L’Algérie n’a pas fait la campagne espérée en Coupe du Monde 2026. Les Verts, éliminés en seizième de finale de l’épreuve par la Suisse, ont manqué de procurer des émotions semblables à celles de 2014 au Brésil aux Algériens. La frustration devient légitime. La colère aussi. Toutefois, ce qui est moins tolérable c’est que des personnes en profitent pour jeter à la vindicte populaire des bouc-émissaires à tort et à travers sans preuves tangibles ni connaissance des prérogatives réelles de ces “suspects” sans présomption d’innocence. Désigner de faux coupables n’aidera pas vraiment à avancer ou à cibler les réels dysfonctionnements. Et on ne parle pas des responsables de la Fédération algérienne de football (FAF) qui doivent assumer pleinement certaines décisions.
Après le Mondial, deux problématiques se posent. La première est celle de l’extension du contrat, avant la compétition, de Vladimir Petkovic. Celle-là relève de la responsabilité absolue de Walid Sadi en sa qualité de président de la Fédération algérienne de football (FAF). La seconde est cette taupe qui fait fuiter les compositions de départ des Fennecs à des heures du coup d’envoi ainsi que des informations confidentielles.
Un chargé de com’ aux super-prérogatives : L’aberration
Pour ce qui est du bail de Petkovic, le patron de l’instance fédérale a tenté un coup de poker qui s’est avéré raté. Néanmoins, on peut relever que l’évaluation aurait été toute autre si le coach avait réussi un parcours convaincant dans le contenu tout en étant prolongé à un coût inférieur à celui qu’il aurait exigé en étant en position de force. M. Sadi a joué et a perdu.
A présent, il devra remédier à cette maladresse. La bonne nouvelle c’est qu’il pourra limiter la casse grâce à une clause qui lui permet de “larguer” l’entraîneur en lui versant deux mois de salaire. N’empêche, ce processus se fera dans un climat qui lui est hostile car ses détracteurs sont en mode “tolérance zéro”. A en oublier que Kheireddine Zetchi, le prédécesseur exemplaire, avait eu deux mises perdantes. Il avait commencé par engager Lucas Alcaraz. Ce fut un échec. Par la suite, il avait tenté le trio 100% Dz emmené par Rabah Madjer épaulé par Meziane Ighil et feu Djamel Menad. C’était aussi sans réelle réussite. On appel cela l’amnésie délibérée. C’est juste pour situer le débat.
On en vient maintenant à ces leaks des “starting XI”. Le coupable serait tout trouvé. Il s’agirait du chargé de communication de la FAF. Ce dernier, qui a des prérogatives n’ayant aucun lien avec le domaine technique, se retrouve au cœur d’un bashing sur les réseaux sociaux. Ce qu’il faut savoir, c’est que seuls les membres du staff technique et les joueurs savent préalablement qui va jouer et qui va rester sur le banc. Les noms des titulaires et des remplaçants ne parviennent au département communication (qui n’assiste aucunement à la réunion technique) – au meilleur des cas – qu’une heure et demie voire deux heures, avant le rencontre.
La taupe se trouve dans le vestiaire ou dans le staff
Or, pour l’explication face aux Suisses, l’équipe entrante circulait plus de 4 heures avant la partie. Ce qui dédouane clairement le suspect en question. A partir de là, il y a deux hypothèses. Soit c’est l’un des Verts (certains joueurs ont la manie de tout confier à leurs agents qui ont des proximités avec les relais médiatiques) qui a divulgué le onze. Soit c’est un membre de l’encadrement technique qui a vendu la mèche. Il ne peut y avoir une autre éventualité. Par ailleurs, en parlant des joueurs, ces derniers, tout comme leur coach, doivent assumer leurs responsabilités tant la FAF les a mis dans les meilleures dispositions qui soient. Que ce soit lors de la préparation ou durant le séjour en CDM.
Pour revenir aux anomalies et les “on dit”, il y a cette accusation sur la collaboration avec un journaliste étranger auquel parviennent des supposées détails sensibles sur la vie de groupe et les rapports avec le sélectionneur. Est-il logique que la taupe continue à l’alimenter tout en étant démasquée ? Difficile à imaginer. De plus, le journaliste en question fait d’El-Khadra une terre fertile pour faire fleurir ses comptes sur les réseaux sociaux en élaborant des informations difficilement vérifiables que seuls les crédules relaient comme des paroles d’évangile. Dans cette histoire, les internautes sont emmenés en troupeaux vers un terrain bien défini. Celui des règlements de comptes entre les clans. Les dommages collatéraux ne sont souvent pas les vrais instigateurs. S’ils s’en sortent indemnes, le mal va perdurer. Inévitablement.

