Aïssa Mandi (34 ans) a dit stop. Beaucoup, et c’est commun de nos jours, resteront sur la dernière impression d’un défenseur en difficulté qui avait plus plombé qu’aider les Verts lors de rendez-vous importants. N’empêche, en 123 sélections, qui font de lui le Vert le plus capé de l’histoire devant Riyad Mahrez (120 matchs) et Islam Slimani (105 apparitions), il aura montré un professionnalisme sans failles malgré des critiques acerbes à son égard ces derniers temps.
Djamel Belmadi avait déjà relevé la qualité première du défenseur central en parlant de Youcef Belaïli un novembre de 2020. « On sait tous que Youcef Belaili a un talent extraordinaire. La constance est son seul souci. Un talent de Youcef Belaili avec un professionnalisme à la Aissa Mandi; Youcef serait aujourd’hui au minimum à Tottenham, ou à l’Atlético Madrid. Je suis sur de ce que je dis », lâchait l’ancien driver d’El-Khadra pour vanter l’état d’esprit et l’investissement de Mandi en tant que footballeur.
Latéral dans la nécessité et élément central du sacre de 2019
Après près de 13 ans avec le maillot Dz, le nouveau pensionnaire de Levante UD (Liga) décide de laisser sa place dans l’axe défensif algérien en estimant avoir toujours donné le meilleur de lui. « C’est dur de tourner la page, mais je pars avec la conscience tranquille, le sentiment du devoir accompli », assure-t-il. En filigrane, il a évoqué les moments compliqués et les désillusions qu’ils a connus avec la sélection en reconnaissant avoir « aussi connu des épreuves, mais je n’ai jamais rien lâché. Ce qui me rend le plus fier, c’est qu’en douze ans, je n’ai jamais triché, et ça personne ne pourra me l’enlever. »
C’était sa manière de répondre à ses détracteurs. Ceux qui ont peut-être oublié qu’il avait formé, avec Djamel Benlamri, la paire centrale championne d’Afrique en 2019. Ceux qui ont omis qu’il avait dépanné à droite comme il le pouvait quand il y avait une pénurie de latéraux par le passé. Certes, Mandi, l’un des rares Guerriers du Désert à avoir pris part à deux phases finales du Mondial, n’a pas franchement brillé ces dernières années. Néanmoins, il aura été constant, omniprésent et indéboulonnable avec l’équipe nationale. Même à l’époque de Rabah Madjer quand les binationaux était passés au second plan.
Une légitimité qui commençait à s’étioler
En outre, on a cru comprendre qu’il a, en tant que cadre du vestiaire, influé certains choix de Petkovic qui avait une oreille sensiblement attentive aux avis des anciens. Pour ceux qui connaissent le football, c’est des choses qui se passent dans tout vestiaire avec les briscards qui sont là depuis plus d’une décennie. Toujours est-il que ce genre d’attitudes ne fait pas forcément l’unanimité. Particulièrement quand la performance individuelle n’est pas suffisante pour renforcer cette légitimité.
C’est pourquoi des nouveaux ont vu le courant ne pas trop passer avec Mandi. D’ailleurs, c’est certainement un paramètre qui a pesé pour pousser l’ancien sociétaire de Lille OSC à mettre fin à l’aventure sachant qu’il n’a plus trop le “respect” de certains néo-Fennecs. Notamment les locaux. Pourtant, Benlamri et Bensebaïni ont eu une collaboration sportive fluide avec le concerné. Il fallait le relever. Somme toute, Mandi a toujours éprouvé du respecte pour les supporters et a assumé son rôle de vice-capitaine en s’excusant après les contreperformance. La réciprocité est recommandée. Au moins pour ces années qui l’ont vu toujours répondre à l’appel du pays sans prétexte ni excuse.
