Avant de s’envoler vers les Etats-Unis disputer la Coupe du Monde 2026 avec l’Algérie, Vladimir Petkovic a été, dans une démarche risquée, prolongé par Walid Sadi, président de la Fédération algérienne de football (FAF). A partir de ce moment, le technicien avec la protection contractuelle. Il lui suffisait juste de faire passer le premier tour de la Coupe du Monde 2026 aux Verts. Cet objectif a été atteint. Toutefois, lors des quatre sorties dans le tournoi planétaire, le sélectionneur a opté pour une manière de jouer à la fois inhabituelle, (trop) osée et peu emballante. Cela a peut-être une explication.
On le savait impassible. Même les enjeux d’un rendez-vous comme le Mondial 2026 n’a pas changé son attitude. Petkovic n’avait pas trop l’air inquiet pour le parcours des Fennecs. D’ailleurs, on se rappelle même de sa déclaration avant le match, de vie ou de mort, contre la Jordanie à l’occasion de la deuxième journée de la phase de poules. « Le match de demain ne sera pas décisif. Il reste encore le match contre l’Autriche, qui est tout aussi important. On veut faire un excellent résultat demain », avait-il lâché.
Témérité tactique et l’envie de soigner la cote
Les camarades de Nadhir Benbouali ont fini par s’imposer non sans trembler en rattrapant un but de retard. Avec du recul et en faisant les calculs, cette explication avait, contrairement à ce que pensait le driver de l’EN, tout de décisive car prendre les trois points face à l’Autriche n’aurait pas suffi pour passer. Au-delà de cette approche mathématique approximative, Petkovic avait constamment mis en place un plan à 4 défenseurs se montrant un peu trop ambitieux.
Que ce soit face aux Argentins, Jordaniens (ça peut se comprendre), ou les Autrichiens (avec un nul qui suffisait), le successeur de Djamel Belmadi n’a jamais donné l’impression qu’il était prudent. Cela s’apparentait à de la témérité foot qui avait perduré pour la phase à élimination directe contre la Suisse. En effet, le coach a continué à faire dans l’expérimental alors que la stratégie avec 3 axiaux, à laquelle il recourait lors des matchs de préparation, a été satisfaisante par le passé.
Il a “osé” parce que son avenir était sécurisé
D’une certaine manière, Petkovic aura constamment cherché à impressionner pour justifier la prolongation mais aussi tenté de réaliser des surprises contre des adversaires plus rodés tactiquement. Ce qui auraient certainement augmenté sa cote pour l’avenir. C’est pour cela qu’il a ouvert le jeu et pris le risque d’évoluer avec deux axiaux. Il aura insisté sur Aïssa Mandi en binôme avec Ramy Bensebaïni même si le premier nommé n’était pas dans le coup et qu’il est moins vulnérable quand on joue à trois derrière.
Pour ce qui est de l’aspect offensif, Petkovic est allé jusqu’à oser une idée jamais appliquée auparavant : mettre Ibrahim Maza en “faux 9” pour l’explication couperet avec les Helvètes. Il était en mode “ça passe ou ça casse”. Cette légèreté tactique était conférée par la garantie d’avoir toujours le poste après la compétition. Il est évident que si Petkovic devait faire ses preuves et convaincre pour avoir une extension du bail et une revalorisation, il serait certainement parti sur des mises en place plus prudentes et logiques afin d’être le moins perméable possible. Son attitude de “joueur” est clairement née d’une partie de poker qui était déjà en sa faveur avec la sécurisation du contrat.

