense adverse.

Né à la Casbah d’Alger le 3 décembre 1937, date à laquelle a été créé le club algérois, l’USM Alger, qui sera, plus tard, son équipe de cœur, il rejoint l’école de la pêcherie. Là-bas, il aura comme camarade de classe un autre « artiste » en herbe, amoureux des Rouge et Noir, la grand maitre du chaâbi El Hachemi Guerrouabi. « C’est pour cela qu’on a gardé depuis des liens très forts ! Sa disparition m’a fortement ébranlé… », avait alors déclaré Hamid lors du décès du cheikh El Hachemi.

Abdelhamid Bernaoui a appris le football dans ces quartiers « historiques » de la Casbah d’Alger avant de rejoindre l’USM Alger en 1951 à l’âge de 14 ans. Il jouait en juniors quand le coach Hamid Toto de l’équipe seniors le fait jouer avec l’équipe « fanion » deux matchs.

Football et militantisme

Arrive l’année 1956 où le FLN décrète la cessation des activités sportives. Une année plus tard, Abdelhamid Bernaoui est incarcéré au camp de Tefechoun (actuelle Khemisti) où il passera 3 longues années aux côtés d’autres internés, dont les footballeurs Sebkhaoui de Blida et Messaoudi de Hadjout. Après le cessez-le-feu en 1961, il est libéré avant de rejoindre l’AS Saint Eugène (actuellement Bologhine) avant de décider avec un groupe de joueurs de créer le Stade Algérien, encadré par les Atbi, Chaâbane, Djelloul Djeghadjek. C’était une équipe composée des autres stars dont Djemaa, Guitoune et les autres participants à plusieurs tournois sur le territoire national sous l’égide du FLN.

Il rejoint alors les Rouge et Noir de l’USM Alger, équipe avec laquelle il enregistre son premier trophée, à savoir le Critérium où en finale, l’USMA avait battu le MCA (3-0) dont un but de Bernaoui. C’est alors qu’il formait avec, entre autres, Meziani (son ami intime), Aissaoui, l’ex-ministre de la jeunesse et des sports, Tchalabi et le gardien de but El Okbi, entre autres. Mais c’est avec Meziani que Bernaoui avait une complicité telle qu’ils se retrouvaient sur le terrain, les yeux fermés.

Bernaoui n’avait pas eu de chance avec la formidable équipe du CR Belcourt (actuellement Bélouizdad) avec ses Lalmas, Selmi, Achour, Abrouk etc. Des joueurs qui constituaient pratiquement la sélection nationale. Il a joué deux finales de coupe d’Algérie entre 69 et 70 contre le CRB. Les deux équipes et leurs « stars » au football très technique ont dû rejouer par deux fois leurs deux finales au cours desquelles Bernaoui et l’USM Alger s’y sont inclinés.

Admiratif du grand Chabab

Et à la question de savoir s’il avait un complexe face au CRB, Bernaoui répond : « Il est vrai que le Chabab de l’époque était une excellente équipe, mais c’est eux qui avaient un complexe devant moi tellement je tirais mon épingle du jeu. » Tout le monde se rappelle cette fameuse « main de dieu » de Maradona, mais peu connaissent celle de Hamid Bernaoui. Lui-même la raconte ainsi : « Moi je l’appelle la « main fatale ». C’était lors d’un quart de finale de coupe OM Saint Eugène-USMA. En face l’immense Boubekeur, que Dieu ait son âme, refusait de céder. Alors, sur une montée et comme je ne pouvais pas atteindre la balle de la tête disputée avec Boubekeur, je l’ai boxée et elle est rentrée, à la grande stupeur de Boubekeur qui a couru vers moi me menaçant : ‘‘Hé, négro, jure que tu as marqué de la main ! »

Il ajoute que « par la suite, il y a eu quelques minutes de palabres, durant lesquelles j’avouais la vérité à Boubekeur, alors que je disais à l’arbitre que ce dernier est énervé en ayant encaissé un but à la fin et qu’il faisait du cinéma ».

Malicieux aussi bien sur le terrain qu’en dehors, lorsqu’on lui avait posé la question de savoir combien de buts il a marqué ? Bernaoui « Je n’ai vraiment aucune idée. Par contre j’en ai raté beaucoup. » Et comme toujours, pas du tout avare pour ironiser, Bernaoui ajoute « Je me rappelle d’une anecdote qui s’est déroulée lors d’une séance d’entraînement. Ce jour là j’avais raté une balle facile, Alouache, un dirigeant de l’époque me fit la remarque et je lui ai répondu que Pelé venait de marquer son millième but et Bernaoui vient de rater son millième but (Rire). »

Il a raccroché en 1970

Par la suite, après avoir arrêté sa carrière en 1970, Bernaoui se reconvertit en entraîneur et il en parle de son « nouveau métier » en indiquant : « J’ai tous les diplômes nécessaires, et j’étais entraîneur au sein des minimes et cadets de l’USMA car je préfère le travail au sein des jeunes et j’ai eu sous ma coupe les Guedioura (Nacer, le père de Adlène), Djamel Zidane entre autres. Pour Bernaoui, les meilleurs joueurs en Algérie sont « Lalmas et Belloumi. Dans le monde c’est Pelé, d’abord puis Ronaldinho, un vrai régal. ».

Par la suite, un gros malaise cardiaque a affecté Bernaoui ce qui a nécessité son transfert en Écosse où il a subi un triple pontage. Retraité, Abdelhamid Bernaoui a mené une vie tranquille auprès des siens entre son domicile et le café Tlemçani où il avait ses habitudes avec ses amis avant de quitter ce bas monde le mercredi 6 mai 2020 à l’âge de 83 ans. Que Dieu ait son âme au Paradis.

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