FAF – LFP : les dessous du rififi qui agite la maison football

Les relations entre Kheireddine Zetchi (FAF) et Mahfoud Kerbadj (LFP) n’ont jamais été bonne et ce n’est un secret pour personne. Mais personne ne s’attendait au coup de théâtre de ce dimanche 21 Janvier où le bureau fédéral de la FAF a retiré à la LFP la gestion des championnats professionnels. Le timing de cette mise à l’écart laisse penser que la décision a été prise dans l’urgence. Une goutte d’eau était venue faire déborder un vase déjà bien plein. Genèse d’un conflit avec l’éclairage de notre confrère Rachid Abbad du journal Liberté.

Rachid Abbad, journaliste chevronné du quotidien Liberté est venu, ce lundi 22 Janvier, éclairer les auditeurs de l’émission hebdomadaire « C’est vous l’expert ». Selon notre confrère, intraitable sur les coulisses du championnat algérien, la brouille entre les deux hommes “forts” du football DZ ne date pas d’hier. En Février 2016, la LFP de Kerbadj avait infligé à l’encontre du président du PAC une amende de 200 000 DA et une suspension de six mois. Zetchi avait reproché à Kerbadj de s’être opposé au changement de domiciliation de son équipe en lui imposant une domiciliation au stade de Dar El Beida. Ce dernier avait eu la main lourde et un échange de mots doux par presse interposée avait marquée les esprits.

Une guerre larvée s’était même installée au lendemain de l’élection de Zetchi à la présidence de la FAF. Kerbadj, en homme d’expérience, avait même décidé dans un premier temps de démissionner de son poste. Mais les présidents de club et surtout le ministre de la Jeunesse et des Sports, El-Hadi Ould Ali, avaient demandé à l’ancien président du CRB de rester à son poste et d’honorer son mandat jusqu’à 2019. Au MJS, le calcul est simple, Kerbadj en poste, Zetchi n’aura pas la possibilité d’assoir son hégémonie sur le sport roi quand bien même il a été “propulsé” sur le trône. Le chaud et le froid a ainsi soufflé pendant neuf mois aux grès des circonstances. En plein été, lorsque l’un traitait l’autre de menteur, l’autre rétorquait à coups de communiqués offrant ainsi un spectacle indigne de leur rang. Malgré ces épisodes, et grâce aux bonnes volontés, un certain équilibre avait été trouvé. Cette cohabitation non souhaitée se devait de résister aux tumultes d’un environnement malsain.

L’ombre de Raouraoua

A la fin de l’automne, Zetchi a organisé un symposium pour le renouveau du football algérien. Il fallait faire un état des lieux, se projeter vers l’avenir mais aussi rassembler la grande famille. Pour ce dernier point il fallait repasser. Hadj Mohamed Raouraoua, les présidents de clubs et la LFP avaient manqué à l’appel ne se sentant pas concernés. Zetchi en a probablement gardé un souvenir amer. Il avait d’ailleurs profité de l’occasion pour tirer à boulets rouges sur un professionnalisme qui avait échoué. Ce même professionnalisme organisé par le duo Raouraoua-Kerbadj …. Il fallait en finir définitivement avec la gestion de l’ancienne équipe.

Le mercato de la discorde

Il est aujourd’hui reproché à Kerbadj d’avoir délivré à certains clubs endettés (dont l’ES Sétif) des licences aux joueurs arrivés au mercato. L’Entente en quête de résultats et licences en poche, a donc aligné les nouvelles recrues. La FAF a sauté sur l’occasion pour sceller le sort de Kerbadj qui avait tenté de fomenter un coup d’état contre Zetchi quelques semaines plus tôt. L’urgence mais surtout la bonne occasion était là. L’accommodation avec le règlement, au vu et au su sus de tout le monde, était la faute qui devait permettre à Zetchi d’en finir avec son rival. Rachid Abbad nous confirme d’ailleurs que cela n’aurait pu se faire sans la neutralité du MJS et des présidents de clubs.

Kerbadj lâché par le ministre Ould Ali

Soutenu par les autorités sportives du pays au début du mandat de Zetchi, le président Kerbadj a cette fois été lâché par le controversé ministre El Hadi Ould Ali dont le sport favori est de semer la zizanie et faire tomber des têtes. «Le ministère soutient la loi et la FAF a appliqué la loi» a expliqué le ministre. La LFP mise au pas, la FAF devrait avoir les mains libres pour enfin régner sur le monde du football algérien. Mais le manque d’expérience de Zetchi, les couacs à répétition, le lobbying inexistant au sein de la CAF (cf affaire Ould Zmirli) et les résultats catastrophiques des Équipes Nationales en 2017 donnent des arguments aux détracteurs de la nouvelle équipe dirigeante. L’année 2018 commence donc dans un brouillard épais. S’il ne se dissipe pas rapidement, Zetchi ne réussira pas. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à prédire sa fin. Et même plus tôt que prévu.

Retrouvez l’intégralité de l’intervention de Rachid Abbad à partir de la 15ème minute :

Khélifa Samir, La Gazette du Fennec

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